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Degrees North : le projet fou de Xavier de Le Rue

Degrees North : le projet fou de Xavier de Le Rue

Par Bérénice Marmonier , le 19 octobre 2015

Le snowboardeur de la team The North Face, Xavier De le Rue, a présenté à Paris son nouveau film « Degrees North » tourné en Alaska, la Mecque du freeride. Sport & Style l’a rencontré.

Pourquoi ce film ?
C’est la fin d’une trilogie, avec les films Mission Antarctique (commencé en 2013), Mission Steps et ce dernier, Degrees North. Dans cette trilogie, j’ai poussé ma carrière de snowboardeur. À travers toutes ces années, j’ai voulu améliorer mon sport en développant pas mal de techniques, notamment celle consistant à filmer de manière aérienne dans des endroits totalement reculés, dans l’optique de découvrir de nouvelles destinations. On a utilisé des paramoteurs pour la première fois afin de repérer et d’approcher de nouvelles lignes. On est allé tester tout ça sur l’archipel du Svalbard, où se trouve le Spitzberg, tout au nord de la Norvège. Puis on a voulu pousser le bouchon plus loin et affronter la Mecque du freeride : l’Alaska. On est parti dans les fjords en bateau, mais on est tombé sur la pire saison de tous les temps. Ils n’avaient jamais eu aussi peu de neige depuis 120 ans ! On est revenu un mois plus tard et on a enfin réussi à mettre ce truc en place. On a utilisé le paramoteur comme moyen de locomotion, pour ensuite sauter dans les lignes. Ça a été un délire un peu fou, un truc que personne n’avait jamais fait. On s’est vraiment pris la tête pour aller jusqu’au bout des choses et au final, ç’a été une aventure vraiment enrichissante et une récompense. On est hyper content.

En quoi ce film est différent des précédents ?
Les films de snowboard ou de ski tournent très souvent autour de la même chose : soit l’action, soit le voyage. C’est toujours du classique. Nous, on a essayé d’apporter quelque chose d’original, de vivre une expérience différente, d’ouvrir de nouveaux horizons et en même temps d’apporter une inspiration inédite.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris ?
La difficulté d’avoir tout le matériel prêt sur le terrain, et, a contrario, la facilité du système du paramoteur. Ce que je retiens aussi, c’est une expérience forte. A posteriori, on a fait le choix de partir sur un concept novateur qui ressemblait à un caprice d’enfant. Mais ça m’encourage vraiment d’avoir des idées folles, des concepts. Même s’il y a beaucoup d’incertitudes, ça m’encourage à innover. Et j’espère qu’à travers ce film, les spectateurs vont ressentir la même chose. C’est un appel à réaliser ses rêves. Ce qu’on a fait c’était hyper dur mais une fois qu’on l’a fait, on se dit que c’était génial.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile ?
Partir dans l’inconnu. Même si ça fait des années que tu essaies de pousser ton sport plus loin, tu restes dans des choses que les autres font aussi. Et dans ce film, on est parti sur quelque chose que personne n’avait osé faire. Mais une fois réalisé, ç’a été comme un énorme loquet qui se débloque.

Vous sentez-vous changer ?
Oui, et c’est vraiment un encouragement pour la suite. Ça m’a donné confiance pour l’avenir, pour réaliser des projets encore plus fous. Ça fait dix ans que je fais des films. Et ça m’encourage à poursuivre sur ce chemin.

Vous avez collaboré avec deux autres snowboardeurs, Ralph Backstrom et Sam Anthamatten. Comment ça s’est passé ?
Je connais Ralph et Sam depuis très longtemps, on a partagé plein de choses ensemble. Là, c’était un bon moyen de se motiver, il y en avait toujours un plus en forme que l’autre. Ça permet de partager ses doutes. Moi j’ai toujours aimé raisonner comme ça. Surtout dans la montagne, qui est un environnement difficile, où on peut vite commettre des erreurs. Ça permet de garder les pieds sur terre.

