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In’Bô, l'avenir du bois

In’Bô, l'avenir du bois

Par Manuelle Calmat , le 08 janvier 2016

En patois vosgien, « forêt » se dit in’bô. C’est le nom qu’ont choisi de donner cinq jeunes passionnés à leur entreprise qui remet au goût du jour le travail du bois dans les sports outdoor.

Qui ? Quentin, Robin, Pierre-Thomas, Aurèle et Antoine se sont rencontrés sur les bancs de l’école INSTIB (Institut Supérieur des Sciences et Techniques du Bois), à Épinal dans les Vosges. Au bout de trois ans, voyant l’échéance du diplôme arriver et sentant poindre l’angoisse de se retrouver devant un écran en open space, vissés à une chaise, ils cherchent un moyen d’échapper à la routine. Ces Picard, Savoyard, Parisien, Normand et Rochelais font le grand saut de l’entrepreneuriat et montent In’Bô, une petite entreprise qui défie la crise, avec la passion chevillée au corps et l’énergie insolente de la vingtaine.

Où ? Au cœur des Vosges, dans le village des Voivres en Lorraine, précisément. Le maire du village a mis en place une couveuse d’entreprises pour redynamiser le secteur du bois et faire de cette zone un pôle d’excellence rurale. Il met à disposition un local de 350 m2 et accorde une bourse de 500 € par mois à chacun de ces ingénieurs-artisans en attendant qu’ils puissent se dégager un salaire.

Le déclic. Au moment de quitter leur école il y a deux ans, ces cinq garçons dans le bois jusqu’au cou offrent à leur promotion, comme le veut la tradition, un cadeau de fin d’études qui ne doit pas excéder plus de 10 €. Au lieu du sempiternel cadre photo, ils relèvent le défi de fabriquer 200 paires de lunettes de soleil. Leurs camarades sont bluffés, les profs intrigués. Pourquoi ne pas tenter de créer une structure pour vendre ce modèle et d’autres produits tout droit sortis de leur imagination ? L’idée d’In’Bô vient de germer.

Le défi ? Parvenir à faire travailler des amis, devenus associés et même colocataires, en maintenant le dialogue, la fluidité et la cohésion. Un exploit ! Une fois par mois, ils s’accordent un temps de discussion pendant lequel chacun peut vider son sac et désamorcer d’éventuelles tensions. Les décisions restent collégiales, même si chacun s’occupe d’un produit, du design à la conception, la fabrication et la diffusion. Six modèles de lunettes (26 gr et 170 € en moyenne), trois modèles de vélos sur mesure (entre 5 000 et 10 000 €) et cinq modèles de skateboards (de 150 et 335 €) constituent leur catalogue.

Made in France. Made in Vosges, même, tant In’Bô est implanté localement. Bambou, hêtre, noyer, érable, chêne, alisier, tous ces matériaux proviennent des forêts alentours. Fournisseurs, entreprises de tranchage, de déroulage ou tannerie sont à moins d’une heure en voiture du village des Voivres. La greffe prend et il ne se passe pas un jour sans qu’un habitant du village et de ses environs vienne visiter la manufacture et découvrir leur activité. Les mentalités sont en train de changer et l’on entend de moins en moins de gens dire que le bois gonfle, casse ou se fend.

Dernier exploit. Cet été, In’Bô a équipé de trois vélos une expédition dans les montagnes du Pamir, à l’est du Tadjikistan. 2 500 km parcourus en plein soleil, avec des dénivelés, mais sans la moindre casse. Un succès pour la marque et l’occasion de mettre en avant les propriétés mécaniques et techniques du bambou et sa capacité à absorber les vibrations et dissiper les chocs. L’an dernier, Thibaud Lhenry était sacré champion du monde de fixie avec un de leurs vélos.

Les objectifs. Multiplier par trois la production de lunettes et par deux celle des skates, ainsi que de passer de quarante points de vente à une centaine sur toute la France. Ainsi, ils pourront se dégager cinq salaires et céder la place à de nouveaux talents dans la couveuse d’entreprises Terre de Hêtre. D’autres rêves d’étudiant qui deviendront réalité.

Lunettes, 170 € en moyenne. Vélo sur mesure, entre 5 000 et 10 000 €.
Skateboard, entre 150 et 300 €.
www.inbo.fr

 

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