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Interview de Mario Sorrenti

Interview de Mario Sorrenti

Le 06 février 2012

Mario Sorrenti, le photographe le plus verni de la planète, a eu l'honneur de shooter les 12 plus belles filles du monde pour le Calendrier Pirelli 2012. Interview exclusive à New York.

 

Quelle est la première chose qui vous a traversé l’esprit quand on vous a dit : Mario, c’est toi qui shoote le calendrier Pirelli ?
J’étais super excité. La première fois que j’ai été approché – car nous parlons depuis plusieurs années maintenant –, on m’a demandé quelle était mon idée. Puis ils ont voulu me revoir l’an dernier…

Vous voulez dire que ça a pris plusieurs années ?
Oui, pour moi en tout cas (rires). J’étais super content quand ils m’ont appelé la première fois et très triste quand ils ont décidé de choisir un autre photographe (rires). Ça doit faire trois ans qu’on en parle… C’est un projet tellement prestigieux, j’étais extrêmement flatté quand j’ai finalement été choisi.

Comment avez-vous imaginé ce projet ?
J’ai toujours eu ce projet en tête, même avant d’avoir été contacté par Pirelli. Ce qu’ils veulent, c’est l’univers du photographe. Ils avaient vu beaucoup de photos de moi auparavant. Je voulais qu’il y ait de la nature, une ferme, un paysage, la mer, des rochers… Il fallait trouver un endroit où il y ait tout ça. Je ne savais pas que je voulais les filles totalement nues. On avait une styliste et une tonne de vêtements… Mais en fait c’était plus fort et plus naturel de les photographier nues. Les photos avec vêtements semblaient moins honnêtes, plus provocantes, plus sexy, ce n’est pas ce que je voulais. Il fallait que les filles sentent la connexion avec la nature, alors les vêtements sont tombés. J’ai enlevé tout ce qui les encombrait, ce qui couvrait leur corps et leur esprit…

Vous connaissiez déjà les filles…
Oui, depuis des années. C’était une de mes idées initiales de me retrouver avec des filles qui seraient à l’aise avec la nudité. On a envisagé la possibilité de faire appel à des célébrités, mais il y avait trop de contraintes. Alors on est revenu à l’idée de garder les filles que je connaissais et avec lesquelles je me sentais à l’aise. Et c’est une bonne chose.

Les photos avec vêtements semblaient moins honnêtes, plus provocantes, plus sexy, ce n’est pas ce que je voulais.

Racontez-nous les shootings…
D’habitude, quand nous travaillons sur des shoots, il y a dix personnes autour de nous : stylistes, maquilleurs, coiffeurs, assistants, des gens qui regardent. Pour ces photos, j’ai viré tout le monde. Dans le maquis, je leur demandais d’aller le plus loin possible pour ne pas les voir ou les entendre. Du coup, c’était très intime. Juste elles et moi, au pire un assistant. Mais pour la plupart des photos, il n’y avait personne autour de nous. Nous avons shooté pendant six jours, à raison de deux filles par jour – une le matin, une le soir –, et nous avons fait deux photos par fille dans deux sites différents.

Comment est née l’idée du concept façon « book » du calendrier 2012 ?
Je trouvais bête d’attacher une fille à un mois car je ne voyais pas de rapport entre les deux (rires)

Quoi qu’il en soit, elle était nue en janvier…
Je n’aimais pas l’idée d’un calendrier basique. Je voulais qu’il soit considéré comme un collector. On a aimé l’idée d’encadrer les photos comme un portfolio pour mettre les tirages, ça me rappelait celui que j’avais au début de ma carrière pour présenter mes images.

Elles sont très entourées par la nature…
J’ai réalisé que pour ce projet j’étais très enthousiasmé par le fait de revenir à la photo qui m’a inspiré au début de ma carrière. Bill Brandt, Paul Strand, ce sont les gens qui m’inspiraient au moment où j’ai commencé la photo. Des choses très classiques. D’ailleurs, le propos de ce calendrier est la photo classique, pas la photo de mode.

Quand je travaille, il y a beaucoup de choses que je ne contrôle pas. Je dirige, mais je laisse faire.

Qu’est-ce qui vous inspire dans ces corps de femmes ?
L’essence de la fille, elles sont toutes belles. Elles ont toutes leur personnalité, leur différence, ce qu’elles peuvent apporter à une image de manière personnelle, ce qu’elles sont. Elles amènent leur personnalité autant que moi dans la photo. C’est une combinaison, il faut être capable de reconnaître le moment où il se passe quelque chose. Je connaissais les filles, alors je savais ce que j’aimais chez elles. Quand je travaille, il y a beaucoup de choses que je ne contrôle pas. Je dirige, mais je laisse faire… Et ça marche dans les deux sens, pour les filles aussi. Quand le moment de grâce arrive, tu dis : « c’est beau, ne bouge plus ».

Une favorite ?
Non ! Si j’en avais une, ce serait le mélange de toutes ces filles ! Pour faire une bonne photo, il faut être pro, il faut une certaine quantité de chance et du feeling. On cherche physiquement la photo parfaite en marchant dans le maquis. C’est bizarre, et puis il y a des signes, tu suis tes émotions, ton instinct et l’image arrive. Je voulais faire quelque chose d’honnête et de simple. Mon approche de la photo est en lien avec mon éducation, le fait d’avoir grandi en Italie et que mon père soit peintre. Toutes ces choses se reflètent dans les photos que je prends.

Le travail de peintre de votre père vous a-t-il influencé justement ?
Énormément ! Rien que le fait qu’il soit peintre et que je sois presque mort en buvant la térébenthine dans son atelier quand j’étais petit. On peut donc dire que je suis tombé dedans ! Et puis par le fait d’avoir grandi entouré d’œuvres d’art en Italie. Mon père vit à Naples et passe son temps à m’envoyer des textos me demandant de lui expédier le calendrier. Pour lui c’est prestigieux, il en veut quatre exemplaires… Je crois qu’il est très fier.

 

 

 

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