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Renault Sport F1 : « La simplicité est souvent le secret d’une voiture réussie »

Renault Sport F1 : « La simplicité est souvent le secret d’une voiture réussie »

Par Julie-Anne Amiard , le 31 mai 2016

Pour son retour en Formule 1, Renault a choisi le jaune et le noir pour sa livrée 2016. Un choix loin d’être anodin. Cyril Abiteboul, directeur général de Renault Sport Racing et Christian Clogger, directeur du design Renault Sport Formula One nous prouvent qu’en F1, le sport est incontestablement lié au style.

La RS16 affiche les couleurs identitaires de la marque et se révèle être la digne héritière de la mythique RS01, première monoplace conçue par l’écurie en 1977. Parlez-nous de son design, de la réflexion à l'aboutissement de la livrée finale.
Cyril Abiteboul : Concilier le sport et le style en Formule 1 n’est pas si simple que ça. Si je peux être tout à fait sincère, les voitures de F1 ne sont pas très belles, ce sont des monoplaces un peu étranges. Il fallait que l’expression visuelle soit forte, qu’elle dégage une forme de cohérence et d’harmonie. On a décidé en décembre de revenir en F1, rapidement il a fallu être prêts pour le premier Grand Prix à Melbourne en Australie au mois de mars. Le nombre de challenges logistiques relevé a été extraordinaire.

Christian Clogger : En matière de design, il faut savoir se projeter, modifier, s’adapter. Globalement, tout ce process est né d’un projet phénoménal qu’il fallait faire évoluer, gérer, en gardant à l’esprit que la deadline, elle, ne peut pas être repoussée. Nous avons dû être réactifs et flexibles, capables de contrôler plusieurs projets à la fois. La voiture est évidemment un élément déterminant mais pas seulement, du garage jusqu’aux combinaisons des pilotes en passant par les outils de communication et de marketing, tout devait être gérer.

En tant que designer, mon objectif ultime est évidemment de présenter une livrée finale susceptible de devenir iconique, d’un point de vue plus réaliste, l’objectif était de faire en sorte que la voiture prenne sa place dans l’univers Renault le plus naturellement possible. Au-delà de notre envie de créer un objet unique et mémorable, la réalité est plus pragmatique. 

La RS16 a pas mal évolué du reveal à la livrée finale, qu’est-ce qu’elle raconte cette voiture ?
Cyril Abiteboul : On a eu deux temps forts en matière de livrée, une noire au tout début, pour affirmer notre retour en F1, présenter rapidement une voiture pour les premiers essais en février et mars puis la livrée définitive, identitaire. Le message essentiel que l’on a souhaité faire passer, le « statement » comme on dirait en anglais, c’était « Renault est de retour. Renault c’est jaune, la voiture est jaune », c’est aussi simple que ça.

La Formule 1 est un environnement visuel très compliqué, les voitures roulent vite, l’environnement est très coloré, très personnifié, les voitures, les équipes ont historiquement leurs codes couleurs - Ferrari rouge, McLaren, Mercedes gris - on est souvent dans des tonalités très sombres, en plus les voitures de loin et en particulier sur du tarmac chaud et à la télévision deviennent encore plus sombres, il fallait prendre tout cela en compte. Les différents protos auxquels vous faites références sont autant de tests effectués pour obtenir un rendu en adéquation avec le message à véhiculer. Notre retour est une certaine forme d’audace, on ne cherchait pas à se cacher au contraire, il fallait qu’on soit très visible et en même temps très différenciant par rapport aux autres écuries.

Exit le gris ou le noir, notre challenge à nous était de faire un jaune premium, on a joué avec cette phrase un peu convenue qui était « Yellow is the new Gold », un petit côté bling bling qu’on trouve bien traité, qui fonctionne à la télé et sous les lumières qu’elles soient artificielles et naturelles. 

Christian Clogger : En ce qui concerne le nombre de prototypes, les équipes d’Enstone et celles de Renault Design Paris ont travaillé en synergie et proposé une bonne cinquantaine de protos avant de présenter la livrée finale. Il fallait aussi prendre en considération les sponsors. Parfois, l’image du sponsor peut aller jusqu’à modifier le design général de la voiture et du team. L’objectif est de proposer la visibilité la plus pertinente possible tout en gardant la cohérence esthétique de la voiture. Globalement, la simplicité est souvent le « secret » d’une voiture réussie. Il ne fallait pas compliquer le message que nous souhaitions véhiculer cette saison. La saison prochaine sera sans doute totalement différente. 

Après le sport, le style, abordons les combinaisons des pilotes. Sur ces dernières, mêmes questions, comment abordez-vous le stylisme de la tenue entre sécurité, praticité et esthétisme ?
Cyril Abiteboul : La combinaison des pilotes est quelque chose d’important sachant qu’il y a un tout petit nombre de fournisseurs qui sont homologués par la FIA pour donner des tenues qui ont le bon niveau de sécurité, ignifugés comme il faut, etc. Pour le stylisme, on s’est inspirés du film « Tron » et des lignes très pures, très marquées. On est partis d’abord sur quelque chose de très noir en rapport avec la voiture, et puis on est allés sur quelque chose de très jaune mais là ça ne marchait plus ! Le pilote jaune, dans une voiture jaune, dans un garage jaune, comme on dit « trop de jaune, tue le jaune ! » On est revenu sur un mélange de noir et de jaune qui, à mon avis, est bien équilibré. 

Christian Clogger : Nous avons étroitement travaillé avec le team Alpinestar pour créer les combinaisons. La fonction première d’une combi est la sécurité, nous sommes restreins dans le choix des matériaux mais du moment où notre vision du design ne compromet pas la sécurité, nous sommes assez libres dans nos idées. Quant aux pilotes, ils veulent des combinaisons légères et pas trop chaudes. Nous écoutons les choix de chacun.
 

Retour en images sur les F1 Renault Sport et les combinaisons des pilotes, de 1977 à 2010 puis 2016 dans le diaporama ci-dessous.


 

 

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