Qu’est-ce qui est le mieux : rider seul ou à plusieurs ?
En général, on est souvent deux. Ça permet de s’assurer sur une entrée un peu difficile. Mais on ne ride jamais ensemble. C’est un peu comme l’alpiniste, il y en a toujours un qui t’assure. Qui est là au cas où il y a une avalanche. Ça crée des liens.

Vous aviez émis l’idée de rider seul avec votre drone en mars dernier. C’est chose faite ?
Oui, je reviens du Chili, il y a un mois. On a volé à 4200 m d’altitude avec de grosses conditions de vent, et ça a bien marché. Là, je pars sur un projet qui s’appelle « Do It Yourself » qui est un peu à l’opposé de ce que j’ai fait jusqu’à présent. Pas de caméraman, tout est autofilmé. Partir en camping-car pendant tout l’hiver, seul ou avec ma copine, ou avec des copains, revenir à une pratique que tout le monde fait un peu tous les jours, et filmer grâce aux nouvelles technologies. Ça va être une mini-série de 2 minutes à partir de décembre, normalement sur le site Swatch et le site de Red Bull (c’est toujours en discussion). Et après un gros film à la fin de la saison. Ça va me prendre tout l’hiver. Je pense que ça va bien fonctionner car ça va être très accessible. Et c’est un truc fou. Il y a deux ou trois ans de cela, on ne pensait même pas qu’il serait possible de rider et qu’un drone filmerait tout depuis les airs. La perspective due au drone est vraiment incroyable. J’ai été très surpris lorsque j’ai testé ça au Chili. Sur certains runs qui s’avéraient facile, les shots sont incroyables à chaque fois, c’est très encourageant.

Tous ces films sont faits pour rendre encore plus accessible votre sport…
Je trouve que dans tous les sports outdoor, il y a de belles leçons à tirer, on vit des moments tellement exceptionnels qu’ en les partageant, j’espère que ça inspire les gens, que ça les encourage à aller dans la nature. Il y a tellement de « joujoux » qui permettent de s’éclater dans des lieux incroyables, qui permettent aussi de mieux se connaître, de vivre des moments vraiment forts.

Vous avez tiré un trait sur la compétition ?
Oui ! Je n’ai plus du tout le feu. J’étais à Verbier en mars, j’étais au départ. Normalement, j’aurais dû être une bête enragée. J’aurais été surmotivé, avec une envie folle. Mais aujourd’hui, je n’ai plus envie de me prouver quoi que ce soit dans ce domaine-là. Je pense que je m’exprime tellement dans tous mes films que la compétition m’est devenue un peu dérisoire. Et puis j’ai fait mon temps.

Et le cinéma ?
Je viens de travailler sur le prochain Point Break, j’ai un peu vécu Hollywood de l’intérieur. J’ai fait trois scènes en tant que « moi-même » puis j’ai fait le cascadeur et la doublure de l’acteur principal en snowboard. C’est un truc qui peut être intéressant. Mais, de ce que j’ai vu, les manières de travailler en montagne qui doivent être faciles et hyper flexibles, sont impossibles à réaliser de cette façon pour le cinéma actuel, qui draine des équipes et des productions énormes. Mais il y a vraiment quelque chose à faire, comme essayer de mixer les deux.

Ça peut être une suite logique à tout ça…
Carrément. Autant au niveau du matériel qui devient plus facile à utiliser que des qualités des directeurs photo et des caméramans qui poussent au niveau de la production. On est assez proche de ce qui se fait au cinéma. Tout en étant beaucoup plus léger, ce qui est une qualité aussi.

Film à retrouver le 17 novembre à 20h30 en présence de Xavier de Le Rue lors d'une projection ouverte au public à la boutique North Face de St Germain à Paris.
30 places sont à gagner ICI.
Première à « Montagnes en scène » le 16 novembre au Zenith.

 

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