X
En poursuivant votre navigation sur Sport&Style.fr, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et des publicités ciblées en fonction de vos centres d'intérêts, pour mesurer la fréquentation de notre site, et vous permettre de partager vos lectures sur les réseaux sociaux. Pour en savoir plus ou paramétrer les cookies, rendez-vous sur cette page. En savoir plus.
Le luxe inspiration streetwear

Le luxe inspiration streetwear

Par Claire Mabrut , le 19 février 2015

Lorsque le luxe s’inspire du streetwear, les codes fusionnent et l’envie se révèle exponentielle. Qui ? Quoi ? Où ? Pourquoi ? Les réponses à suivre.

Ils s’appellent Julien David, Gosha Rubchinskiy, OAMC et Kit Neale et incarnent en 2015 la nouvelle essence du prêt-à-porter. Ensemble, mais chacun à sa manière, ils bousculent les codes traditionnels de la mode. La débarrassent d’un premier degré, presque mainstream oserait-on dire, et lui insufflent une nouvelle énergie via des inspirations venues du surf, du skate et, plus généralement, du sport urbain. « Le sportswear et le sport de compétition sont la bouffée d’oxygène que la mode attendait depuis très longtemps. Ensemble, ils permettent de découvrir qu’il est possible de travailler de nouvelles matières et de penser le vêtement non plus en deux dimensions, mais en trois » confie Jay Smith, fondateur de l’agence de conseil et de la boutique de streetwear BlackRainbow. Un vêtement qui se porte parfaitement en ville. « Nous sommes arrivés à une telle maturité dans la relation entre les univers du sport et des podiums de mode, que le sportswear se découvre un design vraiment conceptuel », constate un consultant. « Et ces quatre marques représentent, quelque part, le nouveau degré du sportswear. »

Nouvelles marques
Chef de la bande, car sans doute le plus connu, Julien David. Le jeune homme est tombé dans les sports de glisse dès l’enfance – skate, surf et snowboard en particulier. De New York à Tokyo où il vit désormais, ce graphiste passé par la Parsons School of Design chahute depuis deux saisons le monde de Quiksilver. À l’image de ce T-shirt, mix de kitsch et d’humour, imprimé d’un smoking en trompe-l’œil. Gosha Rubchinskiy, lui, est le fer de lance de la création moscovite. Son style combine l’esthétique des ados skateurs de l’ère post-soviétique, une dose de punk et un culte à Rei Kawakubo. Au point que la tête pensante de Comme des Garçons l’a pris sous son aile et l’a accueilli en invité permanent de son très pointu Dover Street Market à Londres. Lancé en 2013 par un ex-membre de la marque Supreme, OAMC s’inscrit dans une philosophie qui « s’inspire du passé pour mieux embrasser le futur » à travers une combinaison de matières nobles et techniques. Un « sportswear classique revisité » résument les experts. Quant à l’Anglais Kit Neale, son travail sur le détournement des symboles et des logos apporte une note de pop art, d’humour. On sort d’un environnement attendu pour trouver une certaine forme de poésie.

Résultat, le sport-streetwear 2.0 est bien loin des baggies, long sleeves XL et simples casquettes brandées. « Les codes sont forcément plus subtils car les nouveaux créateurs ont digéré une culture textile street qui n’existait pas avant », explique Jay Smith. « Ces garçons sont nés avec le skate et les sneakers » poursuit-il. « Et ces nouveaux points de repère sont aussi signifiants que le plissé d’un grand créateur ou une petite robe noire. De plus, la jeune génération doit faire face à des consommateurs de plus en plus éduqués grâce à Internet, qui traquent les moindres références et autres clins d’œil. »

Codes réinventés
Réinterprétations, hommages, détournements, lignes plus affûtées tirées d’un vrai prêt-à-porter, emploi de belles matières, créativité intelligente : le langage de la rue et du sport a clairement gagné en finesse et en subtilité. « Si les marques de streetwear sont désormais capables de second degré et de dérision autour de leurs ADN respectifs, je pense que le plus important pour elles est de parvenir à sortir des sentiers battus sans se perdre pour autant », reprend Jay Smith. « Car à force de détourner les codes et de s’en éloigner, de piocher dans tous les vestiaires contemporains, le risque est qu’elles en oublient leurs propres racines, qu’elles noient leur message et, pire, que du coup, leurs propres clients se détournent d’elles. » D’où l’intérêt de rapprochements tels que celui de Julien David et de Quiksilver ou encore la collection capsule de Gosha Rubchinskiy pour Supreme en 2013, qui bordent parfaitement le sujet tout en injectant cette petite pointe de mode qui autorise des porters casual chic. Il suffit de regarder, par exemple, les blousons de cuir ou les costumes d’OAMC pour s’en convaincre. L’heure de la maturité a, semble-t-il, sonné.

 

IMAGE LAFC STORY

© L'équipe 24/24 2016 - Tous droits réservés

contacts - C.G.U.