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Laure Boulleau : « J'espère qu'on ira le plus loin possible aux Jeux »

Laure Boulleau : « J'espère qu'on ira le plus loin possible aux Jeux »

Par Rémi Nanni , le 25 juillet 2016

Laure Boulleau est l’une des stars du football féminin, devenue égérie de plusieurs marques comme Nike, Nissan, ou Daniel Hechter. Sport&Style a rencontré la joueuse du PSG, qui nous a parlé du football féminin, des Jeux Olympiques et de son engagement pour promouvoir le sport chez les jeunes filles.

L’Euro s’est terminé il y a quelques semaines. Avez-vous suivi vos collègues masculins ?
Oui, évidemment, je suis toujours derrière eux. Derrière l’équipe de France, et le PSG aussi. Et, peut-être que ça va vous surprendre, mais les joueurs nous suivent eux aussi ! Beaucoup de joueurs du PSG sont déjà venus nous voir jouer ou aux entraînements, comme Thiago Silva, ou Blaise Matuidi. Avec Blaise c’est un peu différent vu qu’on se connaît bien et que c’est un ami. On nous félicite quand on se qualifie en Ligue des Champions, ou pour les Jeux Olympiques. On va peut-être un peu moins vite sur le terrain, mais le niveau est en augmentation constante depuis 10 ans, et on progresse vraiment vite.

On vous sent très concernée par l’image du sport féminin.
Oui, j’aimerais beaucoup pouvoir promouvoir l’image du sport féminin, du football en particulier puisque c’est le sport que je connais le mieux. C’est aussi pour ça qu’on a commencé à me voir sur BeIn Sports cet été. J’espère pouvoir me servir de mon image pour mettre en lumière toutes ces filles géniales, qui travaillent trop souvent dans l’ombre.

Le niveau des footballeuses professionnelles est de plus en plus proche de celui des hommes, qu’est-ce qu’il manque aux filles pour exploser ?
Je pense qu’il manque surtout un titre pour exploser médiatiquement, notamment un avec l’Equipe de France. Les lignes ont doucement commencé à bouger après les victoires européennes des joueuses de Lyon, notamment cette année. Notre demi-finale en coupe du monde 2011, puis aux Jeux Olympiques de Londres, ont fait du bruit. Les gens nous ont supporté, ils ont vibré avec nous, ils sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à nous regarder. Les structures progressent elles aussi. Le staff est compétent, il y a un gros travail de la Fédération qui a créé une section filles à Clairefontaine, puis un peu partout en France. Notre vitesse d’évolution est très rapide.

Certains disent que, dans le football féminin, les clubs ont des niveaux trop différents…
Bien sûr et c’est normal. Une équipe féminine ne se construit pas en un jour, il faut du temps pour mettre en place tout ça. Au PSG, à Lyon, à Franckfort ou Wolfsbourg, on avait peut-être un train d’avance sur les autres clubs, et du coup les meilleures joueuses voulaient venir y jouer, c’est tout. Les clubs anglais s’y mettent eux aussi de plus en plus sérieusement, avec de gros moyens, donc on devrait voir de belles choses dans les prochaines années. Mais au final, c’est un peu la même chose chez les hommes, on retrouve toujours les trois ou quatre mêmes clubs en demi-finale de Ligue des Champions.

Quand avez-vous commencé à jouer au football ?
J’ai commencé à jouer au football à 14 ans, en Auvergne, au FC Riomois. Avant cela, je jouais beaucoup dans la cours de l’école et du collège avec mes amis. J’étais un peu un garçon manqué à cette période (rires).

Garçon manqué, vraiment ?
Exactement (rires) ! En faite, c’est très étrange, j’étais garçon manqué avant de commencer à jouer au foot en club. Je pense que ça m’a beaucoup aidé à m’intégrer. Puis le football m’a fait prendre conscience de ma féminité, que j’ai décidé d’affirmer depuis. C’est important de s’accepter et de s’affirmer, surtout dans le sport.

Ca n’a pas dû être facile de s’imposer à cette époque…
Oui, c’est vrai qu’au début, une fille qui faisait du football c’était plutôt nouveau (rires). Et quand en plus tu te rends compte que tu as des capacités, tu cherches des structures qui peuvent te faire progresser. Et autour de là où je vivais, il n’y en avait pas beaucoup. Du coup, j’ai commencé, en catégorie -13 ans avec les garçons. Puis je me suis faite repérée rapidement, et j’ai signé à Clairefontaine pour faire partie de l’équipe de France U17 dans la foulée. Là bas, c’était un autre monde, où on était toutes encadrées. Mais je remercie les clubs amateurs pour lesquels j’ai joué, car sans eux, rien n’aurait été possible.

