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Monsieur Cal 2013
Steve McCurry

Monsieur Cal 2013

Le 31 décembre 2012

Le photoreporter Steve McCurry a signé le nouveau calendrier Pirelli. En 2013, exit le nu, les filles sont habillées. Rétrospective du shooting à Rio, avec le maître à poser.

Avez-vous été surpris par la proposition de Pirelli ?
Steve McCurry : Bien sûr ! La tradition veut que ce soit des photographes de mode qui s’y attellent. Même Peter Beard, sensible à l'écologie et grand amoureux de l'Afrique (auteur de l’édition 2009 du Cal au Botswana - ndlr), avait déjà travaillé pour la mode. Donc oui, j'ai été surpris que l’on fasse appel à moi, complètement étranger à ce monde. En même temps, les gens de Pirelli souhaitaient un vrai virage cette année.

Qu'est ce que le calendrier Pirelli représentait pour vous avant de le faire ?
Un des projets photographiques les plus prestigieux et excitants au monde, avec les meilleurs modèles, les plus grands photographes, les lieux les plus exotiques, une sorte de légende.
Et dans un contexte de crise, une vraie carte blanche à la création. C’est un luxe par les temps qui courent…

Le fait que les filles ne soient pas nues cette année, c'est votre idée ?
Vous avez un problème avec ça ?! (Rires) Il est toujours bon de faire réfléchir les gens, de les surprendre, de détourner les attentes. Il y a autant de directions, d'approches, de lieu qu’il y a de photographes pour ce calendrier. La nudité seule n'apporte pas grand-chose face à l'engagement de ces filles. Les voir nues aurait même détourné l’attention, minimisé leur beauté intérieure. Je voulais photographier de vraies personnes, leur vrai travail, leur vraie nature. Et cela paraissait plus naturel habillé. L'objectif était de montrer leur travail tout en les gardant sexy, attirantes malgré tout. C'est quand même le calendrier Pirelli, il ne s'agit pas d'un photoreportage en Laponie !

Certaines photos sont comme des tableaux où les modèles sont photographiés d'assez loin…
C'est une vraie collaboration entre le modèle et moi pour donner du sens. Il s’agit d’une photo, d’un tableau que nous réalisons ensemble. Le soir du shooting, pour la photo d'Elisa Sednaoui, une femme est apparue à la fenêtre et, je lui ai demandé si elle souhaitait faire partie de la photo. Ensuite, la composition comprend aussi tous ces graffitis, le drapeau brésilien... c'est une sorte de puzzle visuel.

La nudité seule n'apporte pas grand-chose face à l'engagement de ces filles. Les voir nues aurait même détourné l’attention, minimisé leur beauté intérieure. 

Pourquoi avoir choisi Rio ?
Rio est un lieu stratégique pour Pirelli (le Brésil est le premier marché d'Amérique du Sud, Pirelli y est implanté depuis 1930 - ndlr). Il s’agit aussi d’une des plus belles villes du monde. Une ville très visuelle.

Dangereuse aussi ?
Oui, mais certains coins de New York le sont aussi. Les deux dernières fois où je suis venu à Rio, je ne me suis pas aventuré dans une favela mais cette fois-ci, oui. On se promenait avec un garde du corps quand on est allés shooter dans ce « bed and breakfast » qui dominait la favela.

Finalement ce calendrier c’est un hymne à Rio, aux filles, au Brésil ?
(Il réfléchit, hésite). C'est un projet photographique et poétique. Cela parle de jolies filles, mais pas seulement. Les mannequins sont de vraies personnes qui font de vraies choses dans la vie. C’est ce qui doit ressortir. 

C'était risqué?
Peut-être que si les filles avaient été nues la nuit, en pleine favela, cela aurait été dangereux…

 

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