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George Esquivel, le roi du sur mesure

George Esquivel, le roi du sur mesure

Par Julien Neuville, le 12 août 2015

Les grands noms de la NBA lui confient leurs pieds les yeux fermés. Car plus que des souliers chic, George Esquivel conçoit des chaussures sur mesure à l’esthétique singulière.

Tous les plus grands ont franchi la porte de son atelier. Tyson Chandler, Chris Bosh, Russell Westbrook, Amare Stoudemire, Dwyane Wade, et même le « king » LeBron James. Une énumération digne d’un cinq majeur du All-Star Game, tous clients de George Esquivel, tous fervents admirateurs de ses souliers. « Je comprends leurs besoins. Ces gars vivent en sneakers, jouent en sneakers, s’entraînent en sneakers. Leurs pieds sont devenus sensibles. Certains ont eu des orteils cassés. Les centres, par exemple, se font souvent marcher sur les pieds. Tout ça fait qu’il n’est pas possible de leur vendre des chaussures trop rigides » explique le bottier américain. Enfiler des souliers en cuir, durs, contraignants, c’est être certain de ralentir la récupération d’après-match. Pourtant, c’est obligatoire depuis une dizaine d’années et le dress code pose un certain nombre de conditions sur ce qui doit et ne doit pas être porté avant et après un match. Sur le règlement, la NBA est claire quant aux pieds : souliers et chaussettes appropriés, incluant les chaussures de ville, les bottines ou tout autre type de chaussures présentables, mais excluant les baskets, les sandales, les tongs ou les bottes de travail. « C’est là que j’interviens ! » annonce George Esquivel. « Mon job est très simple : faire des souliers en cuir aussi confortables que des baskets. » La liste des fidèles, qui ne cesse de s’allonger, démontre son succès. Esquivel est devenu le gourou du confort chic, l’ange gardien des pieds géants. « Les joueurs de basket-ball, plus que ceux de football américain ou de soccer, ont des grands pieds. C’est difficile pour eux de trouver des chaussures qui leur conviennent. Alors quand ils aiment une marque, ils n’en changent jamais » explique-t-il, pas peu fier. LeBron James est allé jusqu’à faire faire ses chaussures de mariage chez lui.

L’expérience Esquivel
Un confort rendu possible grâce à son savoir-faire d’artisan sur mesure. Installé depuis quinze ans dans un atelier d’Orange County, une banlieue chic de Los Angeles, c’est là que tout est dessiné, découpé, monté, assemblé et peint à la main si besoin. Environ quatre mille paires produites par an. Une moitié en prêt-à-porter – disponible dans certains stores américains comme Barney’s et les boutiques branchées européennes comme colette, distributeur exclusif en France – ; l’autre est le fruit d’un processus plus long de « made-to-measure ». Prise de mesures, consultations fréquentes, le soulier est voué à ne plus être senti, à ne jamais devenir un dérangement. « Les joueurs aiment tout ce processus. Quand ils viennent à Los Angeles, ils font presque tous le déplacement jusqu’à l’atelier en banlieue, ils veulent en faire l’expérience », raconte George Esquivel, même s’il lui est déjà arrivé de débarquer avec sa boîte à outils, son mètre-ruban et ses échantillons de cuir à l’hôtel de Dwyane Wade. Lorsqu’ils passent chez leur pote George, pas de ticket de caisse à rallonge. « Ils ne peuvent pas venir et acheter dix paires, ça prend du temps de tout fabriquer. Mais je crois qu’ils apprécient les heures passées au travail, la concentration. La plupart de mes clients ont grandi depuis leurs débuts en pro, leurs goûts ont évolué, le bling ne les intéresse plus vraiment » avance-t-il.

Ces nouveaux basketteurs – enfants du dress code strict de la NBA – ont développé une esthétique plus sobre. Gagner de plus en plus d’argent les a transformés en businessmen éclairés, soucieux et conscients de la puissance d’une bonne image. N’empêche, à moins de trente-cinq ans, l’étincelle de jeunesse est toujours là. Le goût esthétique général qui les habite pourrait être interprété comme un mélange de sobriété et d’audace. « Les joueurs ne viennent pas vers moi simplement parce que je fais du sur-mesure, il y a beaucoup de bottiers qui en font. Je crois que c’est mon esthétique qui les attire aussi. J’ai toujours fait en sorte que la marque soit ultra contemporaine dans son allure, tendance, complètement dans l’air du temps et un brin rebelle » explique George Esquivel. Toute une vie passée en Californie, une enfance loin d’être facile aux côtés d’un père dépendant à la drogue et emprisonné plusieurs années laisse des traces dans la création. Hors de question de se prendre au sérieux pour un homme qui, adolescent, a dormi pendant des semaines dans des motels pourris, et parfois dans la rue. Un côté rebelle, et surtout l’envie de désacraliser la chaussure de cuir. De toute façon, à Los Angeles, les habitudes vestimentaires ne sont pas les mêmes. Outre les tapis rouges, pas de sol à fouler en derbys noirs vernis. Il faut trouver des alternatives pour ceux qui aiment les beaux souliers.

Chez George, une oxford en vachette aux coutures peintes à la main, des chaussures plates bicolores aux teintes pastel, des mocassins au cuir froissé, des derbys combinant cuir et denim, etc. « Je fais des chaussures pour ceux qui les aiment », résume-t-il. Oh, la belle idée.

 

 

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