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Kaws Toujours

Kaws Toujours

Le 05 juin 2012

Kaws est l'un des artistes contemporains les plus cool du moment. Il compte parmi ses admirateurs Kanye West ou Lance Armstrong, pour qui il a customisé un vélo de course. De passage à Paris, Brian Donnelly - plus connu sous le nom de Kaws - s'est mué en photographe éphémère pour Sport & Style.

Sa discrétion n’a d’égal que son talent. Simple, posé, timide, Kaws reçoit une tasse de thé à la main dans l’un des trois appartements de l’hôtel parisien 3 Rooms, conçu par Azzedine Alaïa. Difficile à croire mais, il y a 20 ans, Brian Donnelly couvrait les murs de Jersey City – dont il est originaire – et de New York avec ses tags.

À cette époque, le graffiti était pour Kaws – son nom de scène –, un moyen d’échanger avec les teenagers de son âge. «Je n’étais pas le type d’adolescent tourné vers le sport », note-t-il. « Dans mon quartier, le graffiti est donc devenu un moyen de socialiser avec les gamins de mon âge. » Pendant plusieurs années, Brian ne vit que pour cela. Le graffiti devient une obsession, le poussant à conquérir toujours plus de surfaces urbaines pour expérimenter de nouvelles choses. Sa quête le mène à recouvrir de son nom les énormes affiches publicitaires qui bordent les autoroutes américaines. Son initiative n’est pas spécialement bien perçue dans le milieu du graffiti, mais elle constitue les prémices de ce qui va faire son succès. Les quatre lettres de son tag se muent alors progressivement en personnage : une tête de mort stylisée aux allures de Mickey, avec des croix à la place des yeux.

L’art du geste
Et, un jour, le déclic : «Quand tu fais des graffitis, tu prends toujours une photo de ton œuvre éphémère. Mes photos, je les retravaillais, je redessinais tout le temps dessus. Et puis je me suis dit : pourquoi ne pas faire la même chose avec les affiches dans la rue ? Les prendre, les retravailler, puis les remettre à leur place. À cette époque, dans New York, il y avait une véritable explosion publicitaire. Des campagnes comme celles de DKNY recouvraient des murs entiers de la ville. Ma démarche s’est inscrite en réaction à cela. Dans le graffiti, le but est aussi de prendre le contrôle d’une ville, d’être vu partout, de rechercher les meilleures surfaces pour être visible. »

Artiste multipass
En détournant les publicités des marques de luxe ou les affiches des magazines féminins, Kaws rencontre l’adhésion d’un public qu’il ne soupçonnait pas : celui du monde de la mode. Son personnage s’invite auprès des plus grands top models. Et, à force d’omniprésence, finit par devenir aussi célèbre qu’eux. Les magazines fashion (ID, Nylon, Harper’s Bazaar, Complex) s’intéressent à lui. Il collabore avec certains d’entre eux et s’investit dans plusieurs domaines : les vêtements, la peinture, et l’univers du jouet pour adulte, où il devient une icône grâce à ses personnages (Chum, Accomplice et Companion).
Et ça marche à plein tube.

J’ai été introduit à l’art par le biais des magazines, des planches de skate et des T-shirts avec des graphismes. Je ne viens pas d’un environnement où les musées faisaient partie du paysage.

Car Kaws est un artiste qui se démultiplie comme bon lui semble. Il n’hésite pas à collaborer avec certains de ses confrères (comme Kanye West, pour qui il signe une pochette de disque et un clip) et des grandes marques, car il considère qu’il n’y a pas de frontière entre un objet commercial et une œuvre d’art. «J’adore les produits et j’aime en faire », explique-t-il. «Être en mesure de travailler avec des experts est plutôt fun, comme avec Ikepod (maison horlogère - ndlr)par exemple. Lors de mon exposition à Paris en 2010, Sarah de chez Colette m’a présenté à Alexandre David d’Ikepod. Nous avons échangé sur l’éventualité d’une collaboration, l’idée étant que je dessine un modèle pour eux. Puis j’ai découvert la forme de la montre, et je me suis dit que je pouvais faire quelque chose de conceptuel. Je ne veux surtout pas devenir une multinationale, mais avoir l’opportunité de travailler avec des maisons comme Nike, Vans, Kiehl’s, Ikepod, ou des studios comme Lucas Film, Disney, Warner Bros, puis revenir à mes peintures par la suite est plutôt agréable.» Cette diversification lui donne aussi l’occasion de rendre son art plus accessible, certaines de ses toiles – il est représenté par la galerie Perrotin en France – se vendant plus de 100 000 €.

Made by Kaws
C’est sans doute pour cette raison qu’il a accepté une collaboration avec Sport & Style. L’idée ? Lui confier un Polaroid vintage afin qu’il immortalise une journée à Paris. Kaws avait carte blanche. L’idée l’a séduit. «J’ai été introduit à l’art par le biais des magazines, des planches de skate et des T-shirts avec des graphismes. Je ne viens pas d’un environnement où les musées faisaient partie du paysage. J’avais quelques publications sous la main, que j’examinais au détail près. C’est pour cette raison que j’adore faire des projets avec les magazines. » Le temps d’une journée, Kaws s’est donc mué en reporter pour Sport & Style, avant de revenir à sa peinture et à ses projets, dont une exposition à Hong Kong(1), qui inaugurera l’ouverture d’une succursale de la galerie Perrotin. Refusant les étiquettes, l’artiste y dévoile une série de nouvelles œuvres inspirées par les dessins animés. « J’aime la manière dont les dessins animés fonctionnent avec notre société contemporaine», souligne-t-il. « On peut être ici, en France, avec quelqu’un qui ne parle pas anglais, mais il sera familier avec Bob l’éponge ou Homer Simpson. Mon travail explose le concept de générations.» Et c’est pour ça qu’on l’aime.

Kaws, "The Nature of Need", Jusqu’au 30 juin
Galerie Perrotin Hong Kong,
www.perrotin.com

 

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