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Mika, le coiffeur des footballeurs

Mika, le coiffeur des footballeurs

Par Rémi Nanni , le 01 juillet 2016

Qui se cache derrière les folles coupes de cheveux de Paul Pogba, Ricardo Quaresma, ou encore Cristiano Ronaldo ? Mika, 35 ans, coiffeur dans son salon de Seine-et-Marne. Sport & Style l'a rencontré et l'a interrogé sur son rapport avec les footeux. Sans langue de bois.

Une nouvelle fois, certaines coupes de cheveux de footballeurs à l'Euro ont fait le tour de la toile. Certains semblent en effet repousser les limites capillaires toujours plus loin, allant jusqu’à parfois se faire tondre une carte de leur pays dans leurs cheveux. Mika, 35 ans, coiffeur de Paul Pogba (et bien d’autres), est très souvent à l’origine de ces folies. Installé dans son joli petit salon d’Ozoir-la-Ferrière, il est souvent démarché par des footballeurs pour s’occuper de leurs cheveux. Au moment où on arrive dans son salon, Mika est en train de travailler sur un de ses amis, venu  se faire rafraîchir sa coupe « Sergio Ramos ».

 

C’est la coupe de cheveux de Sergio Ramos ?
Non non, c’est le vrai Sergio Ramos ! Il lui ressemble beaucoup non ? (Rires) Il est un peu plus petit et il faut qu’il rentre le ventre, mais ils ont presque la même tête, au niveau du visage, c’est fou !

 

Faites-vous souvent cette coupe de cheveux ? Elle a du succès ?
Ca m’arrive de temps en temps oui. Mais en ce moment, c’est la coupe de Yannick Ferreira-Carrasco, l’ancien de Monaco (qui joue aujourd’hui à l’Atlético Madrid, ndlr) que l'on me demande le plus. Elle est simple et efficace.

 

Vous l’avez inventée ?
Non, enfin je ne crois pas. J’ai coiffé plus d’une centaine de footballeurs, j’ai arrêté de compter depuis longtemps, et c’est difficile de se rappeler de toutes les coupes que j’ai faites.

 

 


Depuis combien de temps êtes-vous coiffeur ?
Depuis que j’ai 15 ans ! Au début, je faisais ça pour mes potes, c’est toujours les mêmes d’ailleurs. Et après c’est devenu une passion à plein temps. J’ai 35 ans, donc ça va faire 20 ans que je fais ça.

 

Comment avez-vous rencontré tous ces footballeurs ?
J’en connaissais quelques uns, des amis d’enfance. Je ne donnerai pas tous les noms (rires). Mais après tout s’est fait par le bouche à oreille. J’ai commencé à les coiffer eux, puis comme ils ont apprécié mon travail, ils en ont parlé autour d’eux, et petit à petit, je me suis retrouvé à couper les cheveux de plein de stars.

 

Lesquelles ?
Je ne sais pas, plein de joueurs différents : Mamadou Sakho, Florian Thauvin, Paul Pogba, Cristiano Ronaldo, et même toute l’équipe du Portugal, que j’ai coiffée pendant l’Euro, quand ils étaient à Marcoussis. Et plein d’autres d’ailleurs, j’ai arrêté de compter, il commence vraiment à y en avoir beaucoup.

 

Vous rendez-vous compte que rencontrer ces sportifs, c’est un rêve pour beaucoup de gens ?
Je sais bien ! Mais moi, j’essaie de garder des rapports professionnels. Je regarde le foot, je ne vais pas cacher que je trouve ça génial de rencontrer ces gars, surtout l’équipe du Portugal, vu que j’ai des origines portugaises. Après, ça se fait dans une ambiance plutôt détendue en général, mais tout de même professionnelle. Sauf quand certains joueurs deviennent des amis.

 

Et là, vous pouvez donner des noms ?
(Rires)  Je ne peux pas tout dévoiler, il faut que je reste discret si je veux garder ma clientèle. Mais par exemple, Anthony Lopes (gardien de but de l’OL ndlr) ou Raphael Guerreiro (latéral gauche lorientais, transféré à Dortmund cet été ndlr) sont devenus des amis. C’est vraiment des super mecs. Et Paul Pogba également, on commence à bien se connaître, il y a un lien particulier.

 

Sont-ils capricieux ?
Non, pas du tout. J’essaie de toujours de mettre une petite distance quand je bosse avec eux, ne pas faire la groupie. De leur côté, ils ne se prennent pas du tout la tête. Ce sont vraiment des garçons simples, une fois qu’ils ne sont plus sur le terrain ou devant les caméras. Ca se passe toujours très bien. Auparavant, je trouvais beaucoup de joueurs insupportables quand je les voyais à la télé. Mais de les rencontrer en vrai, ça te fait souvent changer d’avis sur eux.

 

Le salon de coiffure est généralement l’endroit où les gens s’épanchent facilement sur leur vie. Avez-vous quelques histoires à nous raconter ?

