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Sea, kite and sun

Sea, kite and sun

Par Nadia Hamam , le 25 juin 2015

Oubliez les trop courus Jericoacoara, Natal et autres Pipa. Un seul spot cet été pour respirer le Nordeste brésilien dans toute sa vérité : Pontal do Maceió. Kitesurf au top, plages intactes... Les dieux des vagues et du vent sont ici bienveillants.

Les Français ont bon goût, c’est bien connu. Dernière pépite dénichée par nos compatriotes : Pontal do Maceió, un village de pêcheurs dans son jus. À 130 kilomètres au sud de Fortaleza, capitale de l’État du Ceará, ce bourg tout simple bénéficie d’un emplacement inespéré. Entre dunes et océan, il ouvre sur une côte sauvage et douce où, d’une marée à l’autre, les baïnes – imaginez de minuscules lagons mais sans récif corallien – se traversent en radeau. Ici, les plages s’offrent intactes, sans fin, ourlées de falaises rougeoyantes. Trait d’union entre océan et mato – synonyme de brousse –, un delta comme on en rêve au cinéma. Celui du fleuve Jaguaribe, nom indien signifiant la rivière des jaguars. Sublime et aventureux. Une végétation luxuriante, une embouchure riche de canaux et de mangroves, aux rives bordées de maisons de millionnaires. À la fois désertique, tropical et intensément atlantique, le monde équatorial signé Pontal do Maceió a fait chavirer un entrepreneur parisien qui y ancre depuis quelques années sa vision d’un luxe dépouillé de tout artifice et ouvert aux éléments. Résultat, à deux pas du claquement des voiles des jangadas – les bateaux de pêche locaux –, deux hôtels sophistiqués juste comme il faut : la Vila Selvagem et Pausa. Deux camps de base depuis lesquels on part explorer un univers où les forces de la nature vous embarquent dans un corps à corps tonique avec soleil, vagues et vent. L’un des meilleurs climats du monde, certifié par la NASA. Écran total de rigueur.


Ceara, terre de kitesurf

Apparu dans les années 80, le kitesurf est, dit-on, un sport 100 % made in France. Placé sous le double signe du surf hawaïen et de la planche à voile californienne, dont on raconte qu’elle-même tient beaucoup de la jangada, le bateau de pêche du coin. Mais ce sport d’eau et d’air aurait pu naître dans le Nordeste brésilien. Par la grâce d’alizés puissants et réguliers qui règnent tout le long de la côte en moyenne huit mois sur douze. Un rêve pour ce sport de glisse particulièrement technique et moins en force qu’il n’y paraît. Donc ouvert à tous les gabarits. La plage principale est constituée de longs bancs de sable à faible profondeur d’eau permettant aux débutants d’apprendre à sortir de l’eau, première étape majeure. Même si, à 28 °C, on en profiterait bien un peu plus longtemps. Pour les plus chevronnés, le spot de Pontal do Maceió reste un must. Par sa géographie, l’endroit offre une diversité idyllique d’aires de pratique, des ultra flats aux bonnes vagues, du run de vitesse pure au surf total. Les kiteurs confirmés y trouveront des plans d’eau lisses comme le plat de la main et, plus au large, des vagues pour des « off the lip » radicaux et autres sauts qui font oublier la terre ferme.

Situé à l’embouchure du fleuve Jaguaribe et à quelques 1 500 m de l’embarcadère, le spot du rio (fleuve) est praticable aux heures de marée basse. Un écosystème rêvé pour le kite. Plan d’eau immense, surface plate et peu profonde, vents constants et réguliers. Idéal pour les débutants. Pour les pros, l’embouchure du fleuve à Canto da Barra est l’un des meilleurs spot du Brésil. Record de vitesse assuré.

De nombreux spots plus ou moins connus peuvent être visités en down-wind ou/et en buggy. Les down-winds sont de distances (entre 2 et 50 km) et de difficultés différentes. D’où la richesse et la variété des paysages plus somptueux les uns que les autres. Le plus ? Après les sessions matinales côté fleuve, David, de l’école Caval’kite (environ 55 € l’heure de cours particulier, stages et location de l’équipement possibles sur place), improvise une grillade de petites brochettes en guise de lunch. Après l’effort...
 

Chevauchées fantastiques

C’est l’autre versant de Caval’Kite. Cavaliers en herbe ou chevronnés, chevauchez la pampa du Ceará en compagnie de Mathilde, monitrice diplômée de l’État français. Les sportifs tenteront la randonnée à la journée qui les mènera du cœur du village de Pontal do Maceió jusqu’aux rives du fleuve Jaguaribe. Après la pause déjeuner, retour par les vastes plages. Temps fort : les ruelles ensablées de Kokaya, quartier du village le plus authentique, avec les pêcheurs qui ramendent leurs filets et les femmes courbées sur leur broderie, à l’ombre des nius et autres arbres endémiques. Les acharnés choisiront la formule qui tue, à savoir un mix de balade à cheval, en buggy et en kitesurf jusqu’au rio de Pirangi, avec initiation à la pêche locale et dégustation de fruits de mer.

Si vous n’êtes pas trop gringo spirit, vous réussirez peut-être à vous faire inviter à une session de « pegada de buoy », le rodéo local. Les dimanches, après un déjeuner familial bien arrosé, les gars revêtent leurs tenues de cuir et tentent d’attraper un taureau entre les ronces. Un festival de cris et d’onomatopées.
 

