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Saint-Barth inside

Saint-Barth inside

Le 01 juillet 2011

Escale sportive à la croisée des Petites et Grandes Antilles, Saint-Barthélémy déjoue toutes les idées reçues et s'impose aujourd'hui comme un haut lieu de la voile. Immersion.

Cap sud-est, au-delà des hauts-fonds émeraude. Des bateaux de pêche au gros, tangons déployés, tracent leur sillon sur le bleu sourd de l’océan. Saint-Barthélemy se profile déjà en ombre chinoise. Sur la côte sud, entre le Pain de Sucre et l’île Coco, on devine une nuée de voiles blanches qui pivotent dans les alizés. La régate a commencé.

C’est le tout nouveau défi des Caraïbes : les Voiles de Saint-Barth, nées au printemps 2010, rallient déjà quelques quatre cents marins venus du monde entier, se mesurant pendant quatre jours autour des collines couleur iguane. Le bimoteur entame sa descente. Les passagers échangent des regards sombres : la piste d’atterrissage de Saint-Barth est connue pour être l’une des plus acrobatiques au monde.

 En vertu de cet accès difficile, l’île a échappé au développement sauvage du tourisme. Ici, aucun immeuble en béton, pas de grosses cylindrées. On s’attend à pénétrer dans le règne du luxe bling-bling, où des milliardaires se toisent du haut de leur yacht : c’est un tout autre monde qui se dessine, celui de la simplicité et de la décontraction. L’urgence des villes est déjà loin. Chacun flâne, du sable dans les sandales, réglant son pas sur celui du vent.

CHASSE AU TRÉSOR

Nous empruntons des routes tortueuses à flanc de colline pour rejoindre l’une des plus belles plages de l’île, l’anse du Gouverneur : des eaux lumineuses et un sable farineux où les arbres à raisin couchent leurs ombres en forme de papillon. La légende dit qu’au XVIIe siècle, le corsaire français Monbars aurait enseveli ici son trésor. Pour l’heure, les recherches demeurent infructueuses.

Ce n’est pas pour mettre la main sur ce butin que le célèbre oligarque russe Roman Abramovitch a choisi d’établir sa villa dans l’anse du Gouverneur. Le propriétaire du Chelsea FC a d’ailleurs récemment déboursé près de trois millions d’euros pour la rénovation du stade de foot de l’île. Ici, on aperçoit à peine le toit de sa résidence, masquée par d’amples bougainvilliers.

C’est la règle tacite de Saint-Barth : pas d’ostentation inutile. Une modestie naturelle qui trouve son origine dans l’histoire. L’île n’a pas toujours connu le luxe, loin s’en faut. C’était autrefois l’un des « cailloux » les plus déshérités des Caraïbes. Terres arides, sols improductifs. Peuplée d’Amérindiens au moment de sa découverte, Saint-Barth est gagnée au milieu du XVIIe siècle par une petite colonie française. Passant rapidement aux mains des chevaliers de l’odre de Malte, l’île est ensuite cédée au roi Gustave de Suède, qui décide d’exempter les habitants d’impôts en raison de leur pauvreté. Une mesure qui sera maintenue lorsque Saint-Barth reviendra dans le giron français, à la fin du XIXe siècle. Le destin de l’île bascule en 1957 : David Rockfeller achète trois propriétés sur la côte ouest. Ses amis fortunés lui rendent visite et tombent à leur tour amoureux du site.

RÉGATES & KITESURF

Au large, on aperçoit les concurrents de la régate qui glissent sur une houle aux teintes mauves. Dans la catégorie des Classiques, bateaux qui ont plus de 35 ans d’existence, la coque effilée de l’Italien Mariella devance toujours celle de l’américain White Wings. D’un jour à l’autre, les têtes de course maintiennent leur domination. Seul Genuine Risk, dans l’impressionnante catégorie des Super Yachts, parvient momentanément à prendre l’avantage sur Rambler 100, armé par le célèbre américain Ken Read. Dans l’attente du classement final, nous gagnons l’anse irisée du Grand Cul-de-Sac.

Le vent hurlant soulève des crêtes blanches sur les eaux phosphorescentes de la baie. Les aficionados de kitesurf et de funboard se livrent ici à des pointes de vitesse prodigieuses. Allongés sur des transats, les plus fêtards se remettent de leur nuit en suivant ce ballet d’un oeil vitreux, vaguement incrédule. C’est l’esprit de l’île : un goût prononcé pour le sport, dans un style chic et décontracté.

Peu avant le crépuscule, les résultats de la régate tombent sur les quais enfiévrés de Gustavia, capitale de l’île. En haut du podium, on retrouve le frondeur Carlo Falcone, à la barre de Mariella, et Ken Read, à la tête de Rambler 100. La foule s’abandonne à l’euphorie, skippers comme stars de passage, saisonniers comme riches armateurs. La Cendrillon des Caraïbes, en état de grâce, se prépare à une nouvelle nuit de fête.

 

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