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Des skate parks à la rue
Slip-on

Des skate parks à la rue

Par Julien Neuville , le 07 février 2015

Comment les baskets emblématiques de Vans sont passées des skate parks confidentiels aux pieds de tout le monde.

Elle sort de la piscine, sourire aguicheur, buste en avant comme la proue d’un beau navire. « Hey Brad ! » chante-t-elle à son voyeur. « You know how cute I always thought you were », lui chuchote-t-elle. Musique des années 1980, presque aussi recherchée que celle des films érotiques de W9. Plan américain sur cette beauté en maillot de bain écarlate, slow motion, évidemment. La haie fleurie en background confère à cette scène le minimum de beauté esthétique, des fleurs colorées, symboles de jeunesse éternelle. Que fait-elle ? Ses bras se plient, ses mains s’avancent vers les quelques centimètres de tissu entre ses deux seins. Boum ! La voilà qui détache le haut de son bikini, pour mieux embrasser l’homme en costume qui s’avance vers elle.

LA GLOIRE AUX PIEDS
Nous sommes en 1982, Fast Times at Ridgemont High (Ça chauffe au lycée Ridgemont en français) vient de sortir en salles. Une véritable bombe. Si, confortablement calés dans leurs sièges de cinéma, les jeans pattes d’éph’ de millions d’Américains se sont tendus, rien n’est comparable à l’orgasme général que procura ce film dans un immeuble de Cypress en Californie. L’objet de désir n’était pas la fabuleuse poitrine de Phoebe Cates, mais les pieds de Sean Penn. Bande-annonce, poster officiel et plusieurs fois pendant le film, l’acteur, longs cheveux blonds et gras, gueule d’ado en pleine puberté, porte les Slip-on de Vans. Jackpot pour la marque américaine ! Le modèle, qui existe depuis presque quatre ans, est désormais iconique. Vans l’a créé pour les skaters et BMXers, l’absence de lacets le rendant lisse et l’empêchant de s’accrocher. Les pompes ne coûtent pas cher, ce qui plaît aux amateurs qui en usent une paire par mois. L’imprimé damier a aussi son histoire : les gamins avaient l’habitude de colorier au feutre noir la gomme en nid de guêpe de la semelle pour lui donner un effet de damier. Steve Van Doren, le patron de la marque, aima l’idée et appliqua le principe sur l’empeigne.

Plus de trente ans après, la Slip-on (le verbe « to slip on » signifie « enfiler ») est désormais intégrée dans toutes les lignes de la marque. Les vieux la portent en maison de retraite, les jeunes dans les skate parks, les hipsters dans les café gluten-free de Brooklyn, les jeunes riches sur les yachts stationnés au large de la côte amalfitaine, les sneakers-heads japonais pendant les Fashion Weeks, les punks dans les rues de Londres, etc. Tout le monde l’a aux pieds, même les prisonniers ! Parce qu’elle n’a pas de lacets, la Slip-on est devenue l’option la plus sûre pour chausser les condamnés et prévenir les tentatives de suicide par pendaison.
Nous sommes tous prisonniers, d’ailleurs. Oui, nous sommes tous enfermés dans un système qui, à force de persévérance, de gavage, de propositions multiples (bonnes et surtout mauvaises) peut transformer n’importe quel type de vêtement ou de chaussure en produit « à la mode ». Acceptons-le, mes frères.

 

 

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