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Les Voiles de Saint-Barth

Les Voiles de Saint-Barth

Par Katia Kulawick-Assante , le 08 avril 2013

Saint-Barth, un mythe au cœur des Caraïbes, est plus qu’une simple escapade. L'île accueille du 8 au 13 avril plus de 50 yachts lors des Voiles de Saint-Barth.

Saint-Barth accueille deux événements de voile : la Bucket, la plus prestigieuse, qui a lieu chaque année fin mars, et Les Voiles. « On vient ici par passion pour son bateau, pour son équipage et pour ces moments -d’intenses sensations qu’offre notre plan d’eau toujours venté et bordé de décors à couper le souffle », annonce François Tolède, l’un des organisateurs. Pour leur quatrième édition, les Voiles de Saint-Barth accueilleront du 8 au 13 avril plus de 50 maxi yachts, voiliers classiques, multicoques, IRC 52 et des -skippers tels que Lionel Péan, Ken Read ou Gavin Brady qui régateront autour de l’île – petits veinards. L’horloger Richard Mille, partenaire principal des Voiles de Saint-Barth, participera à la course avec son propre bateau, le Jolt 2, et remettra au gagnant une montre de plongée RM028 Titane. Double veinard.
www.lesvoilesdestbarth.com

Retour sur l'histoire de Saint-Barth

L’histoire commence un peu comme dans un James Bond. Février 1945, le “Cucaracha”, un Rearwin Sportster atterrit pour la première fois à Saint-Barthélemy. Une performance, vu la configuration très escarpée de l’île. Rémy de Haenen, son pilote, est un explorateur à l’esprit bohème, un playboy et un gentleman tendance contrebandier – à son CV, deux courts séjours en prison –, un fin pilote et un pionnier qui va changer le destin de ce petit bout de terre niché au cœur des Caraïbes.

Pendant 13 ans, de Haenen volera « sans assurance, sans rien ». Il assure le service postal, accrochant les sacs de courriers en plein vol, à vitesse réduite, grâce à un astucieux système. Le système D, c’est la recette de Saint-Barth et de Rémy de Haenen. Il crée sa propre compagnie aérienne, CAA, en 1946, qui relie les îles alentour. Après l’école de marine marchande au Havre, la pêche et les chantiers, l’Anglais naturalisé français mise sur le tourisme pour le futur de l’île. C’est lui qui ouvre l’île au monde en créant la piste d’atterrissage en 1955 (l’aéroport ne naîtra que dans les années 70 avec l’essor du tourisme). Lui aussi qui aide à l’installation de l’électricité, du téléphone et de l’eau (il n’y a pas de sources sur l’île) dans les années 1960-70. Des efforts qui lui vaudront d’être élu maire de Saint-Barth de 1962 à 1977.

En 1953, cet aventurier des temps modernes achète pour 200 dollars un rocher qui culmine sur la plage de Saint-Jean. Une acquisition qui abrite le premier hôtel de l’île, l’Eden Rock (aucun lien avec l’Eden Roc de Cannes). Greta Garbo y débarque incognito d’un bateau et la rumeur veut qu’elle soit tombée sous le charme de son propriétaire – tout en rallongeant son séjour sur place. Howard Hughes et Robert Mitchum y prennent leurs habitudes. À part la chambre et le dîner, tout est offert par la maison. L’élégance de son propriétaire se reflète également dans sa demeure. Johnny Weissmuller, David Rockefeller, Montgomery Clift, l’Aga Khan, Louis Malle sont tous séduits par ce bout de rocher et par cette personnalité hors du commun.

En 1968, de Haenen persuade le commandant Cousteau, avec qui il se lie d’une solide amitié, de partir sur la Calypso à la recherche d’un trésor. Il embarque la troupe du commandant au bonnet rouge pour des plongées autour du galion espagnol La Nuestra Señora de la Concepcion, qui a coulé au large de l’île au XVIIe siècle et dont la légende dit qu’il est chargé d’or. Ils ne trouveront pas de trésor mais des clous, une ancre et quelques babioles...

