X
En poursuivant votre navigation sur Sport&Style.fr, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et des publicités ciblées en fonction de vos centres d'intérêts, pour mesurer la fréquentation de notre site, et vous permettre de partager vos lectures sur les réseaux sociaux. Pour en savoir plus ou paramétrer les cookies, rendez-vous sur cette page. En savoir plus.
On a marché sur la terre rouge

On a marché sur la terre rouge

Par David Batty , le 24 mai 2016

Lorsque le cœur de l’Australie vibre au rythme des chants du monde, c’est à Uluru, Kata Tjuta et Kings Canyon qu’il faut aller se confronter à la réalité. Une réalité où les mythes avalent l’histoire et où l’histoire secoue les certitudes. Reprendre contact avec le sol qui nous nourrit et repartir à l’aventure est à coup sûr le plus beau des voyages.

Il y a parfois ce fossé entre ce que l’on croit et ce qui est. Un rapport d’échelle mentale entre la réalité et le fantasme. Ici, au bout du monde, à Uluru, le compte est bon. L’expérience est extraordinaire. Surtout lorsque la réalité se calque au millimètre près sur les contours du rêve. Celui de marcher par exemple sur ce sol austral, caillou géant perdu au cœur des solitudes. Et de comprendre bien plus encore ce qui fait le corps et l’esprit de cette terre qui évoque et provoque ; ces sensations qui ancrent dans le sol et plongent dans le ciel, celles qui jouent avec l’intime. Le lien entre nous, humbles mortels, et cette terre, en infatigable mouvement.

Rejoindre le centre du pays est un peu comme traverser l’Europe, 3 h 30 pour passer de Sydney aux plaines rouges et désertiques du Centre Rouge. En vol, le sol rubis paraît marqué de pas de géants et veiné de lignes de la main racontant, pour ceux qui savent la lire, l’histoire d’un pays superposant les couches des contes et mythologies. Un serpent arc-en-ciel se mouvant dans l’air aurait construit cet univers. Le temps du rêve pendant lequel le monde spirituel aurait donné naissance à un autre, tout autre, plus matériel, beaucoup plus matériel.

3h30, c’est donc le temps minimum nécessaire pour oublier les charmes indolents de Sydney et se plonger dans la rudesse du cœur du monde. Uluru est là, manifestant sa force et son courage, narguant aussi bien le monde des géants peuplant la mythologie aborigène que celui des nouveaux conquérants s’appropriant la terre de ses ancêtres. Uluru est un souvenir. Celui de ces montagnes plus grandes que l’Himalaya érodées par le va-et-vient d’océans millénaires laissant sur la grève du temps quelques traces et autres poussières d’aujourd’hui.

Et aujourd’hui justement, les marqueurs temporels ont un nom : Uluru, Kata Tjuta et Kings Canyon. Leur cou- leur rouge est celle de l’oxyde de fer. Sous la terre, du jaune, du bleu, du violet, du gris. Les couleurs du monde. Celui d’un univers peuplé d’histoires où les aborigènes auraient atteint les côtes du pays il y a 60 000 ans en provenance de Papouasie et Nouvelle-Guinée, puis il y a 22 000 ans le Centre Rouge.

Sur le flanc des rochers, les mythes fondateurs ont toujours pignon sur rue, laissant apparaître à l’œil du visiteur – mais jamais du photographe car leur prise de vue est interdite – l’histoire d’un peuple bercé par des milliers d’années de solitude salutaire dont le mode de vie est resté inchangé jusqu’à l’arrivée des fermiers. Nomades, chasseurs et cueilleurs, ils ont conté leur univers à coup de dessins gravés sur les joues des caves et d’histoires chantées transmises de générations en générations. On y entend parler de Lungkata le lézard à langue bleu qui, en tombant de la montagne, pris au piège par les oiseaux à clochette pan-pan-pal-al-a, aurait laissé des lambeaux de peau sur la roche ; de Itjari Jari la femme-taupe qui aurait creusé les abris, les trous, et planté les arbres autour du rocher, ou encore de Kunya, la femme-python. Des histoires comme autant de voies d’accès pour s’imprégner et comprendre ces lieux autrement. Et lorsque la réalité dépasse la fiction, le voyage se transforme en extase. Tout simplement. Magnifiquement.
 

Carnet de route
Voyageurs en Australie
Paris/Paris + Centre Rouge (vol international + 2 vols domestiques + location d'un 4x4 dans le Centre Rouge + nuitées à Sydney et Centre Rouge) : prix à partir de 4 500 € par personne (10 jours/8 nuits).
01 84 17 21 66, www.voyageursdumonde.fr
www.australia.com/fr-fr

 

 

IMAGE LAFC STORY

© L'équipe 24/24 2016 - Tous droits réservés

contacts - C.G.U.