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Le champion nature
Jean Galfione

Le champion nature

Par Antoine Fombonne , le 12 novembre 2012

Jean Galfione, champion olympique de saut à la perche devenu skipper, nous parle sport et forme. En toute simplicité.

Parlons un peu de votre actualité. Vous en êtes où ?
Jean Galfione : Je viens juste de terminer la saison de voile en Class40, un petit monocoque de course au large. Mon équipage et moi sommes arrivés sixièmes au championnat du monde. Je présente aussi « La mer en face », une série de documentaires  pour la chaîne Voyages. Et je suis ambassadeur de la Fédération Française d’Athlétisme. J’étais aux Jeux de Londres pour encourager les athlètes, et faire la fête ! Et je préside l’association Athlètes du Monde, avec laquelle nous avons monté une école au Cap-Vert.

Pourquoi la voile ? Qu’est-ce que cela vous apporte ?
J’ai toujours été passionné par la mer. Avec un grand-père dans la Marine Nationale et étant à moitié breton, ça se comprend. Plus jeune, j’allais naviguer dès que j’en avais l’occasion. En 2005, on m’a proposé de rejoindre la Coupe de l’America pour booster la préparation physique des équipages. Ça a été ma porte d’entrée dans le monde de la voile. Puis j’ai eu envie d’aller plus loin, et j’ai intégré le Pôle France de course au large de Port-La-Forêt. C’est là que j’ai tout réappris de A à Z. Depuis deux ans je suis skipper de mon propre bateau. C’est un grand plaisir d’en être arrivé là en partant de rien.

Le saut à la perche est un sport à part dans l’athlétisme, vous avez commencé comment ?
Oui, on est un peu à part, certains athlètes nous appellent le « Barnum », pour le côté spectaculaire. C’est un sport de passionnés. Au début je touchais un peu à tout en athlétisme, avec des résultats plutôt encourageants. Et un jour j’ai essayé la perche : j’étais nul ! Ça m’a énervé, et je me suis entêté. J’avais 14 ans, et je me souviens que je piquais les clefs du gardien pour sortir des perches sur le stade où je m’entraînais, Porte de Saint-Cloud. Plus tard j’ai rencontré un véritable entraîneur – Maurice Houvion ndlr -, et je me suis passionné pour la discipline. J’avais de bonnes bases, et j’ai progressé très rapidement. Au bout de deux ou trois ans, je m’attaquais déjà aux records de France.

Je ne voulais pas terminer ma carrière sur une blessure, j’avais peur de devenir aigri

Le meilleur souvenir de votre carrière ?
Mon titre olympique à Atlanta en 96. Le jour où j’ai franchi la barre des 6 mètres à Maebashi aussi. Et mon comeback en 2005, après mon opération du tendon d’Achille. Je ne voulais pas terminer ma carrière sur une blessure, j’avais peur de devenir aigri. J’ai sauté 5,75 m alors qu’on me croyait au fond du trou. C’était une question de respect de ne pas partir sur un échec. J’ai tout donné aux championnats du monde d’Helsinki en 2005, et j’ai fini sur un vrai accomplissement. J’étais en paix.

Le pire souvenir ?
Les blessures ne sont pas agréables, mais quand on fait du sport de haut niveau, on les accepte. Aux Jeux de Sydney j’étais incapable de marcher un jour sur deux à cause d’une tendinite. Psychologiquement c’est dur, on sent que l’échéance se rapproche, et que son état ne s’améliore pas. C’est frustrant. Ceci dit les infiltrations dans les tendons, c’est pas mal non plus comme mauvais souvenir !

Vous êtes le premier français à avoir passé la barre des 6m. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?
C’est une barre mythique. En sautant 6m, on sait qu’on rentre dans l’histoire. Mais c’est une barre tellement haute qu’en fait il n’y a plus de notion de hauteur. Tu essaies de gérer ton saut. Tu es face à un mur, un truc énorme. C’est une performance unique pour un perchiste. Même en étant champion olympique, il aurait manqué quelque chose à ma carrière si je ne l’avais pas franchie.

