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The Great Jonny
Jonny Wilkinson

The Great Jonny

Le 03 mai 2012

Jonny Wikinson, l'icône du rugby anglais se prend au jeu d'une série photo glamour à souhait sur la Côte d'Azur. Hommage ultime à Robert Redford dans le somptueux «?Great Gatsby?» de Jack Clayton, à quelques mois du remake de Baz Luhrmann avec Leonardo DiCaprio. Rencontre.

Enfin ! J’allais enfin rencontrer le type qui m’a piqué le titre de l’Anglais le plus connu de France quand il a signé il y a trois ans pour le Rugby Club Toulonnais. Et quel plaisir pour moi de passer une journée en compagnie d’une légende du sport, qui a gagné la Coupe du Monde pour l’Angleterre en 2003, à seulement 24 ans, avec un drop réussi contre l’Australie à quelques secondes du coup de sifflet final ! Jonny Wilkinson, beau gosse blond que je découvre habillé en Gatsby Le Magnifique, prend la pose devant une superbe voiture de collection, une Excalibur, et le majestueux Grand Hôtel de Saint-Jean-Cap-Ferrat en arrière-plan. Sa petite amie Shelley est aussi avec nous et, les joyeux sujets de sa Majesté que nous sommes, s’attablent autour de club sandwichs so british face à la mer. Morceaux choisis.

Alors, ça fait quoi de jouer Gatsby ? Ça te plaît de prendre la pose ?
En fait, je suis nul comme mannequin ! Je n’arrive jamais à me mettre dans la peau de quelqu’un d’autre, ni à jouer un rôle. Je sais juste faire une tête: la mienne (rires) ! Je fais du moi, quoi ! J’ai beaucoup de mal à faire autre chose que rester là et fixer l’objectif avec mon « unique » regard.

Comment décrirais-tu ton « Jonny look » ?
Sérieux. Avec les yeux plissés, pratiquement fermés en fait. Le menton un peu serré, tendu, pas du tout à l’aise. Et puis assez vide par rapport à ce qui se passe dans ma tête (rires). Voilà, c’est tout ce que j’ai. Mais ça a l’air de marcher (rires).

Je te regardais devant la belle voiture et tu avais pourtant l’air très pro, très concentré. J’étais admiratif !
Ah oui, cet air que je me donne, je le fais très bien (rires). Non, sérieusement, j’ai du mal à me lâcher, à m’oublier. Parce que je ne suis pas mannequin. Et je ne sais pas être quelqu’un d’autre.

J’ai fait du théâtre à l’école et je suis sûr que ça m’a aidé à être à l’aise devant les caméras et les objectifs. Tu n’en as jamais fait ?
Non. Je suis tout l’inverse. Je suis le mec qui devient immédiatement mal à l’aise si tu le mets devant un public. À l’école, mon cauchemar aurait été de jouer la comédie devant des gens, me mettre debout devant mes camarades de classe était dur pour moi. Mais grâce à tout ce que le rugby m’a apporté, je suis devenu quelqu’un qui peut prendre le micro, même à l’improviste, pour parler lors de soirées de jubilé, des discours d’après dîner ou autre. Mais seulement sur des sujets que je maîtrise : le rugby, les gens du rugby. Dès qu’il s’agit d’autre chose – la mode, par exemple – je suis trop nul, vraiment très mauvais.

À ce point-là ?
Oui, je m’inquiète de tout. Je m’inquiète de ce que je dis, si c’est bien ou pas. J’adore le côté caméléon des vrais mannequins, par exemple. Cette capacité à se débarrasser de leur propre personnalité. Je n’y arrive pas. C’est absolument impossible.

Pourtant, en tant que sportif de haut niveau, il y a quelques similitudes avec le théâtre. Tu entres aussi en scène sous les lumières, devant un public, devant les caméras après avoir beaucoup répété...
C’est très vrai. Et peut-être que l’adrénaline, la nervosité, l’anxiété peuvent être comparables. La différence pour moi, c’est que je passe toute ma semaine, toute l’année, toute ma vie en fait, à me préparer pour ce moment-là. La gêne est donc absente parce que je suis sûr de moi et de mes capacités à gérer n’importe quelle situation. Je sais que j’ai les outils. Alors quand il s’agit de faire le modèle, je n’ai pas ce contrôle-là. Je ne suis pas maître de la situation. Et je dois lutter contre ça, contre moi-même. Je ne suis pas un créatif. Je n’ai jamais été artiste, je pense que je ne le serai jamais.

