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Ceinture noire de soul
Inna Modja

Ceinture noire de soul

Le 18 juillet 2012

Ceinture noire de taekwondo, Inna Modja met au tapis les clichés mode et showbiz de sa voix sexy. À 28 ans et avec deux albums au compteur, la musicienne venue du Mali gagne le combat de la soul musclée et pop.

"Soyons fou : je prends le thé au coquelicot !", tranche la bombe ébène après avoir attentivement senti le sachet au parfum exotique. Les yeux de biche coquins, elle ajoute bannir le café de sa « bonne hygiène de vie », indispensable pour préserver sa voix et assurer sur scène. Car dans la foulée de son disque d’or pour Love Revolution porté par le tube French Cancan, Inna Bocum – son vrai nom – n’est pas prête à ralentir le rythme. Plus pop que ses consœurs Imany de sang comorien et Asa de naissance nigérienne, la Malienne Inna Modja est à la tête d’une afro-french soul-folk qui décoiffe les hit-parades. Rencontre.

Votre ceinture noire de taekwondo vous a-t-elle servi pour imposer votre second album dans la jungle showbiz ?
Je ne sais pas mais, oui, les arts martiaux m’ont aidée à me structurer. J’ai commencé par le shotokan.

Le shotokan ? On croyait que le karaté était votre première expérience sportive...
Le shotokan fait bien partie de la grande famille japonaise du karaté (sourire pédagogique malicieux). Comme j’étais une gamine remuante, mes parents m’ont inscrite à toutes sortes d’activités : la peinture sur soie, sur verre, le graff... Et le shotokan à partir de mes 7 ans, et durant 4 ans, avec mes cinq frères et sœurs. De façon plus générale, les arts martiaux ont permis à l’hyperactive que je reste de se maîtriser. Jusqu’à me donner une éthique de vie.

Laquelle ?
Rester toujours à la fois très cool et dynamique. Ne pas m’énerver. Je ne perds jamais mon sang froid...

Pourquoi avoir arrêté le taekwondo ?
J’en ai fait pendant 10 ans, de 8 à 18 ans, tout au long des vadrouilles africaines de mon père diplomate. Mais je n’ai que ma ceinture noire 1er dan. J’ai avancé petit à petit. Quand j’ai décroché la noire au Mali, je me suis dit que je pouvais passer à autre chose. Je ne voyais plus l’intérêt de continuer.

Les arts martiaux ont permis à l’hyperactive que je reste de se maîtriser. Jusqu’à me donner une éthique de vie.

Quelle était votre motivation pour vous accrocher pendant 10 ans ?
La volonté d’aller jusqu’au bout. Toujours terminer ce que l’on commence. C’est un grand enseignement du taekwondo, des arts martiaux, mais aussi le résultat d’une éducation. Mes parents nous ont toujours dit : « Quand tu veux quelque chose, tu peux l’avoir en travaillant ». Difficile pour moi de dissocier les deux. Je pratique aussi beaucoup le yoga.

Quel style de yoga ?
L’ashtanga, le plus physique, toujours pour canaliser mon énergie. Et d’autres méthodes, disons plus spirituelles, même si je n’aime pas ce mot. De simples exercices de relaxation et de respiration.

Quel était votre point fort en taekwondo ?
Le combat libre ! Là, c’est du concret : tu es en contact avec quelqu’un, tu attaques ! En même temps, je n’étais pas aussi passionnée qu’avec la musique – j’ai démarré à 14 ans et monté mon premier groupe à 15. Je suivais une espèce de routine sportive, je ne bondissais pas en criant : « Hourrah, je vais au taekwondo ! »

Discipline olympique depuis 2000, à Sydney, le taekwondo va-t-il vous scotcher devant la télé pendant les JO de Londres ?
Non. Depuis que j’ai arrêté, je m’en désintéresse. J’ai l’impression d’avoir de multiples vies et c’était dans une autre.

Un peu de sport devant le petit écran quand même ?
Non. Sauf les matchs de foot importants et la NBA à une période. En fait, je ne suis pas très TV. Je préfère être dehors, faire de la musique.

« Cure-dents » était votre surnom au collège, ça donne des complexes ?
Ça ne m’a jamais touchée. J’avais conscience de n’être pas très épaisse et je l’acceptais. Nous sommes cinq filles et deux garçons à qui ma mère a toujours dit : « Le physique n’a aucune importance ». On ne peut pas être tous pareils, alors autant cultiver sa différence. Je remercie mes parents de nous avoir donné ce rapport au physique.

Vous avez également été mannequin pendant huit ans.
Je le suis devenue à 18 ans par hasard. Deux de mes sœurs étaient déjà mannequins. Ce métier ne m’a jamais fait rêver, à la différence de la musique.

Si vous pouviez vous réincarner en champion ou championne de votre choix ?
Bonne question (long regard pensif). Un garçon. Un nageur. Le beau nageur qui est avec une fille sublime...

Camille Lacourt ?
Oui. Pas pour son physique, plutôt pour ses performances. En fait, je ne sais pas nager. J’ai même failli me noyer trois fois. Je n’ai pas la phobie de l’eau mais je barbote bêtement là où j’ai pied. Quelle frustration ! Grande décision : prendre des cours de natation dès que j’aurai du temps.

En tournée jusqu’au 15 septembre 2012
http://www.innamodja.com/

 

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