Renaud Lavillenie est quelqu’un de très respectueux, mais il reste un compétiteur dans l’âme : son objectif principal est d’éclater les records que j’ai pu établir sur tous les stades que j’ai foulés dans ma carrière !

Vous êtes proche de la nouvelle génération des perchistes français ?
Avec Romain Mesnil, on prenait part aux mêmes championnats. On s’est livré une compétition plutôt fraternelle. Renaud Lavillenie, lui, a commencé la perche quand j’étais au sommet de ma carrière. Il m’a dit qu’il avait mon poster dans sa chambre d’ado, et qu’il était très admiratif de ce que j’avais fait, comme j’ai pu l’être avec Pierre Quinon (champion olympique en 1984 ndlr).
Renaud est quelqu’un de très respectueux, mais il reste un compétiteur dans l’âme : son objectif principal est d’éclater tous les records que j’ai pu établir sur tous les stades que j’ai foulés dans ma carrière ! Et c’est bien, je trouve cela très sain.

Pendant les JO, vous deviez être comme un fou devant la performance de Renaud Lavillenie ?
On a beaucoup parlé tous les deux avant Londres, et on s’appelait souvent. Le jour de la finale, il est venu vers moi alors que j’étais dans les tribunes, juste avant de sauter. Je crois qu’il avait besoin de savoir que j’étais derrière lui. Je lui ai dis « vas-y, c’est ta finale, le titre est pour toi, va le chercher ! », et il a décroché l’or olympique. Renaud a été bon quand il le fallait. Il était favori, la pression était énorme. Ça tient à peu de choses, mais le jour des Jeux, il a été excellent.

Parlons forme. Vous êtes aujourd’hui ambassadeur de la marque Weleda...
A l’INSEP je me suis fait masser avec leur huile de massage à l’arnica pendant des années. Je connaissais donc Weleda depuis longtemps, et leurs crèmes étaient pour moi signe de réconfort. On a sympathisé très facilement, d’autant qu’ils ont de belles valeurs, et n’utilisent que des produits naturels.

Quels sont vos réflexes beauté ?
Ce sont des gestes très simples. Après une journée en mer où la peau est mise à rude épreuve à cause du soleil et du sel, un bon coup de crème hydratante fait un bien fou ! Et quand on est marin, on a les pieds dans les bottes toute la journée. Pour prendre soin de ses pieds, la crème Sani Pieds est idéale.

Côté forme, faites-vous toujours du sport ?
En passant de la perche à la voile, je n’ai jamais cessé de m’entraîner. Je cours tous les jours, je joue au foot avec des copains, je fais du vélo. Et je saute toujours à la perche pour le fun, chez moi en Bretagne. J’ai encore la forme ! Ça c’est pour le côté cool. Pour les entraînements plus hard, je fais des séances de cross training. J’adore ce concept d’entraînement croisé, que j’ai pratiqué tout au long de ma carrière. J’ai d’ailleurs signé un partenariat avec Reebok pour développer le Crossfit en France. Je suis en train de créer une salle chez moi, à Plonéour-Lanvern, en plein pays bigouden. Pour l’instant on organise des séances de groupe sur la plage : on lève des bidons remplis d’eau de mer, on manipule de grosses cordes pour simuler les manœuvres sur le bateau, etc.

Et question musique, vous aimez quoi ?
J’aime bien les vieux trucs, le rock, la variété française. Aznavour, Gainsbourg, Renaud, que j’écoute depuis tout gamin. Et je n’ai pas honte du tout, j’adore Nostalgie ! Il m’arrive aussi d’apprécier des trucs un peu plus électro. J’aime bien Justice. En revanche je n’écoute pas de musique quand je fais du sport. La musique c’est bien en ville, pour oublier le bruit de la circulation. Moi j’aime courir dans la nature, sur la plage ou en forêt. C’est tellement génial d’entendre le bruit des vagues et du vent dans les arbres. En courant je n’ai besoin de rien d’autre.

BIO EXPRESS
1971   Naissance à Paris
1996   Champion olympique de saut à la perche à Atlanta
1999   Passe la barre des 6m aux Championnats du monde indoor de Maebashi
2005   Met un terme à sa carrière de perchiste et se lance dans la voile

 

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