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Créateurs

La nouvelle vague

Par Yves Bongarçon , le 13 mars 2012

Zoom sur une nouvelle génération de créateurs masculins qui a tout pour nous plaire. Galerie de portraits des hommes qui vont nous (r)habiller demain...

Lucas Ossendrijver

Lucas Ossendrijver

Designer en charge de Lanvin Homme sous la direction d’Alber Elbaz depuis 2005.

Références : musiques électroniques 





À 41 ans, après plus d’une quinzaine d’années passées à Paris, le pudique Hollandais parle un français parfaitement raffiné. On se doute que cet obsessionnel du travail et du détail en a fait un défi personnel. Lucas Ossendrijver est arrivé à la mode par rebond. « J’ai toujours aimé réaliser des choses avec mes mains. Mon père avait une société de bois de construction, j’ai littéralement grandi dans l’atelier. » À l’époque, la mode lui semble un monde abstrait et fascinant. « On ne peut pas imaginer une famille plus loin de la mode que la mienne », dit-il en souriant. Il découvre aux Beaux-Arts, à Arnhem, que la mode est un métier. Aux Puces locales, il achète une vieille veste qu’il déconstruit « pour voir le travail ». Une vocation vient de naître. Depuis, à chaque collection, Lucas remet l’ouvrage sur le métier avec la même passion.


Raphaël, Alexandre & Laurent Elicha

Raphaël, Alexandre & Laurent Elicha

Fondateurs de The Kooples, viennent de lancer The Kooples Sport.


Références : The Crocketts, Serge Gainsbourg, Daft Punk, Gus Van Sant, Bram Stocker





Véritables enfants de la fringue, les frères Elicha racontent volontiers comment ils ont grandi dans des entrepôts au milieu des cartons de vêtements. Papa et maman, alors aux commandes de Comptoir des Cotonniers, ont donné la « fibre » à leur progéniture. « Pendant dix ans, on a eu les meilleurs profs du monde » affirme Alexandre, l’aîné. Depuis qu’ils volent de leurs propres ailes avec le succès qu’on sait, ces trois drôles de garçons qui ne se quittent pas d’une semelle (« En dehors du travail, on se voit, on part en vacances ensemble. J’habite sur le même palier qu’Alexandre » explique Laurent, le cadet) ont fait la preuve qu’ils n’étaient pas que des héritiers. « Très vite, avec The Kooples, on a su qu’il fallait qu’on raconte un univers dans sa globalité. Et avec le goût croissant des hommes pour la mode, il était important d’offrir sur le même point de vente de vraies collections traitant l’homme et la femme sur un pied d’égalité. » L’univers des collections sera rock, avec un parti pris fort : chic parisien, vestes cintrées et esprit Carnaby Street. « La manière dont les gens bougent vous dit ce qu’ils veulent porter », conclut Alexandre. Dont acte.

Sacha Walckhoff

Sacha Walckhoff

Directeur de la création de Lacroix depuis 2011. Lunetterie, papeterie, ameublement, le talent du créateur suisse s’exprime dans de nombreux domaines.

Références : Ella Fitzgerald, Aretha Franklin, Funny Face, les livres d’images.





Sacha Walckhoff est la gentillesse et la courtoisie incarnées. Une éducation parfaite, un humour qui affleure en toute circonstance. « Il faut savoir rester humble dans ce métier », raconte celui qui a passé des années dans l’ombre de Christian Lacroix. Rêveur mais avec une tête bien faite sur de solides épaules, Sacha a découvert qu’il voulait faire ce métier très tôt. « J’avais sept ou huit ans, et j’ai vu le film Funny Face à la télé. Ce film dit tout de ce métier, sa grandeur et son ridicule. J’ai su instantanément que je voulais en faire ma vie.  Je suis arrivé avec plein de théories, on m’a donné une règle, un crayon et j’ai fait des rayures pendant une semaine. Ça calme ! », raconte-t-il en riant. Bourreau de travail, appliqué, Sacha Walckhoff revendique un regard suisse et affûté sur le design. « La Suisse est un pays on l’on vit beaucoup chez soi, ça invite en permanence à repenser son environnement. Et puis, c’est tellement parfait et propre que c’est aussi ennuyeux parfois. Le design, c’est la soupape qui nous fait sortir de notre boîte trop parfaite. » Sacha Walckhoff est aussi un excellent sociologue du style.

Jérôme Dreyfuss

Jérôme Dreyfuss

Fondateur de la marque Jérôme Dreyfuss, créateur de sacs.


Références : Serge Gainsbourg, ses amis, les amies de sa femme, l’humour, les gens dans la rue





Une voix grave et chaleureuse, une sympathie immédiate, le sentiment d’être ancré dans la vraie vie... Jérôme Dreyfuss est l’antithèse de l’image d’Épinal du créateur de mode. D’ailleurs, la mode,  il s’en est peu à peu détaché pour créer ses sacs. « C’est plus difficile de faire un produit simple et juste que de la création avec des plumes et des broderies partout ! » affirme-t-il crânement. Jérôme a toujours voulu créer. Au lycée, il drague les filles en leur faisant des robes. « J’ai eu rapidement du succès dans ce métier. Du coup, à un moment, j’ai trouvé ça trop facile et je me suis dit : suis-je vraiment un créateur ? Un artisan ? Je me suis mis à douter, à penser que j’étais peut-être un imposteur ». Depuis, Jérôme va à l’essentiel. « Aujourd’hui, je ne travaille que sur l’architecture du produit et la matière.  Ce qui m’intéresse, c’est de travailler sur le côté pratique. Le pratique donne l’esthétique, pas l’inverse » dit l’homme qui donne des prénoms à ses sacs (Franky, Diego, Pat et Momo, son préféré...).