En 1956, de Haenen voit arriver du renfort. David Rockefeller, héritier de la dynastie de banquiers, se fait construire une villa surplombant la baie de Colombier et amène dans son sillage la jet-set internationale. Il faut dire que Saint-Barth n’est qu’à deux heures trente de vol de Miami et à trois heures trente de New York. Aujourd’hui, c’est un autre ultra-fortuné qui règne sur l’île. Roman Abramovitch, le patron de Chelsea, en a fait son fief. Son yacht, le colossal M/Y Eclipse (plus de 165 m de long, 2 pistes d’hélicoptère, vitres pare-balles) est au mouillage du côté de Gustavia. Petit froid dans le couple, alors Madame reste sur le yacht tandis que Monsieur profite de sa somptueuse villa accueillant des fêtes gargantuesques où l’on croise Jay-Z, Prince, George Lucas, Bon Jovi ou Paul Allen. Abramovitch a investi dans le stade de foot local, que l’on voit la nuit éclairé comme si on était... à Chelsea. La pelouse est artificielle mais les enfants de l’île sont ravis. Ça donnerait presque envie de se remettre au sport.

D’aventurier à notable, Saint-Barth permet ce genre de renouvellement d’identité, de transformation, de mutation génétique. C’est un endroit qui invite à se réinventer. Et choisir d’être à Saint-Barth suffit déjà à vous définir hors des sentiers battus. Ici, on vient chercher la tranquillité quand le reste du monde n’est que chaos, ici on ne ferme pas sa maison ni sa voiture à clé. De toute façon, les brigands ne peuvent aller nulle part avec le butin. Les contours de l’île sont aussi les barrières d’une prison dorée pour über riches qui ont envie d’échapper au stress de la vie. Ici, le monde est parfait sur 24 km2, la sécu est bénéficiaire et il n’y a pas d’impôts. Avec une criminalité zéro, Saint-Barth est l’équivalent d’autres paradis pour ultra riches comme Monaco ou la Belgique (haha). Un petit coin du sud de la France en pleines Caraïbes, avec comme seul risque réel les cyclones. Sur une île où tout dépend des importations (et où tout, forcément, est hors de prix), où la TVA et l’impôt sur le revenu n’existent pas, l’inflation est assommante : les terrains ont pris 200 % de valeur en 20 ans.

Mais il y a un défaut qu’il ne faut pas avoir à Saint-Barth, un peu comme sur toutes les îles du monde : être pressé. Ce soir, pas d’expresso au bar, le container de café n’a pas été livré. On attendra le petit-déjeuner. La valise non plus n’a pas été livrée d’ailleurs. La compagnie aérienne qui fait le transfert entre Saint-Martin et Saint-Barth nous a prévenus à l’arrivée : « On ne peut pas savoir sur quel vol arrivera votre bagage, repassez dans la soirée. » Et tout le monde est logé à la même enseigne.

Sur le tableau de réservation du loueur de voitures, les cases sont toutes cochées. Elon Musk, le patron richissime de la marque de voiture électrique californienne Tesla, a réservé la sienne. Le créateur Marc Jacobs a ses habitudes au Taïwana, l’hôtel branché situé sur la baie des Flamands. Johnny y a sa maison. Le grand rush, c’est pour les fêtes : une bande de fêtards milliardaires du monde entier y débarque pour se lâcher. Essentiellement dans les restaurants branchés où Louboutin et robes Versace se croisent gracieusement, avant de finir la nuit chez Carole’s Place, la boîte les pieds dans l’eau sur le port de Gustavia, ou sur les plus beaux yachts du port. Rémy de Haenen a réussi son pari. Saint-Barth n’est plus inaccessible et sert de refuge aux ladies et gentle-men du monde entier. 

 

 

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