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Milan dans les starting-blocks

Milan dans les starting-blocks

Par Nadia Hamam , le 19 mars 2015

La capitale économique italienne, qui accueillera à partir de mai l’Exposition Universelle 2015, n’a pas de temps à perdre avec les clichés. Design, culture, mode ou sport, une seule attitude : l’urgence de la performance.

Ne lui parlez pas de dolce vita. Ce mythe qui habille la paresse des autres – Rome, Naples et tutti – ne fait illusion que sur les touristes étrangers. La capitale mondiale de la mode (avec Paris bien sûr) et du design a gagné ses galons à la sueur de son front. Stimulée par le traumatisme de l’après-guerre – le fascisme a laissé des traces dans l’architecture de la ville –, Milan a su tirer le meilleur de son réseau d’artisans et de petites industries pour innover. Alessi, Cassina, Cappellini... la cité lombarde concentre les industries créatives du pays, mais aussi ses médias. Crise ou pas, il en va ici du business comme du sport. Baissez la garde une semaine et vous êtes dépassé. Les muscles fondent, laissant le champ libre à la nonchalance. Pas d’État-providence en Italie, pas de parachute social pour les créateurs milanais. Il faut percer et s’imposer, vite, avec une philosophie fidèle au futurisme, ce mouvement littéraire et artistique du début du XXe siècle qui exalte les machines et la vitesse. Si Milan est dans les starting-blocks pour son Expo Universelle (20 millions de visiteurs attendus de mai à octobre 2015), elle joue déjà le coup d’après : transformer l’essai pour faire aboutir des projets architecturaux ambitieux – Zaha Hadid, Arata Isozaki et Daniel Libeskind – mais en souffrance avec des budgets et des délais dépassés. La ville transalpine a beau convoquer son héritage autrichien et un discours volontaire un brin anglo-saxon, elle n’en reste pas moins italienne, bien obligée de sacrifier au chaos vital et verbal qui la travaille pour faire avancer son réel. Un destin auquel elle se résigne les yeux fermés.
 

BIKE ME CITY
Milan est une ville pro vélo. Bikemi – sa version du Vélib’ – a été lancée il y a plus de trente ans. Ses messagers à vélo, avec leur sac à dos jaune, la traversent en moins de quinze minutes. Et la ville est interdite aux voitures une fois par mois. Cheval de bataille de la communauté bike : la rénovation du mythique vélodrome Vigorelli, considéré comme la Scala du cycling.

La boutique ? Velociclista, où Daniele, Diego et Fabricio diffusent les petites séries faites main de marques italiennes comme Dodici ou Formigli et les accessoires rétro qui vont avec (gants Veeka en coton tricoté et cuir). Ils organisent des courses (Red Hook Criterium Milan) et des événements militants.
www.velociclista.it

Le resto ? Upcycle, café concept design rendant hommage au monde du vélo, imaginé par des cyclistes passionnés rassemblés en association. Il propose une cuisine bio scandinave autour de tables d’hôtes XXL, devant un « vélo du mois » d’exception, des happenings ou des retransmissions de championnats. On aime le livre de recettes liées à des légendes du milieu, Dalla padella alla bici. www.upcyclecafe.it

L’ultime snobisme. Les vélos haute couture de 43 Milano, en édition sur mesure ou limitée. Croco, autruche, daim, tout est dans le détail. www.43cycles.com

L’itinéraire culte. Partir du quartier montant Navigli, longer ses canaux jusqu’à la proche banlieue. Une voie cycliste périphérique relie ensuite parcs et sites historiques. Au retour,
aperitivo (10 euros, avec buffet à volonté) dans l’une des trattorias de la Darsena.

 

NAGE STYLEE
C’est leur petit côté romain : les Milanais adorent la piscine, et la ville le leur rend bien avec pas moins de 26 bassins gérés par Milanosport, l’organe municipal dédié au sport. Hérités de la vision totale du Duce (Mussolini), trois hauts lieux de la natation invitent à l’art du mouvement codifié dans une architecture fascisante et fascinante. Monument de la natation milanaise, la piscine couverte Cozzi a été rénovée en 2008. Extérieur fasciste, intérieur soviétique, elle a été dessinée par Luigi Secchi en 1934, sur ordre du Duce, en hommage à Roberto Cozzi, un héros mort lors de la Première Guerre mondiale. Conçue dans le respect des anciennes mesures olympiques (33 mètres de longueur), elle a un jumeau à Rome (le Foro Italico) et possède des bancs en marbre chauffés. Sur le même modèle esthétique et signées par le même architecte, la piscine Lodi qui reprend les lignes de la Cozzi en petit format et la piscine extérieure Romano qui, au contraire, fait 100 mètres de long. Ouverte uniquement en été, elle est située près d’une rue truffée de bars. La rigueur des lignes de Secchi a inspiré les plus grands palaces. Résultat, d’Armani à Bulgari, rares sont les villes internationales dont les hôtels soignent autant leurs bassins. La piscine la plus chic de la ville reste celle du club très privé Aspria Harbour, avec ses dimensions olympiques et des gradins en conséquence. C’est le Roland-Garros aquatique de la ville. Il faut réserver ses places très tôt pour les championnats d’envergure. www.milanosport.it

