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Comment la réalité virtuelle va révolutionner le sport

Comment la réalité virtuelle va révolutionner le sport

Par Julien Neuville , le 04 avril 2016

Aux États-Unis, la réalité virtuelle vit son heure de gloire. Oculus sort son casque Rift, et les grands constructeurs comme Apple, Google ou Samsung veulent tous voir leur propre produit en rayon. Le sport est devenu le premier domaine d’expérimentation, tant il est vrai que peu d’autres contenus transportent à ce point les foules. Quatre entreprises ont bien l’intention de changer le sport avec la réalité virtuelle. Tour d’horizon.

LIVELIKE, LA LOGE VIRTUELLE
Fondée par quatre Français installés entre New York et Paris, gagnants du concours NFL Techcrunch, LiveLike propose aux utilisateurs de vivre un match en loge présidentielle avec ses amis. LiveLike est une entreprise « white label», c’est-à-dire qu’elle crée la technologie de réalité virtuelle pour les diffuseurs qui détiennent les droits des événements sportifs. Une marque blanche, en français.

Concrètement, quelle expérience vais-je vivre ? J’enfile le casque Samsung VR avec le téléphone Galaxy et les écouteurs qui vont avec. Me voilà transporté dans un stade, en l’occurence le Parc des Princes, lors d’un PSG- Toulouse. Je suis dans ce qui ressemble à une loge présidentielle. En contrebas, le terrain s’étale dans toute sa largeur. Je discerne les joueurs, leurs déplacements, j’entends les supporteurs comme si j’étais vraiment sur place. Face à moi, un écran diffuse le flux télévisé, les images tournées par la chaîne détentrice des droits. La tribune est réelle, ce n’est pas une reconstitution d’images à la FIFA 2016 mais les véritables supporteurs en action ce soir-là. Je regarde à droite, à gauche, derrière moi (360 °) et je découvre une suite présidentielle avec canapés, trophées de Ligue 1 et un bar. En baissant la tête, je tombe sur une petite table qui fait office de tableau de statistiques. Avec un mouvement de tête, je fais bouger un petit viseur blanc qui me permet de sélectionner ce que je veux voir : la composition des équipes, les statistiques en temps réel, les autres scores en cours, etc. En posant mon regard sur le terrain, je vois une icone en forme de caméra. Je la sélectionne et me retrouve projeté à un mètre de la cage de Kevin Trapp, vue particulièrement intéressante quand une action se déroule à proximité. Je me retourne, salue le stadier et reviens dans ma suite.

Bientôt, d’autres possibilités s’offriront. En ouvrant l’application, je pourrai voir par exemple qui de mes amis Facebook regarde l’événement et dans quelle suite. Une demande d’invitation me permettra de les rejoindre. Mes amis seront là, sous forme d’avatars, avec une série d’options disponibles au-dessus de leur tête comme celle de baisser le volume de leur voix. J’aurai l’impression que nous sommes tous dans le même canapé. Mon écran de contrôle sera personnel, mais je pourrai partager des choses avec eux sur les écrans de la suite – une recherche sur Internet, une vidéo Youtube. Si je désire créer une suite, je pourrai la personnaliser et faire profiter de mes options à mes amis. Mon avatar sera aussi bien évidemment personnalisable, pourquoi pas en scannant mon visage avec mon smartphone dans quelques années. Plein de choses sont possibles avec la réalité virtuelle. En exploitant les techniques propres aux jeux vidéo, je pourrai déclencher des effets spéciaux pendant le match, comme lancer des feux d’artifices sur le stade ou même dans ma suite en cas de but. Toute ma suite sera personnalisable, et sur les écrans je pourrai décider de projeter un film, un documentaire ou d’autres matchs en direct. Je serai maître de mon expérience.

La réalité virtuelle est un outil incroyable pour raconter des histoires.


ALTSPACE, LA FÊTE VIRTUELLE
Fondé par Eric Romo dans la Silicon Valley, Altspace voit en la réalité virtuelle une solution pour connecter des utilisateurs du monde entier autour des événements qui leur tiennent à cœur. L’année dernière, la start-up a organisé sa première Super Bowl Party.

Côté expérience, même principe que LiveLike mais cette fois me voici dans une immense salle virtuelle. Le mur devant moi est un gigantesque écran de télévision qui diffuse le Super Bowl. Ici, pas d’immersion en stade, l’accent est mis sur le social, les gens avec qui je regarde le match. Mes amis sont évidemment les bienvenus, mais ce qui m’intéresse le plus c’est de rencontrer les utilisateurs du monde entier qui ont décidé de regarder la même rencontre que moi. Dans la salle, une dizaine d’avatars, et moi qui me déplace à l’aide de la souris de l’ordinateur. Ce n’est pas vraiment intuitif, mais le seul moyen pour le moment d’évoluer dans l’espace. Plus je me rapproche d’un avatar, plus sa voix est audible. Tout est virtuel mais j’ai vraiment l’impression d’être avec ces personnes avec lesquelles je peux échanger. Il se trouve qu’à cette heure avancée de la nuit, il y a beaucoup d’Européens en quête de contact humain puisque le match se joue à 3 heures du matin dans leur pays. La qualité de l’image, que ce soit la salle virtuelle dans laquelle je me trouve ou le live du match, n’est pas optimale. Les pixels sont visibles, mais ce n’est en rien la faute d’Altspace. Les casques de réalité virtuelle ne sont pas encore d’assez bonne qualité. Il faudra patienter encore un peu. Et si l’ambiance et la population de cette salle ne me conviennent pas, je peux toujours me téléporter sur une île déserte équipée d’écrans.


