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L’expo de la semaine : Le vêtement fait scandale aux arts décoratifs

L’expo de la semaine : Le vêtement fait scandale aux arts décoratifs

Par Carine Lepied , le 05 décembre 2016

Trop court, trop ample, trop moulant, trop féminin pour un homme, où s’arrête notre liberté vestimentaire ? De tout temps, les vêtements ont eu leur lot d’interdictions, de critiques ou de scandales. « Tenue correcte exigée, quand le vêtement fait scandale » au musée des Arts décoratifs à Paris nous fait revivre, en 400 pièces et accessoires, l’évolution des codes de la mode du XIVe siècle à nos jours.

Pourquoi on l’a choisie ? L’exposition présente des pièces qui ont créé la polémique ou choquer la société. De tout temps, le vêtement véhicule une dimension politique, sociale ou religieuse. À chaque époque son lot de scandales : perruque démesurée, pantalon ou smoking pour femme, mini-jupe, combinaison androgyne, pantalons trop amples ou trop longs comme ceux des zazous dans les années 40. À travers l’expo, on se rend compte que le vêtement est étroitement lié à l’évolution de la société et très politique. La nouveauté dérange, bouscule les codes établis de la bienséance et choque les esprits les plus conservateurs. Ainsi, plus près de nous, la mode de l’unisexe dans les années 60 a cristallisé les revendications égalitaires de Mai 68. Une mode futuriste androgyne a fait son apparition, devenant un vrai mode d’expression pour les jeunes militants. Par la suite, dans les années 80, Jean-Paul Gaultier propose des jupes pour homme et bouscule les genres.
Aujourd’hui, les codes vestimentaires se sont assouplis mais peut-on pour autant s’habiller comme on le souhaite ? Les scandales vestimentaires sont peut-être moins forts que dans le passé, mais certaines modes continuent de déranger – mode de la capuche, des jeans troués ou déchirés, des sous-vêtements portés en vêtement, voire défilés excentriques dévoilant une partie de l’anatomie masculine comme celui de Rick Owens... Le vêtement peut même devenir le symbole de vrais questionnements de la société comme le burkini sur les plages par exemple.

Ce qu’on a aimé : le musée des Arts décoratifs est toujours le lieu de très belles expositions avec des thématiques et des scénographies inattendues. Tenue correcte exigée, quand le vêtement fait scandale en est un bel exemple. L’expo nous plonge dans les grands scandales vestimentaires au fil de l’histoire avec un découpage en trois thématiques – « Le vêtement et la règle », « Fille ou garçon ? » et « Trop c’est trop » – présentées avec humour et alternant judicieusement, sur deux étages, vêtements anciens et pièces modernes. L’exposition questionne les codes vestimentaires, les convenances et les valeurs morales liés à chaque époque. L’ambiance est très intimiste avec un éclairage sombre pour préserver les vêtements et tissus anciens sensibles à la lumière.

Et le sport dans tout ça ? Une partie de l’exposition est consacrée au domaine du sport. Au XIXe siècle, gymnastique, natation, alpinisme ou vélo attirent autant les deux sexes, mais faire du sport en robe pour les femmes n’est pas du tout pratique. Elles adoptent alors le pantalon, provoquant bien sûr des scandales car trop masculin et indécent. Petit à petit, le pantalon va sortir du cadre sportif et s’imposer comme sous-vêtement puis comme tenue de ville à part entière, initiant ainsi une petite révolution pour les femmes en leur permettant une plus grande liberté de mouvement. Un premier pas vers l’émancipation de la femme qui s’accentuera avec la mode garçonne et prendra un tour plus provocateur. Côté baignade, les maillots de bain pour femmes, à partir du second Empire, ont été assez bien acceptés. Seul bémol, ces dames se changeaient en fait dans des roulottes qui les amenaient directement dans l’eau !
Au fil du temps, le sport s’est imposé comme véritable source d’inspiration pour la mode. Ces dernières décennies, l’univers du sport inspire de plus en plus de créateurs dans la haute couture et envahit les podiums. Une partie de l’expo est ainsi consacrée aux sneakers dont les couturiers se sont emparés. Au-delà de son usage premier, l’accessoire de sport devient un élément incontournable de la tenue de ville.

Où ? Tenue Correcte exigée, quand le vêtement fait scandale
jusqu’au 23 avril 2017
Musée des Arts décoratifs, 75001 PARIS
http://www.lesartsdecoratifs.fr

 

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