Vous êtes aujourd’hui partenaire de la marque Always qui vient de lancer une nouvelle campagne. Que voulez-vous que les gens retiennent de cette campagne?
L’idée de cette campagne est venue d’une statistique simple : 41% des filles arrêtent le sport à la puberté. Dans les raisons invoquées, il y a surtout la baisse de confiance en soi, un phénomène répandu chez les adolescents, mais qui est accentué pour les filles, qui subissent de gros changements dans leur corps et dans leur tête à cette période. Le but est bien sûr de casser les préjugés, avec le slogan #Commeunefille. Montrer que ça n’existe pas, courir comme une fille. Courir c’est courir, que tu sois femme ou homme. Je trouve que c’est une campagne qui me correspond, et même plus que ça : c’est un message que j’aurais bien aimé entendre, lorsque j’ai commencé le football. Le fait qu’être une fille n’est pas handicapant pour être joueuse de haut niveau, que même avec notre corps un peu capricieux, on peut tout à fait être une athlète.

Aujourd’hui vous avez 29 ans…
(Elle coupe, en riant) Oui, je suis une vieille bique maintenant ! Ca sent le sapin, comme on dit dans le milieu. Bon, plus sérieusement, oui j’ai 29 ans, et il me reste deux ans de contrats avec le PSG. Ensuite, on verra ce que le corps décidera.

Et après le football, que pensez-vous faire ?
C’est étrange, plus ça sent le sapin, plus on me pose cette question… (rires). Je n’y pense pas pour l’instant, mon métier, c’est joueuse de football et il me reste deux ans de contrats. Et comme je ne suis pas très sûre de ce que je veux faire après, je profite de toutes les opportunités qu’on m’offre pour observer et apprendre. Car la vie ça n’est pas que le terrain, j’en ai bien conscience. Et j’ai par exemple été très contente de l’opportunité que m’a offerte BeIn Sport cet été. J’ai apprécié, et maintenant, du coup, j’ai un petit orteil dans la profession, et ça peut toujours servir. Même si pour l’instant je ne suis qu’en phase d’apprentissage, je pense que ça pourrait me plaire, de travailler dans les médias.

Entraîner un club, ou une équipe nationale, ça vous plairait ? On a l’impression que toutes les équipes féminines sont coachées par des hommes…
C’est un peu vrai (rires). Personnellement, je n’ai pas trop la fibre du coach, ça n’est pas trop mon domaine je pense. Et j’ai très envie de développer le football féminin médiatiquement, ou par tous les moyens possibles, j’aimerais rendre à ce sport ce qu’il m’a donné à ma manière. Mais beaucoup d’autres filles, elles, sont à fond. Elles ont déjà passé leurs diplômes, ou sont déjà en charge d’une équipe. Comme Camille Abily, par exemple, qui est faite pour ça (164 sélections en Equipe de France, ndlr) et qui a déjà son diplôme, ou encore Sandrine Soubeyrand, ou Sonia Bompastor qui coache les U19 de Lyon. Donc la relève est assurée.

Que pensez-vous du parcours de Corine Diacre (entraîneur du club de football de Clermont en Ligue 2) ?
Corine, c’est une copine de campagne (rires). Je la connais personnellement car elle a été l’ajointe de Bruno Bini quand il était sélectionneur. Je suis très fière pour elle, le fait que ça soit la première femme à devenir coach d’une équipe de football professionnelle et masculine, c’est vraiment génial pour elle. D’autant plus qu’elle s’en sort très bien, et qu’elle a loupé la montée en Ligue 1 de pas grand-chose cette année. Cela tord le cou aux clichés, car quand on regarde son équipe jouer, on se rend compte qu’elle est bien plus compétente que certains de ses collègues masculins, même si je ne vous citerai pas de noms… (rires)

Vous allez jouer vos deuxièmes Jeux Olympiques avec l’Equipe de France. Quels sont vos objectifs ?
On travaille bien, et j’espère qu’on ira le plus loin possible. Quand on va aux Jeux, c’est forcément pour ramener quelque chose. Marre de finir au pied du podium. Donc oui, on veut ramener quelque chose, de rond, si possible. Rond, et doré, ça serait vraiment génial. (rires)

 

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