Agenda Ayrton Senna
Par Laurence Gounel, le 28 avril 2014

Ayrton Senna Portraits d’une légende

Ayrton Senna disparaissait tragiquement il y a 20 ans... Rencontre avec le photographe Paul-Henri Cahier, spécialiste des Grands Prix et auteur du livre-hommage qui sort le 28 avril.

Il a suivi le charismatique Ayrton Senna pendant 10 ans sur tous les circuits du monde de F1. À travers 105 photos fortes et émouvantes, le photographe Paul-Henri Cahier fait revivre le génie extraordinaire de ce champion maudit, dont la mort accidentelle le 1er mai 1994 reste gravée dans toutes les mémoires.

Pourquoi vous être concentré sur Ayrton Senna en particulier ?
Je l’ai vu arriver sur les Grands Prix en 1984, quand il était tout jeune. Il venait de remporter de justesse le championnat anglais de Formule 3. Une performance qui n’avait rien d’extraordinaire, mais je l’observais du bord de la piste et j’ai vite compris qu’il était différent. Ça s’est confirmé lors du Grand Prix de Monaco en 1984, interrompu à cause de pluies diluviennes. Il était second, derrière Alain Prost, et finalement très mécontent qu’on interrompe la course. Il était là pour gagner, il la voulait cette victoire ! Tout le monde a compris à ce moment-là que nous avions affaire à un pilote exceptionnel.

Que racontent ces photos de lui ?
Qu’il se distinguait des autres coureurs automobiles par sa personnalité. C’était quelqu’un de très intelligent, de très fin, et surtout de très émotif. C’est ce qui le rendait intéressant à photographier. On sentait cette lutte permanente à l’intérieur de lui pour maîtriser son hypersensibilité. Il a réussi à la transformer en atout. J’aimais le prendre en photo dans la course bien sûr, mais je me suis surtout plu à faire des portraits. Comme tout émotif, il avait des expressions très fortes. Seuls, les portraits traduisent vraiment l’atmosphère qui pouvait régner sur une course.

Quels sont vos meilleurs souvenirs de clichés avec lui ?
Le premier c’est lorsqu’il regarde droit dans l’objectif pour la première fois. C’était pendant des essais. Il est dans sa voiture et soudain, il tourne la tête et me fixe. C’est pour moi le point de départ de sa reconnaissance. Je cesse d’être un photographe parmi d’autres, on se « reconnaît » mutuellement. Le seconde, c’est lors de sa première victoire au Grand Prix du Brésil, chez lui. Il a sur la photo une expression torturée. C’est très spécial car il vient de faire une course héroïque : les huit derniers tours, sa boîte de vitesse le lâche et il la tient dans la main, bloquée en sixième. Il termine la course tétanisé, dans un état d’épuisement tel qu’il arrive à peine à tenir son trophée... Il vient de réaliser un tour de force. Cette photo résume tout Senna.

Ayrton Senna, la légende de Paul-Henri Cahier aux éditions Premium, 176 p., 35 €

 

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