Mots sésames : par la grâce de l’esprit du mato (forêt), vous complèterez votre dico brésilien en toute facilité.  En sus de obrigado et por favor, vous assimilerez aussi instantanément que la caipirinha absorbe la cachaça les mots sitio (petit terrain), catinga (brousse locale), cangaceiros (héros bandits de grand chemin, parfois justiciers, qui hantent la catinga du Sertão.)


 

Moments plage

Activité culte : la contemplation. Les départs des jangadas puis leur arrivée, avec la criée rituelle du retour de pêche autour de chaque bateau. Les bancs de sable et lagunes qui se font et se défont au rythme des marées, dans des camaïeux changeants d’or et d’opale. Le trot nonchalant ou le galop des chevaux en liberté. Les parties de foot improvisées au ras de l’eau ou dans un champ ensablé. La pêche aux coquillages (coques et petits crabes).
 

Top attitude : cette joie naturellement brésilienne qui nous fait tant défaut en Europe. Ici, les bourrelets et les fautes de goût n’existent pas. Le génie repose dans votre propension à saisir l’instant. Le vent, doux, chaud et insistant vous lave de vos crispations et de vos obsessions. C’est vite fluide, parfait, voire éternel (attention tout de même au côté céleste, les évangélistes ne sont pas loin).
 

Les cantines : à la Barraca Canto Verde, tenue par le doux et discret Dédé et sa sympathique famille, on mange littéralement les pieds dans le sable. À la Barraca de Peninha, au contraire, on est perché sur une terrasse sur pilotis. Deux spots, deux points de vue uniques sur la plage de Ponta Grossa. Demandez votre poisson « mal passado » (pas trop cuit) et votre caipirinha « fraca » (pas trop tassée)... il n’est que midi.
 

Mot sésame : belleza. Les Brésiliens, toutes catégories confondues, utilisent ce mot pour exprimer un sentiment d’harmonie profond.


 

Virée en Buggy

La tenue : lunettes de soleil ultra recouvrantes, T-shirt à manches longues – en lin, exclusivement – et foulard que vous remonterez sur le nez, à la lisière des yeux, dès que les dunes tenteront de vous avaler dans leur fièvre ensablée. 
 

Avec qui ? Bolota, meilleur conducteur du coin, bagou compris. Un Charles Bronson pur jus. Mèche impeccable, muscles bandés, vous aussi rêverez de lui ressembler à 50 ans passés. Du genre à écumer la région les yeux fermés. Et à savoir jouer sur votre palpitant comme sur du velours. Qu’on se le dise : vous prierez parfois pour retrouver intact votre paradis pontalien du soir.
 

Itinéraire : la côte du Sol Nascente (soleil levant), qui va du fleuve Pirangi, près de Parajuru, jusqu’à Ponta Grossa, Redonda et Icapui. Départ en douceur vers le phare militaire rouge de Pontal, au-delà duquel s’ouvre l’embouchure du fleuve avec, sur la rive opposée, un désert de dunes. Le buggy embarque sur un bac de fortune par la grâce – à ne pas rater – de deux planches en bois. Après la traversée des courants, c’est l’accostage tout aussi périlleux. Puis c’est parti pour un rodéo dans les dunes, au gré des montées glissantes et des à-pics inattendus. Arrêts à l’impressionnant pic de sable du esquibunda et à la pittoresque oasis de Zé. Grand seigneur, Bolota vous laissera le choix de descendre l’équivalent d’une piste noire avec votre bolide de métal ou, grâce à une tyrolienne, de survoler la canopée géante pour finir au cœur d’un lagon d’eau douce. Besoin d’un peu de calme ? Ça tombe bien, voici Canoa Quebrada, petite ville hippie, reggae et forro compris. Une adresse culte ? Le Lazy Days, à l’abri des falaises. Dans les airs, les parapentes enchaînent les baptêmes. Un ballet jubilatoire, pour les bienheureux planants comme pour les spectateurs. Pasteis de camaron (beignets de crevettes), une bière ou une caipirinha, puis c’est reparti pour deux heures de buggy. Direction la ville d’Icapui via la plage. Si vous partez à plusieurs buggys, prenez le volant de l’un d’eux et défiez Bolota sur cette drôle d’autoroute de sable. Au rayon émotion, les célèbres falaises rougeoyantes qui bordent ce rivage-ci du Ceará, une impression visuelle troublante. Entre fission d’atome et cratère en éruption. Et tout ça, le visage (ou ce qui en est exposé) fouetté par une tempête que les vieux sahariens reconnaîtraient comme la leur. Ne lâchez pas la ligne d’horizon.


Après avoir cramé en deux heures l’équivalent de deux ans d’adrénaline, vous êtes trop heureux d’atteindre la plage de Redonda. Nom de code : « lagosta », pour langouste. Les pêcheurs, ici, ne respectent pas à la lettre les quotas de pêche de ladite espèce – ça reste entre nous. Notre adresse préférée : la Barraca de Carlinhos. En haut du village, la vue panoramique est à couper le souffle. Pause méditation obligatoire. Pour les béotiens, asseyez-vous en tailleur, posez vos mains sur vos genoux, fermez les yeux et prenez l’air serein. De retour dans le buggy, les têtes brûlées poursuivront l’aventure vers Tibaú, à la frontière avec l’État du Rio Grande do Norte. Mais la journée n’est pas finie. Vous pouvez compter sur Bolota pour vous ramener tout schuss à Pontal. Si, si, il sait aussi faire.
 

Mot sésame : ótimo. Traduction : ultime au sens propre, trop l’éclate au figuré.

 

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