Ma façon d’équilibrer le côté sérieux, c’est d’être à l’opposé le reste du temps. La déconne. Je mets tellement d’efforts, d’intensité dans la quête de perfection dans mon rugby et ma vie professionnelle, que je n’ai pas l’énergie requise pour le reste.

C’est une source de frustration ? Aimerais-tu être différent, pouvoir te lâcher ?
En ce qui concerne le sport, le rugby, oui. Être créatif dans mon jeu est quelque chose que j’ai dû travailler... enfin, quelque chose que j’essaie de ne pas travailler plutôt, si tu vois ce que je veux dire. J’aimerais être plus spontané et j’y travaille dur ! (rires)

Dans Gatsby Le Magnifique, le héros est joué par Robert Redford. Quel acteur verrais-tu pour t’incarner au cinéma ?
C’est marrant, tout à l’heure on m’a dit que je ressemblais à Matt Damon ! D’habitude, c’est plutôt Heath Ledger. Je suppose que physiquement, ces gars-là ont moins besoin de maquillage. Personnellement, j’étais un grand fan d’Arnold Schwarzenegger quand j’étais petit. De Jean-Claude Van Damme aussi, mais c’est peut-être un peu extrême... Mon acteur préféré en ce moment est un type qui s’appelle Jim Caviezel, un américain que je trouve excellent. Il a joué dans La Ligne rouge, et avec Denzel Washington dans Déjà Vu.

Nous sommes tous les deux Gémeaux. Comment expliques-tu que Gémeaux soit le signe astrologique le plus fort ?
J’ai lu une fois que les Gémeaux mâles étaient très à l’écoute de leur côté féminin.

Alors, Jonny est à l’écoute de son côté féminin ?
Fais gaffe à comment tu vas écrire ça, je t’en prie ! (rires)

Tu peux me faire confiance, je saurai bien le traduire.
Je commence déjà à regretter...

Mais non, voyons ! On dit que les Gémeaux ont une double personnalité. On a déjà parlé de ton coté « besoin de tout contrôler », quel est l’autre côté ?
Ma façon d’équilibrer le côté sérieux, c’est en fait d’être à l’opposé le reste du temps. La déconne. D’ailleurs, c’est ce qui frustre Shelley le plus, le fait que je n’arrive pas à prendre les choses au sérieux. Je mets tellement d’efforts, d’intensité dans la quête de perfection dans mon rugby et ma vie professionnelle, que je n’ai pas l’énergie requise pour le reste. Je fais exprès de switch off, d’éteindre, de chercher presque délibérément à faire l’idiot pour sauvegarder le jus dont j’aurais besoin plus tard. Mes coéquipiers à Toulon sont parfois surpris par la différence de ton que je peux avoir entre le discours à l’entraînement et les SMS déconneurs de l’après-midi.

Ce n’est pas une facette de ta personnalité que tu montres souvent. Tu le fais exprès ?
Absolument.

Tu es un dieu pour les Anglais. Comment réagis-tu face à tout cet amour ?
J’ai eu énormément de chance et j’en suis très conscient. J’ai toujours essayé d’être très régulier par rapport à moi-même et qui je suis, comment je suis. Mais cette popularité peut devenir dangereuse si tu deviens trop attaché à ça. Si tu lis tout ce qu’on dit sur toi, si tu as trop besoin d’être aimé, le jour où on dit du mal de toi, ça peut te tuer. Je pense que mes blessures à répétition m’ont aidé à gérer tout ça. Elles m’ont aidé à me connaître et à prendre un peu de recul.

