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Ma maison dans les cimes

Par Nicolas Dembreville , le 06 février 2015

Vivre dans une cabane nichée dans un arbre ? L’étudiant architecte Konrad Wojcik cherche à transformer le rêve en réalité avec Primeval Symbiosis, son projet de maison-sapin.

Buzz sur le Web

Buzz sur le Web

Vivre perché en pleine nature entre hiboux, piverts et écureuils, voilà un fantasme bien séduisant. Le Polonais Konrad Wojcik, étudiant en architecture, entend concrétiser ce concept avec son chalet écolo-friendly baptisé Primeval Symbiosis. « J’ai publié mon projet via un portfolio en ligne », raconte Konrad Wojcik. « Le buzz qui a suivi a été spectaculaire. J’ai vu arriver des demandes d’informations du monde entier : États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Suisse, Roumanie... Les gens me demandaient s’il était possible de construire ou d’acheter cette “maison-sapin”. Je ne pensais sincèrement pas que ce concept remporterait un tel succès » continue l’architecte de Primeval Symbiosis.

Le projet a aussi décroché une mention spéciale décernée par D3 Natural Systems International. Cette organisation d’artistes, d’architectes et de designers promeut l’innovation par l’utilisation de techniques et de solutions durables, basées sur le respect de l’environnement dans les trois domaines précités. L’abri de Konrad allie beauté et efficience, ce qui explique peut-être une partie de son succès.

Préservation de la forêt

Préservation de la forêt

Comme Idéfix, Konrad Wojcik n’aime pas qu’on arrache les arbres. Du coup, il a conçu son nid contemporain de telle sorte qu’il s’insère à la forêt sans avoir à déboiser. Posée sur un unique pilotis, cette habitation est plantée dans la terre comme un tronc. Son emprise au sol est donc très réduite. « La structure pèse moins de vingt tonnes et nécessite des fondations minimales. Elles se composent d’un socle en béton de quatre mètres de large enfoui à deux mètres sous terre, accompagné au besoin de micro-colonnes », se félicite l’architecte.

La silhouette en octaèdre, à huit faces, rappelle la forme de l’épicéa. Au premier étage, un renflement de la structure suggère les branches les plus larges. Puis l’habitation se rétrécit progressivement jusqu’au faîtage du toit, à la manière d’un conifère. Le chalet est construit à l’aide de matériaux recyclés – bois, papier ou zinc. « Nous avons choisi le bois, capable de supporter le poids et de résister au vent, pour la partie gros-œuvre et structure du bâtiment. L’avantage, c’est qu’on en trouve sur place dans la forêt » rappelle Konrad.

Une maison autonome

Une maison autonome

« J’ai étudié la nature pour trouver des solutions afin que mon unité soit en théorie autosuffisante. Je me suis particulièrement inspiré des arbres pour ce travail », explique l’architecte. Konrad a calqué le fonctionnement de son habitation sur celui du sapin. Comme le conifère, Primeval Symbiosis se sert des éléments – soleil, pluie et terre – pour créer son énergie. Ainsi, la partie de toiture couverte en zinc – comme les toits de Paris – est orientée vers le sud et accueille 40 m2 de panneaux solaires.

Pour le chauffage, l’architecte a imaginé que l’énergie soit directement puisée du sol. Le pied sur lequel s’appuie le chalet recueille la chaleur géothermique de la terre par l’intermédiaire d’une pompe. Du coup, l’insert du salon est utilisé comme simple chauffage d’appoint et ne sert qu’en cas de très grand froid. En outre, les déchets générés par les habitants du chalet sont transformés en gaz et réutilisés. Enfin, l’eau provient de la pluie, préalablement recueillie dans un réservoir de toit.

Intérieur écolo-design

Intérieur écolo-design

Comment se compose ce séduisant concept ? En fait, la partie « vie » – disposée sur quatre niveaux – propose 61 m² habitables avec tout le confort nécessaire. Petit bémol : comme les châteaux du moyen-âge construits sur des pics vertigineux, l’accès à Primeval Symbiosis s’avère sportif. En effet, on monte à bord à l’aide d’un escalier métallique amovible presque vertical, entre échelle de meunier et passerelle d’avion. Mieux vaut être alerte et en bonne santé. L’arrivée s’effectue par le vestiaire au premier niveau, perché à cinq mètres du sol. Suit « l’étage noble » qui regroupe salle de bains, séjour et cuisine-coin repas.

Un bureau est aménagé un palier plus haut, et enfin, à la cime de ce sapin habitable, on découvre la chambre comme suspendue dans les airs. Pour profiter de la nature environnante, tout un versant est constitué d’une très grande baie vitrée garantissant une excellente luminosité à l’intérieur. L’édifice mesure un peu moins de vingt mètres de haut, soit grosso-modo la hauteur d’un sapin. De l’intérieur, on jouit du spectacle de la canopée tout en profitant d’une vue dégagée aux étages élevés.

Désir d’avenir

Désir d’avenir

« Cette maison constitue la résidence secondaire idéale pour un couple écolo-responsable. Mais on peut aussi imaginer un groupe de chalets pour toute une famille ou encore un éco-hôtel pour bobos » explique Konrad. Quoi qu’il en soit, le concept plaît. Les commandes affluent et l’architecte a déjà un beau portefeuille de réservations avant même que le premier prototype du vert chalet n’ait été développé. « Malheureusement, je dois répondre pour l’instant qu’il ne s’agit encore que d’un concept » regrette ce dernier.

Pourtant, l’étudiant voudrait passer à l’étape suivante : la fabrication. « Je suis en contact avec des groupes qui semblent intéressés, mais cela prend du temps », affirme l’apprenti qui ne souhaite pas en dire plus pour le moment. Reste à espérer qu’un jour, au détour d’une route de montagne, on découvre un village constitué d’une centaine de Primeval Symbiosis fichés dans la forêt. Le spectacle serait assurément plus plaisant que celui des stations de ski HLM. 

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