 

GLISSE UNDERGROUND
« Nous haïssons la compétition, nous revendiquons le droit de faire les choses avec flemme et flegme. » Damned ! Le discours des rebelles milanais relève du blasphème, qu’ils surfent sur les vagues de la mer en Ligurie – 90 minutes en voiture – ou sur le bitume. Bon gré mal gré, la ville s’ouvre aux exigences créatives des jeunes lombards via le projet urbain Skatable City. Le collectif de la marque Bastard (voir plus bas) travaille avec les urbanistes pour déployer un parcours de structures de skate près de stations de métro stratégiques. Chacune développera une forme unique, designée pour des figures particulières, histoire de faire bouger les Milanais aux quatre coins de la cité.

Le lieu ? Derrière sa boutique prise d’assaut par les ragazzi nouvelle vague, le siège de la marque milanaise de skate wear Bastard cache un miracle d’architecture. Dans un ancien théâtre et cinéma, le collectif mené par Claudio Bernardini a installé des bureaux de design où sont dessinées les planches mais aussi les collections capsules de prêt-à-porter. En face, coiffant l’entrepôt de stockage, une gigantesque rampe de glisse. La structure permet de réaliser des figures particulières, dans une matière mise au point pour « skateurs très vieux ». La sagesse vient à qui sait attendre ?

La collection à suivre en 2015 ? Bastard Bali, élaborée avec un styliste skateur balinais de passage au studio. Motifs indonésiens et finitions haute couture – fabrication à Bali dans les mêmes ateliers que Prada. http://store.bastard.it


MON CLUB SINON RIEN
Basketball, tennis, golf... les Milanais raffolent des cercles d’initiés où ils peuvent entretenir leur réseau pro en toute spontanéité. Règle d’or d’un B to B réussi : cultiver son image, de la mèche à l’ourlet.

Le club huppé ? Aspria Harbour et ses 70 000 m2, club de happy few fréquenté par Victoria Beckam quand son David déployait son jeu virtuose au stade San Siro voisin. Vingt courts de tennis, un practice de golf, une crèche, des équipements de fitness et cours associés ultra pointus (Fast & Furious, Cardiolates Rebounder, Aquagym Fatkillet, Warrior Insanity Training, etc). Les mille entreprises les plus performantes de la ville y ont leurs accords privilégiés. Mention spéciale pour le spa avec piscine jacuzzi chauffée suspendue en extérieur, Rhassoul Room avec douche salée, transats design en mosaïque chauffés et autres délices prisés.

www.aspria.com/en/clubs/aspria-harbour-club-milan

Le resto qui casse les codes ? Carlo e Camilla, alliance subjective de Carlo Cracco, chef étoilé superstar de Milan, et de Tanja Salci, directrice artistique. Le nouveau lieu milanais qui compte invite les rich & famous à dîner au coude à coude dans la scierie familiale à l’architecture industrielle de Tanja. D’abord choqués, vite séduits. Un mois de liste d’attente.
www.carloecamillainsegheria.it

 

WEEK-END ATTITUDE
Les Milanais bon teint s’adonnent à leurs très rituelles passions sportives les samedis et dimanches. Jogging dans le parc Sempione, courses à l’hippodrome San Siro ou, pour les plus aisés, virées dans les bourgades chic alentour.

Escapades sophistiquées. En hiver, cap sur les stations alpines, à deux heures de route (Ghiacciaio del Diavolezza, Courmayeur, mais aussi Gstaad et Saint-Moritz). Aux beaux jours, les belles cylindrées prennent la route de Monza (à 35 kilomètres), ville huppée où le golf et l’autodrome se disputent la vedette.

Archi golf in the city. Petite révolution dans le monde du green milanais, le premier practice en plein centre-ville (école de Nicola Zappa) vient d’ouvrir dans le complexe résidentiel CityLife. Ce projet renouvelle une architecture milanaise jusque-là austère en confrontant les signatures des architectes stars Zaha Hadid, Arata Isozaki et Daniel Libeskind au cœur d’un projet titanesque dans le secteur de l’ancienne Fiera.

www.monzanet.it, www.city-life.it

 

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