TVRC, LA VOD VIRTUELLE
Derrière The Virtual Reality Company (TVRC) se cache l’un des esprits les plus brillants et créatifs d’Hollywood, Robert Stromberg. Spécialiste des effets spéciaux et décors de cinéma, Stromberg a créé le monde virtuel d’Avatar de James Cameron et réalisé Maléfique, le film de Disney avec Angelina Jolie. Deux Oscars en design de production et une flopée de jobs prestigieux sur Game of Thrones, Le Monde Fantastique d’Oz, Hunger Games, L’Odyssée de Pi, Boardwalk Empire, Shutter Island, etc. « Notre job est simple : raconter des histoires incroyables grâce à la réalité virtuelle » indique Guy Primus, patron de l’entreprise. Ici, pas de perspective de retransmission en direct, mais de la production originale de contenu. L’objectif est clair : « devenir le HBO de la réalité virtuelle » annonce Primus, avec des documentaires et de la fiction qui intégreraient un élément d’interactivité. «La réalité virtuelle est un outil incroyable pour raconter des histoires, car avec les lunettes, le spectateur a la sensation d’être là», explique Guy Primus. « La réalité virtuelle vous met au centre de l’action.»

Actuellement, TVRC propose des documentaires de cinq minutes retraçant le parcours de joueurs légendaires avec des archives mais surtout des interviews et des images récentes tournées en 360° et offrant une large gamme d’informations disponibles. Du contenu qui ne rentrerait tout simplement pas sur un écran lambda. Questionné sur les prochaines avancées de l’entreprise, Guy Primus se lance dans une explication de son objectif rêvé : mettre au point la reconnaissance vocale pour que le spectateur devienne un personnage à part entière de l’histoire. «Imaginez, vous lancez un documentaire sur Magic Johnson, vous mettez vos lunettes et vous vous retrouvez projeté dans son salon. Il est là, face à vous, vous regarde dans les yeux et vous demande de quoi vous voulez parler. Vous êtes plutôt intéressé par ses titres chez les Lakers, alors vous l’interrogez là-dessus. Aussitôt, tout un axe sur les Lakers démarre. Si vous voulez passer une journée avec lui, on peut aussi le faire en vous embarquant dans sa voiture décapotable pendant qu’il fait le tour de la ville, quand les gens le saluent, etc. Il vous raconte sa vie pendant qu’il conduit. Nous travaillons aussi sur un système qui reconnaîtrait les mimiques du visage. Ainsi, s’il sort une blague ou quelque chose qui vous fait sourire, l’ordinateur le sait et il vous répond par exemple : ha ha, tu aimes cette histoire ? »


NEXTVR, DE LA 3D AU 360 °
Quand NextVR s’est lancé en 2009, la première priorité était la télévision 3D. Malheureusement, le concept n’a pas fonctionné et les téléviseurs ne se sont pas vendus aussi bien que prévu. Un changement a été opéré vers la réalité virtuelle il y a environ trois ans. Avec Brad Allen à sa tête, NextVR a développé une technologie complexe qui permet une retransmission en live d’expérience à 360 ° sans ruptures, créant des flux vidéo assez réduits pour être regardés sur mobile, tout en conservant une qualité d’image optimale. Ce mois-ci, si vous avez le matériel nécessaire, vous pourriez regarder avec vos lunettes les matchs éliminatoires du tournoi national de basketball universitaire, comme si vous étiez au premier rang. Dans le jargon amé- ricain, on appelle ça « courtside », ce rang de chaises posées à même le court de basket, au plus près des joueurs. Les caméras captent et mesurent la profondeur de l’image pour construire le monde autour. Pas de «stitching», ce processus qui assemble les images de plusieurs caméras disposées en cercle pour n’en faire qu’une. Le panorama à 360° est parfait, les joueurs autant que les vendeurs de bonbons dans les tribunes sont à quelques mètres de vous. Pour chaque match, NextVR propose plusieurs points de vue, dont la caméra sous le panier procurant une rare intensité de jeu.

Comme tous les entrepreneurs du numérique, Brad Allen ne veut pas se reposer sur ses lauriers et pense déjà aux différentes fonctionnalités qu’il pour- rait ajouter. Une dimension e-commerce existe déjà - l’utilisateur peut acheter instantanément le maillot du joueur qu’il voit évoluer devant lui – ainsi que les statistiques. Ces dernières sont en réalité augmentée, et on a l’impression de naviguer dans un menu à la Matrix avec une dizaine de matrices d’informations. La saison pro- chaine, pendant la mi-temps, vous pourrez marcher sur le terrain et aller shooter quelques lancers francs grâce aux manettes de doigts ou à la caméra Kinect. « Dans cinq ans, on pourra vous faire faire ce que vous voulez pendant un temps mort » explique-t-il. Le meilleur ? Vous pouvez inviter vos amis et vous retrouver aux meilleurs sièges d’un stade. Des sièges qui, dans la vie réelle, coûtent plus de 2 000 dollars par tête...


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