Si je fais ça, je perds mon job ! (Rires) Mais oui bien sûr, je rentre dans l’intimité des joueurs, donc j’entends des choses sur leur vie personnelle, professionnelle, sur leurs problèmes. Mais je ne peux rien dire à personne sinon je perds leur confiance (rires). J’ai eu la chance de pouvoir assister à certains matchs et entraînements aussi, donc je suis vraiment super heureux de faire tout ça.

 

Coiffez-vous d’autres personnes ?
Ah oui, je coiffe tout le monde, mon métier c’est une véritable passion. Je ne suis pas un coiffeur VIP, je ne me prends pas la tête, je coupe aussi les cheveux à des gens comme toi et moi. Sinon, en sportifs, récemment on a fait la coupe d’Audrey Tcheuméo, championne d’Europe de Judo. N’importe qui peut venir ici se faire couper les cheveux.

 

Avec quels produits cosmétiques travaillez-vous ?

Je n’ai pas de marques fixes ou favorites. Mais j’utilise beaucoup Head&Shoulders, surtout pour moi même d’ailleurs. J’ai un cuir chevelu un peu capricieux avec quelques pellicules. J’aime bien utiliser cette marque aussi pour mes clients. Les cheveux, c’est ma feuille de dessin, mais si tu arrives avec un cuir mal entretenu, une feuille de dessin de mauvais qualité, je ne peux pas en faire grand chose. Les cheveux tout secs, ou gras, c’est plus compliqué de travailler là-dessus, et je sais qu’avec Head&Shoulders, on a déjà une bonne base.

 

Quelle est votre marque de fabrique ?
Les motifs, j’adore ça. C’est vraiment ma touche personnelle, c’est quand je fais ça que je m’éclate le plus. C’est un peu ma spécialité, ça et les dessins sur cheveux.

 

C’est pour cela que Paul Pogba vous apprécie ?
Oui, j’imagine (rires). J’adore coiffer Paul, c’est les moments que je préfère dans mon métier. Quand la personne te dit « C’est no limit, fais ce que tu veux », c’est là que je m’éclate. C’est de la création, pour moi la tête c’est une feuille de dessin, et la tondeuse, c’est mon stylo. Et j’adore dessiner. Des trucs toujours plus novateurs, parce que c’est important de ne pas se fixer de frontières.

 

Quelles sont sources d’inspiration ?
Personnellement, il y a 20 ans, j’ai lu un magazine où il y avait des photos de dessins sur la tête. Ça m’a tout de suite frappé, je me suis dit que c’était ça que je voulais faire. Plus tard, j’ai découvert Rob The Original, un coiffeur américain, qui a un talent incroyable. Le numéro 1 mondial de la profession, si vous voulez mon avis. C’est lui qui m’a inspiré, et en plus, c’est un mec incroyable, qui ne se la raconte pas du tout, alors que c’est un véritable artiste.

 

Comment faites-vous connaître votre travail ?
Je m’appuie beaucoup sur le bouche à oreille, car quand les gens sont satisfaits, ils en parlent autour d’eux. Je me sers beaucoup d’Instagram également. C’est mon principal moyen de communication et de promotion, en fait. Je pense que c’est la même chose pour tous les gens qui font des choses un peu artistiques ou esthétiques, c’est le meilleur support pour présenter son travail. Les partages sont faciles, les buzz circulent vite. Contrairement à Facebook, où les gens vont voir passer des trucs mais pas forcément cliquer dessus, ou les partager. Oui, Instagram, ça m’est vraiment très utile.

 

Et vous n’avez pas l’impression de faire un peu les mêmes choses, en coiffure ?
Non, pas du tout. Il y a des coupes qui ont du succès, comme celle de Carrasco, et donc je les fais souvent. Mais à côté de ça, on me demande beaucoup d’autres choses ! Et même, parfois, on me dit juste « Fais toi plaisir », et là, j’essaie de créer un truc complètement original, avec des traits, des nouveaux motifs, etc… C’est important de toujours se renouveler, de chercher à évoluer, sortir de sa zone de confort. C’est vrai dans tous les types de travail, mais encore plus dans les domaines esthétiques ou artistiques, si tu fais toujours la même chose, tu deviens vite has been. Donc toujours repousser les limites, ça fait partie de mon travail.

 

Vous faites partie des stars de la coiffure désormais ?
Je ne vise pas le statut de star de la coiffure de toutes façons. Bon, là en ce moment, vu qu’il y a l’Euro et que j’ai coiffé pas mal de joueurs, je commence à avoir mon petit buzz, ça me fait plaisir d’ailleurs. Les supporters veulent les mêmes coupes que leurs idoles, et comme c’est moi qui les coiffe, du coup j’ai ma petite notoriété. Mais ça retombera sûrement après l’Euro. Il ne faut pas trop chercher la gloire de toutes façons, ça vient, ça part. Moi je suis là pour m’éclater en faisant mon travail. Si les gens adhèrent, c’est tant mieux ! 

 

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