Barnabé Hardy

Barnabé Hardy

Fondateur de Barnabé Hardy il y a trois ans, après huit années passées chez Balenciaga. Créateur de vêtements masculins et
notamment de blousons.


Références : Paris, Nicolas Ghesquière, les minets, les paillettes, le disco



La vocation de Barnabé Hardy est née quand il avait cinq ans et n’a jamais variée depuis. Deux grands-mères couturières plus une maman qui s’y entendait aussi ont scellé le destin de ce jeune homme. Quelques années en Italie aux côtés de Nicolas Ghesquière puis enfin chez Balenciaga, où il est en charge des collections hommes, donneront au jeune designer l’envie de voler de ses propres ailes. En 2009, il crée sa ligne de blousons. « La plus belle récompense, c’est de voir un inconnu dans la rue qui porte l’un de vos vêtements. C’est excitant et émouvant. Parce que c’est vraiment lui qui l’a choisi ! » affirme-t-il. Barnabé insiste volontiers sur l’aspect particulier de la mode masculine : « L’homme est plus dans le confort que dans l’artifice et cite toujours invariablement les mêmes modèles : Brando, Dean, Gainsbourg. Ce n’est pas une mode qui engendre spontanément des designers “divas” ». Message reçu.

Alexandre Mattiussi

Alexandre Mattiussi

Fondateur et créateur de la marque AMI après une formation auprès de Dior, Givenchy et Marc Jacobs.


Références : la gentillesse, la danse classique, les amis, les pizzas, la vraie vie





Des yeux rieurs et gourmands, le sens de la simplicité et une barbe de geek : Alexandre Mattiussi est le représentant idéal de cette nouvelle tendance de la mode masculine qui veut ancrer la création dans la vraie vie. Pour lui, l’ambition de la marque AMI (ses initiales, ô combien symboliques !) est de créer du prêt-à-porter masculin simple, bien pensé, chic et cool. « Il faut revenir à une certaine humilité », affirme le jeune trentenaire. Cette attitude juste et radicale, très en phase avec le jeune public urbain, lui vaut d’emblée la reconnaissance. Il faut dire qu’Alexandre n’est pas un designer-né. Il a longtemps pratiqué la danse classique, mais a jeté l’éponge après le concours de l’Opéra de Paris. « Chacun attendait le faux pas de l’autre, c’était affreux ! C’est pour cela que ma marque s’appelle AMI. J’ai toujours eu horreur de la compétition. » Le principe lui réussit : devant le succès, il va créer Petit AMI, une collection pour enfants, et AMI(e) pour les femmes.

Hamish Morrow

Hamish Morrow

Designer en charge de Dirk Bikkembergs, sous la direction de Dirk Bikkembergs, et créateur de ses propres lignes de sportswear depuis 2005. Sa première collection pour Dirk Bikkembergs sortira cet automne.


Références : le surf, The Magnetic Fields, réaliser des « produits », Alice au pays des Merveilles 





Dans la bio d’Hamish Morrow, on relève immédiatement ses origines. Il est Sud-Africain. Et l’on se dit que cela a nécessairement dû influencer le créateur qu’il est. Mauvaise pioche. « Je ne vois rien dans mon travail qui puisse être le fruit de cette enfance africaine. » Hamish explique alors son rapport complexe à l’Afrique. Né à Durban, ville côtière très anglaise, de parents anglais et écossais, il fréquente une école anglaise, ses amis sont anglais... Lorsqu’il déménage à Londres à 19 ans, il a enfin « l’impression de rentrer à la maison ». C’est dire. « À Durban, j’étais un petit banlieusard anglais. J’ai fait le nécessaire pour ne jamais jouer au rugby pour mon école, ce qui était obligatoire chez les Afrikaans. J’ai toujours préféré les sports individuels aux sports collectifs : le surf, le squash, le tennis. » Logique oblige, après des études de stylisme au Royal College of Art et une incursion dans la mode masculine au début des années 2000, ce grand jeune homme svelte et austère se lance dans la création de lignes sportwear de luxe. Avec succès.

Patrick Cox

Patrick Cox

Créateur pour Geox, Patrick Cox a longtemps été aux commandes de sa propre marque. Il a aussi inventé les « glam-shoes » aux côtés de Vivienne Westwood ou de John Galliano au début des années 80.

Références : Club 54, disco, comic books, l’histoire de France





Quand on le félicite pour son excellent français, qu’on attribue automatiquement à sa nationalité canadienne, Patrick Cox répond en riant : « J’ai appris le français au Tchad, au Cameroun et au Niger lorsque j’étais jeune ». Né à Edmonton au Canada, d’une mère canadienne et d’un père anglais, Patrick ne manifeste aucun intérêt pour l’artistique. « Je devais être médecin, mon frère est d’ailleurs dentiste ! » explique-t-il. Vers 17 ans, il découvre la night life de Toronto et sa vie bascule. Il se fringue, explore le goût pour les accessoires et en vient à s’intéresser à la chaussure, « parce qu’elle présentait un aspect technique, mathématique, qui me mettait à l’aise ». À peine ses premiers modèles créés, le voici en route pour Londres afin de suivre les cours d’une école de design. Capable de capturer l’air du temps, Cox se retrouve à faire des chaussures pour Vivienne Westwood et John Galliano. Tout à fait conscient de son image, il vient d’accepter les commandes du design de la marque Geox, qui s’offre à travers lui un joli coup marketing. Car Patrick Cox, c’est d’abord un esprit pratique. « Une chaussure doit être confortable. Entre l’homme et la peausserie, c’est une histoire de 50 000 ans. »

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