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Musculation de rue

Musculation de rue

Par Jean-François Pantaloni , le 15 avril 2013

Le street workout, c’est la musculation nouvelle génération. Ou comment se faire des biscotos à peu de frais mais à grosses gouttes de sueur avant l’été.

Malgré le beau soleil hivernal, il fait -2 °C quai de Seine, en face de la gare d’Austerlitz. Ce qui n’empêche pas Nabil, Gérald et Sébastien d’effectuer un superbe drapeau humain torse nu et à l’unisson, en se servant des poteaux en bois qui protègent un arbre. Des badauds stupéfaits applaudissent cette figure spectaculaire.  Question muscu, nos amis de la team Bar Tigerz (littéralement « les tigres des barres ») se posent là. La vingtaine chacun, gabarits moyens, mais pas un pet de graisse et des muscles dessinés partout : pectoraux, abdominaux, dorsaux... Le sport auquel ils s’adonnent est primaire mais d’une efficacité redoutable. Son nom ? Street workout, un compromis entre musculation et gym qui se pratique sur du mobilier urbain ou sur des spots dédiés et, comme son nom l’indique, exclusivement en extérieur. Les fondamentaux de cette saine occupation en plein air sont simples mais efficaces : des pompes et des tractions. Jusqu’à plus de 800 par jour !

La légende urbaine dit que cette culture physique d’un nouveau genre, mais finalement vieille comme le monde, vient des prisons. La vraie histoire ? En 1993, un certain Hakan Hasin, gymnaste de son état, adapte les bases du fitness dans un parc de New York et crée dans la foulée la première équipe du genre : les Bar Tenderz, ceux qui tiennent la barre... Le bougre fait rapidement des émules et, parmi ses adeptes, celui qui popularisera ce nouveau sport dans le monde entier, Hannibal For King, un black sculptural au look gangsta rap cool (en photo ci-dessus). Il est l’un des premiers à poster ses vidéos sur Internet en 2008 et le buzz est immédiat – plus de dix millions de vues à ce jour. Résultat, le monde entier s’y colle. L’Europe bien sûr, et la France en particulier, mais surtout les pays de l’Est. D’ailleurs, le dernier championnat du monde a eu lieu en 2012 à Riga en Lettonie. Mieux, Kenguru, la première société à proposer des spots clé en main aux municipalités du monde entier, est également balte. Comme quoi les descendants d’anciens communistes peuvent avoir le sens du capitalisme ! En France, la troisième édition du championnat King of Pull and Push se tiendra cet été à Grigny. En prévision dans le jury ? Hannibal l’animal en personne !

Le DVD d'Hannibal est disponible sur le site internet www.hostagemusick.com.

 

MC Jean Gab’1 : un vrai tracteur ?
Le rappeur de 46 ans MC Jean Gab’1 (au centre, avec un bonnet) est le représentant le plus médiatique du street workout français. Il a fondé sa propre équipe, Punishment Team, qui s’entraîne régulièrement quai de Valmy à Paris, sur l’un des rares spots dédiés à ce sport. Il a gagné le championnat de Grigny en 2012 – deux ans à peine après le début de son entraînement – et compte bien remettre ça cette année.

Alors Monsieur Gab’1, vous êtes devenu le roi de la gonflette ?
Ce n’est pas du culturisme, rien à voir. Le street workout sert à  être puissant, tout simplement. Et pour cela, il faut souffrir. Là, c’est ton corps que tu lèves, pas des poids.

À 46 ans, c’est encore possible ?
Un mec m’a dit un jour : « Tu es bien galbé pour un vieux ». J’ai répondu : « Non, c’est toi qui es mal foutu pour un jeune ! »

Que pensez-vous de l’expansion exponentielle de ce sport qui vient de la rue ?
Cela pourrait être un sport de plage, cela ne me gênerait pas. Je n’ai pas inventé ce sport, il appartient à tous ceux qui le pratiquent. Mais si on en fait une ligue ou je ne sais quoi d’autre, il va falloir payer des cotisations, arriver en tutu et tutti quanti. Et on aura alors  perdu toute la nature du truc !

« Sur la tombe de ma mère » de MC Jean Gab’1, éditions Don Quichotte

 

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