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Jean Dujardin et Gilles Lellouche

Jean Dujardin et Gilles Lellouche

Le 20 mars 2012

Jean Dujardin, l'acteur français le plus titré depuis... (non, on n'a pas trouvé d'équivalent dans l'histoire du cinéma) et Gilles Lellouche se posent un peu là en terme de duplicité masculine dans leur nouveau film «?Les infidèles?». Petit traité de l'égalité des sexes avec deux hommes bien sous tout rapport.

On est lundi matin, 10h, à l’heure où l’on s’asseoit derrière son bureau. Jean Dujardin et Gilles Lellouche lancent la promo des Infidèles, Sport & Style posé sur la table basse.

Jean Dujardin: Sport & Style, des sportifs en style, quoi... On va aller à Biarritz bientôt. J’ai invité Vincent Clerc.

À Biarritz... pour surfer?
J. D.
: Non, pour l’avant-première des Infidèles, parce qu’il joue à Toulouse.

Jean, vous avez grandi dans l’univers du rugby...
J. D.
: Oui, enfin mes frangins surtout. Et je suis pote avec Marc Lièvremont, on est tous les deux parrains de l’association Village pour Enfants.

Avez-vous gardé des liens avec le monde du rugby?
J. D.
: Les liens, ce sont les grands rendez-vous comme la Coupe du monde, les encouragements et les petits messages qu’on peut envoyer aux joueurs. Mais oui, j’ai toujours baigné dans cet univers.

Vous avez joué aussi...
J. D.
: Oui, mais je cueillais les pâquerettes, je faisais le con dans le car... J’étais plutôt troisième mi-temps. Je n’avais pas le feu sacré sur le terrain, contrairement à mes frangins.

Dans le rugby on parle de fratrie, de bande...
J. D.
: Oui, il y a l’envie de jouer ensemble, de jouer avec des potes.

Votre film, c’est aussi une histoire de potes...
J. D.
: C’est une envie de travailler ensemble et de faire du sur-mesure, d’écrire un film un peu inclassable. Le format de film à sketches me plaisait, ça permettait de jouer avec des metteurs en scène et des personnages très différents.

Gilles Lellouche: Avoir aussi une bande, travailler avec des gens avec qui on n’avait pas eu l’occasion de bosser: Géraldine Nakache, Manu Payet, Sandrine Kiberlain, etc. Les Infidèles c’est aussi ça, une envie collective.

Bizarrement, c’est un film sur le partage à propos d’un sujet très solitaire...
G. L.
: Ça part d’une idée de Jean qui dit : «Tiens, si on faisait un film à sketches comme l’a fait Dino Risi avec Les Monstres en 1963.» C’était le genre qui primait. Le thème de l’infidélité nous permettait d’endosser des rôles de mecs crapuleux, extrêmement égoïstes, roublards. On est resté légers, même si l’idée était d’aller au fond des choses. L’adultère est aussi quelque chose de terriblement triste, pathétique et grave.

Justement, qu’avez-vous appris de l’infidélité en faisant ce film?
G. L.
: Rien. On a glané des anecdotes pour nourrir le scénario. On a eu des petites histoires de types qui nous ont donné leur technique de 5 à 7. On a appris des autres, mais pas sur nous-mêmes...

Votre idée de départ est-elle née d’une soirée poker?
J. D.
: C’est venu d’une pochette de DVD, Les infiltrés. J’ai cru lire Les Infidèles ! C’est un thème de monstres, ça permettait de traiter des crétins. Il y avait une envie de se prendre les pieds dans le tapis, car c’est un sujet assez tabou, même entre mecs.

Ah bon ?
J. D.
: Eh oui. On voulait aller chercher les clichés, les tordre...
G. L.
: Et parler d’un truc dont on ne parle finalement jamais. Un copain vous parle de son infidélité le jour où il est prêt à quitter sa femme. Bizarrement, entre hommes, on ne se parle jamais de nos histoires. Parce que la plupart du temps vous connaissez sa famille, sa femme, et il y a un respect énorme. Vous êtes très solitaire quand vous êtes dans l’infidélité. On l’a transformé pour en faire un film de couillons qui vivent ça à deux comme si c’était normal, alors que ça ne l’est pas.

En rugby, j’étais  plutôt troisième mi-temps. Je n’avais pas le feu sacré sur le terrain, contrairement à mes frangins. Jean Dujardin

Quelles sont les figures masculines qui ont compté pour vous?
J. D.
: Je n’ai jamais réfléchi à ça, tiens... Mon père, déjà. Mes trois frères, parce que j’ai été élevé par eux aussi. Gérard Lanvin, des acteurs, des chanteurs, des potes...
G. L.
: Des acteurs, car quand j’étais gamin, c’était vraiment important. Paul Newman, Harrison Ford, Bruce Willis. J’adorais Belmondo, Pierre Richard…
J. D.
: L’affiche de Rocky 3, Lino Ventura… On est de la même génération, on a des films cultes. Par exemple Les Spécialistes, c’est de la testostérone pure, des trucs qu’on rêvait de faire. Butch Cassidy, Indiana Jones... On ne peut pas faire mieux en terme de héros.

Votre génération n’a plus rien à voir avec ces héros. Au contraire, vous êtes plutôt proches de la réalité, comme dans ce film...
J. D.
: Il y a une sorte d’autodérision. Je pense que si on faisait les super-héros maintenant, on se regarderait l’air de dire: arrête un peu. Il y a des phrases qui ne peuvent plus marcher, la société a évolué.
G. L.
: Il y a des choses que les gens ne gobent plus, même les films d’action sont ancrés dans le réel. Avant on s’en fichait. Les regards ont changé, les points de vue se sont aiguisés et on a besoin de mettre du réel dans la fiction.
J. D.
: Je fais du cinéma pour m’éloigner de ce que je suis dans la vie. Être juste, c’est la moindre des choses. Le cinéma, c’est l’envie d’être un autre. Le besoin d’être un autre même parfois.

Sur le tournage des Infidèles, vous étiez les patrons?
G. L.
: On n’a pas tout cadré, on a donné les clés aux réalisateurs et ils en faisaient ce qu’ils voulaient.
J. D.
: Il n’y avait pas vraiment de patrons, plutôt deux gros branleurs. On a voulu garder le plaisir de l’écriture pure. On a donné la prépa à chaque metteur en scène pour qu’on puisse s’amuser. C’était jouissif pour nous et les réalisateurs ont pu pousser leur sujet à fond.

Comment reste-t-on libre malgré la célébrité?
J. D.
: En étant seul juge et en mettant toujours le compteur à zéro. Travailler sous la contrainte: qu’est-ce qui me fait peur, qu’est-ce que je n’ai jamais tenté? Des choses comme ça.

Le challenge en quelque sorte...
J. D.
: Oui, c’est un match avec soi-même, mais c’est très agréable.
G. L.
: C’est pas mal de finir là-dessus dans Sport & Style...  (rire collectif).

«Les Infidèles», en salles depuis le 29 février

 

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