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Le bomber, l'uniforme des mauvais garçons

Le bomber, l'uniforme des mauvais garçons

Par Julien Neuville, le 03 novembre 2015

Toute décision vestimentaire a sa signification. Porter le bomber n’est pas anodin, c’est une déclaration puissante. Une revendication. La notre en dix coups de cœur de saison.

Le bomber ? Une coupe légèrement bouffante qui permet un confort indéniable, élargit les épaules et resserre la taille. Un vêtement court allongeant les jambes, surtout lorsqu’il est porté avec un pantalon ajusté. Qui renoue avec l’imaginaire des sports américains, des universités preppy par sa ressemblance avec la varsity jacket, ce blouson aux manches raglan fait de toile brillante comme de la soie. Oui, mais pas que. Le bomber c’est aussi la force, l’agressivité, le combat, la guerre, le sang. Des mots qui jalonnent son histoire. Bomber : bombe, bombardier. Son autre nom, plus difficile à retenir, « flight jacket MA-1 », vient de ses premiers clients, les pilotes de l’US Army. Au départ en cuir puis en nylon, court pour faciliter l’assise dans les avions de chasse, large pour les mouvements de bras, le bomber devient célèbre grâce à la guerre du Vietnam, premier conflit mondial télévisé. La débâcle américaine est totale, mais le grand public est sous le charme de ses soldats des airs. Quand ils rentrent au pays, les militaires portent le bomber dans leur vie quotidienne et forts de leur statut de héros, le rendent cool. Un scénario loin d’être original. Au sein de la jeune génération un peu rebelle dont les chambres sont couvertes de posters de groupes de rock alternatif ou de rappeurs underground tendance gothique, le bomber, noir de préférence et deux tailles trop grand, devient le signe d’appartenance à une contre-culture, quelle qu’elle soit. Ils n’ont pas tort.

 

Après le Vietnam, le bomber continue de s’aventurer sur des terrains minés pas très orthodoxes. Les skinheads anglais puis les hooligans en font leur signe de ralliement, probablement parce qu’il leur donne une carrure plus imposante (bomber large + pantalon serré = look skinhead garanti). Nouvelle ironie lorsque les premiers rappeurs « gangsta » américains l’enfilent. Large, il peut dissimuler drogue et armes à feu (bomber large + T-shirt blanc large + pantalon baggy = look Straight Outta Compton). Le bomber est un raccourci aujourd’hui à mi-chemin entre l’image du pilote de chasse et du voyou. Peu de vêtements symbolisent autant les stéréotypes de masculinité. Il est l’uniforme du mec qui met les mains dans le cambouis, allume un barbecue en cinq minutes sans papier journal, un vrai type qui apprécie une bonne soupe de phalanges de temps à autre. Ou de celui qui rêve de l’être.

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