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Quid du débardeur ?

Quid du débardeur ?

Par Julien Neuville , le 13 août 2015

Certains rebelles osent le porter en ville. Les puristes, eux, s’en offusquent. Question de pudeur. Et probablement d’une largeur d’épaules adéquate.

Il y a deux ans, adidas, équipementier officiel de la NBA, annonce conjointement avec la célèbre ligue de basket l’arrivée de maillots à manches courtes, alternative aux traditionnels débardeurs. L’expérimentation se fait chez les Golden States Warriors de Steph Curry. Adidas désamorce immédiatement les critiques en expliquant que les manches ne déstabiliseront pas le jeu, n’empêcheront pas le mouvement des joueurs. Le scepticisme est quand même là. Quelques semaines plus tard, après une défaite amère, Curry balance en direct : « Nous passons à la télé nationale avec nos affreux maillots ». Déclenchement des hostilités. La tradition a la dent dure. Adidas et la NBA n’y voient qu’un coup de sang à chaud et décident d’équiper de T-shirts les dix équipes jouant les matchs de Noël, aux audiences TV importantes. Hélas, plus de joueurs en T-shirts entraîne plus de critiques. Sur Twitter, Dirk Nowitzki écrit : « Traitez-moi de vieux jeu, mais ces maillots à manches sont horribles ». Même LeBron James exprime sa réticence. La marque n’en démord pas et répond en dévoilant les maillots du All-Star Game 2014 : uniquement des T-shirts.

Sur le moment, l’obstination intrigue. Les maillots sont moches et, malgré les assurances d’adidas, les manches dérangent certains. On sait aujourd’hui qu’à ce moment-là, la marque n’est pas vraiment satisfaite du partenariat avec la NBA. Le retour sur investissement des 400 millions de dollars en contrat de sponsoring n’est pas à la hauteur des espérances. Lancer un nouveau maillot devient la solution pour booster les ventes. Adidas explique que proposer un T-shirt permet aux supporteurs de le porter dans la vie quotidienne. Pas uniquement pendant les matchs. La NBA voudrait vendre plus de maillots, et donc gagner encore plus d’argent. Le poids financier comme seule mesure objective de la puissance d’une ligue, dans un pays où les sports s’affrontent ouvertement pour les parts d’audience et les dépenses des fans. Finalement, les T-shirts ne prendront jamais et adidas décide de ne pas renouveler son partenariat avec la NBA après 2017.

Interdit de cité
Que retenir de cette histoire ? Qu’adidas n’a pas hésité à envoyer en l’air sa relation avec la NBA, à se mettre les plus grands basketteurs à dos, convaincu que les débardeurs ne sont pas socialement tolérés dans la vie quotidienne lorsqu’ils sont portés par des gens « normaux ». Arborer le sans manches, chasse gardée de la pratique sportive, est envisageable lorsqu’on est soi-même sportif. Avoir les trapèzes de Michael Phelps est le minimum. Les joueurs de NBA ou les nageurs olympiques portent des vêtements sans manches pour améliorer l’amplitude de leur mouvement d’épaule. Progression infime mais décisive pour ces athlètes, fioritures pour les amateurs. Ceux qui voudraient donner ses lettres de noblesse au débardeur pour pouvoir le porter dans la rue tentent de faire croire que, par rapport au T-shirt, les huit centimètres de coton supplémentaires par manche font toute la différence. En oubliant que, en ne couvrant le corps que du minimum acceptable de tissu, le débardeur est la preuve d’un infime respect envers la société. Ne soyons tout de même pas extrémistes. Il existe des conditions dans lesquelles le port du débardeur en ville est toléré. La météo doit être ensoleillée, voire tropicale car cela influe sur les mentalités qui deviennent plus détendues. Deuxième règle, plus controversée, le corps. Tout est question de modération. Être gonflé comme The Rock et porter le débardeur, c’est s’assurer le statut de bodybuilder écervelé. Être gringalet, c’est devenir l’adolescent flottant de festival électro en festival électro. À vous de trouver le juste milieu.

 

 

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