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Junk Foot

Junk Foot

Par David Batty , le 15 juin 2014

Ce qu'il y a de bon en temps de Coupe du monde, c'est l'idée du lâchage. Parce qu'il n'y a pas de raison, trois plateaux télé complètement additifs. Quand la junk food devient enfin fréquentable.

Avant, c’était avant. À coup sûr. Et les choses étaient simples. Trop ? Les hot-dogs et vrais burgers étaient made in America, les sandwichs bien de chez nous, les pizzas à l’italienne uniquement et les pastramis new-yorkais par habitudes socio-gastronomiques. Les choses étaient vraiment simples. Dans la rue on mangeait junk et fast. Planqués sous les étoiles des belles tables, on prenait beaucoup de plaisir. Énormément. Et puis les choses ont changé. Ah bon ? Tant mieux. Point barre. Comme si une nouvelle théorie des genres version gastronomique était venue chahuter le landerneau, bousculant illico les frontières des habitudes et des envies. Tiens donc. Rappelons tout de même aux traditionnalistes et autres défenseurs du « c’était mieux avant » que la cuisine n’a pas de sexe, donc, ouf !, aucun risque de valeurs ébranlées ou de fondements de société bouleversés. 

Revenons donc à nos assiettes. Elles ont alors commencé à jouer les monte-en-l’air, les filles faciles, travestissant la réalité pour mieux l’apprécier. Et donc ? Se sont dévergondées, considérablement, ont commencé à assumer, complètement. Les chefs étoilés se sont piqués de street food et les jeunes pousses de plats satellisés. Bref, un mélange des genres qui fleurait bon la part des anges. Les pizzas parées de truffes et de produits à haute valeur ajoutée ? Oui. Les hot-dogs rebaptisés veaux chauds par Yannick Alléno ou garnis de homard par la famille Rostang ? Miam. Les déclinaisons quasi infinies des burgers par l’ensemble de la stratosphère michelinisée, on en passe et des meilleurs. En 2014, le temps est donc au temps d’un nouveau genre. De cuisine, on s’entend. Et de modes de consommation bien sûr. Rien de plus diaboliquement régressif que de passer au scan du bon goût les ex-gloires d’une junk adoubée. De junk donc que de nom. Car si sa définition originelle – un équivalent de malbouffe dans l’inconscient collectif – désigne une nourriture considérée comme mauvaise d’un point de vue diététique voire sanitaire, le temps semble lui avoir conféré ses lettres de noblesse, la rendant désirable, fréquentable et hautement recommandable pour qui veut montrer qu’il en est. Appelez-moi sir Junk ?

 

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