J’ai écrit beaucoup de mes objectifs quand j’avais huit ans. Que je voulais jouer pour l’Angleterre, pour les Lions britanniques, gagner la Coupe du monde, jouer numéro 10. Et je me dessinais en train de faire ces exploits

J’ai l’impression que tu es devenu plus cool, un peu plus détendu depuis que tu vis en France. Ai-je raison ?
Je le pense, oui. M’extraire de la bulle dans laquelle je vivais en Angleterre m’a fait du bien. Tu vois les choses différemment, forcément. Ici, je joue pour jouer et je vois à quel point ça peut être amusant. Les mecs sont beaucoup plus relax ici aussi, et ça déteint sur moi. Venir vivre en France m’a énormément aidé.

Vive l’Entente Cordiale ! Question super sérieuse maintenant : ton prénom est Jonathan, quand es-tu devenu Jonny ?
Oh là, je n’en sais rien ! Ça a toujours été Jonny. Plus personne ne m’appelle Jonathan, même si j’aime bien ce prénom. Ah si, certains de mes coéquipiers français m’appellent « John-a-thon » pour rigoler.

Tu savais qu’il y avait déjà un Johnny très célèbre en France ?
Oui ! Mais jusque-là, on ne s’est jamais rencontrés.

Une rencontre entre Jonny et Johnny, voilà une belle idée !
Peut-être aimerait-il venir chanter au stade Mayol ?

Pour te montrer que j’ai préparé cet entretien, j’ai lu que tu stressais tellement avant les matchs quand tu étais petit que ton papa devait parfois arrêter la voiture pour te laisser descendre et vomir. Et ça à l’âge de sept ans ! Dis-moi que ce n’est pas vrai !
Désolé, mais c’est vrai. Je m’inquiétais tellement ! Est-ce que j’allais bien jouer ? Est-ce qu’ils allaient être beaucoup plus grands que nous, plus forts que nous ? Et si tout dépendait de moi ? C’est vrai qu’on a dû arrêter la voiture une ou deux fois.

Mais tu n’avais que sept ans, Jonny !
Je sais ! On ne pouvait rien me dire pour changer ça. Je voyais les autres gamins en train de rigoler avec leurs pères et je me demandais comment ils pouvaient faire ça avant ce match hyper
important ! Et oui, je n’avais que sept ans. Aujourd’hui, j’ai la même anxiété avant les matchs mais je ne vomis plus. Heureusement !

J’ai lu aussi qu’à huit ans tu as écrit que tu voulais un jour botter le drop qui gagnerait la Coupe du monde pour l’Angleterre. Tu avais une sacrée boule de cristal !
J’ai écrit beaucoup de mes objectifs quand j’avais huit ans. Que je voulais jouer pour l’Angleterre, pour les Lions britanniques, gagner la Coupe du monde, jouer numéro 10. Et je faisais des dessins de moi en train de faire ces exploits, façon bande dessinée. Et c’est vrai que je me suis dessiné en train de réussir le drop qui gagnait la Coupe du monde.

Comment fait Jonny Wilkinson pour se lâcher ? Es-tu encore antialcool ?
Oui, je le suis, même si je bois régulièrement le soir. Et le matin (rires). Non, je rigole. Je bois une fois tous les deux ans à peu près. Bien sûr, on m’a proposé de goûter de super bons vins, du champagne, mais je n’aime pas. Une gorgée de champagne et j’ai l’impression que je vais être malade. Le vin rouge, c’est comme le whisky, quand je le renifle, j’ai déjà mal.

La prochaine fois qu’on t’offre de bonnes bouteilles, tu les mets de côté et tu me les envoies, d’accord ? Jonny, les Anglais sont censés être de grands buveurs. Tu n’as pas l’impression de trahir un peu notre image ?
Je le reconnais ! Mais j’ai zéro tolérance pour les boissons alcoolisées. Mon corps ne comprend pas. Quand je bois, je deviens très joyeux, extrêmement sentimental, très excité, un petit peu stupide, tout ça à la fois.

Tu fais des bisous à tout le monde ?
C’est un peu ça, oui. Mais c’est surtout la seule fois où j’arrête de réfléchir à ce que les gens pensent de moi.

 

 

 

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