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Ceci est (aussi) une voiture

Ceci est (aussi) une voiture

Par Claire Mabrut , le 13 juin 2015

Rouler, voler, flotter... ou les trois en même temps. Dans un monde en perpétuel mouvement, la mobilité fait rêver tous les designers. Liés par essence, design et automobile n’en finissent plus de repousser les limites de la créativité.

S’acoquiner avec des designers habitués à imaginer tout sauf des autos est devenu, pour les constructeurs, bien plus qu’une marotte en forme de coup de com’. Les créateurs de mode ont été conviés à renouveler et colorer certains intérieurs, des nez ont eu pour mission de réinventer la sacro-sainte odeur de neuf de l’habitacle (Mercedes-Benz a élaboré une véritable collection olfactive pour sa Classe S), voire de la rendre utile pour le bien-être du conducteur et de ses passagers (le centre de R & D de PSA s’est carrément plongé dans l’aromathérapie). Sans parler de marques qui ont, depuis longtemps, intégré à leur stratégie des studios de design chargés de concevoir autre chose que des engins roulants : Porsche et BMW ont carrément racheté des agences externes qui planchent autant sur des cuisines que des fauteuils de dentiste, et Peugeot a créé son propre « design lab » dont le premier coup d’éclat fut de réinventer un piano pour la maison Pleyel. L’autre exercice de style consiste à proposer à des designers, plasticiens et autres artistes de main de rêver l’avenir de l’auto et, plus généralement, son univers.

Le dernier Salon du meuble de Milan a d’ailleurs accueilli plusieurs constructeurs invités à livrer ainsi leur vision hybride. Lexus a imaginé un genre d’« aire de jeu pour adultes », invitant les visiteurs à expérimenter le « cycle de la vie », sous la houlette du designer Philippe Nigro. Mazda a exploré les liens entre art et automobile, tandis que Ford dégainait une série d’objets du quotidien tels une guitare, une lampe, une borne wi-fi, dessinés par ses équipes internes de design. Chez BMW et Mini enfin, on a fait appel à deux designers totalement vierges de toute expérience d’objets à quatre roues : Alfredo Häberli pour le premier et Jaime Hayon pour le second. Leur mission : imaginer le futur de la mobilité et la mobilité du futur. Pour le projet Urban Perspectives, l’Espagnol Jaime Hayon a repris le concept du scooter électrique Citysurfer dévoilé par Mini en novembre dernier, paré pour l’occasion de cuivre, métal et cuir, et glissant dans une néo-jungle urbaine, genre de Metropolis où les rues seraient en marbre et céramique.

Une voiture ? Un bateau ? Un avion ? À partir d’un brief qui tenait en deux mots – poésie et précision –, l’Helvético-Argentin Alfredo Häberli est allé encore plus loin en imaginant Spheres, merveille de fluidité et de légèreté qui respire le luxe et la grâce. Une vision qui, bien qu’abstraite, fait dire à Adrian van Hooydonk, senior vice-président du design chez BMW, que cette collaboration est sans doute la plus étroite que la marque ait eu avec un designer pour concevoir un véhicule. « En parlant avec l’équipe de BMW et notamment Karim Habib (patron du design – ndlr) et Adrian van Hooydonk, j’ai réalisé à quel point ces deux simples mots, “précision” et “poésie”, régissent depuis toujours mon travail », explique Alfredo Häberli. « Et surtout, j’ai toujours rêvé de dessiner une voiture. Dès lors, tout s’est mis en place rapidement : j’ai noirci de croquis des cahiers et des cahiers pour aboutir naturellement à cet objet. » Six mois plus tard naissait donc Spheres. « C’est ma réponse à la mobilité du futur et au luxe. Mais je ne voulais pas la donner seulement à travers un véhicule, je voulais créer tout le contexte qui allait autour. Voilà pourquoi ce projet ne devait être ni une voiture, ni un bateau, ni un avion, mais un peu de tout cela dans une forme totalement nouvelle. »

Un nez allongé qu’on imagine inspiré d’un jet ou d’un speedboat (mais pourrait rappeler aussi les longs capots des Z3 ou Z4 de BMW), des lignes minimalistes qui semblent n’en former qu’une seule, douce sans être totalement ronde, l’ovni a de quoi surprendre. Et séduire. « Un bon design doit parler et donner des émotions. Au vu de l’état de notre monde, je pense que nous avons de plus en plus besoin de sensibilité, d’éprouver notre sens du toucher et du tactile. C’est ce que j’essaie d’intégrer dans tous mes projets » reprend Alfredo Häberli. « J’aime l’âme qui se dégage du travail d’Alfredo », confiait Karim Habib au magazine Designboom peu avant la présentation de Spheres. « Il parle souvent de “food for art” et je suis totalement d’accord, car c’est exactement pour cette raison, cette envie de “nourrir”, que nous faisons du design. » C’est un doux rêve mais, si d’aventure, il devait devenir réalité, on n’hésiterait pas à signer le bon de commande de cette merveille.

www.alfredo-haeberli.com

 

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