X
En poursuivant votre navigation sur Sport&Style.fr, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et des publicités ciblées en fonction de vos centres d'intérêts, pour mesurer la fréquentation de notre site, et vous permettre de partager vos lectures sur les réseaux sociaux. Pour en savoir plus ou paramétrer les cookies, rendez-vous sur cette page. En savoir plus.
Loïck Peyron

Le temps du record

Le 03 janvier 2012

A quelques jours de son arrivée à Ouessant, où il risque bien de remporter le Trophée Jules Verne sur Groupama V, le navigateur Loïck Peyron, ambassadeur de la maison horlogère Corum, nous parle de sa gestion du temps en mer. Interview, à la seconde près.

Trophée  Jules Verne 2011

Trophée Jules Verne 2011

TOUR DU MONDE A LA VOILE EN EQUIPAGE


Partis de l’île d’Ouessant le 22 novembre 2011 à bord du maxi trimaran Banque Populaire V, le navigateur Loïck Peyron et ses treize équipiers sont en bonne position pour établir un nouveau record du Trophée Jules Verne, le tour du monde à la voile en équipage. Après avoir dépassé l’Équateur le 30 décembre, le bateau est toujours en avance sur le record de l’actuel détenteur du Trophée, Groupama 3 du skipper Franck Cammas, qui avait bouclé son affaire en 48 jours, 7 heures, 44 minutes et  52 secondes. Pour être certain de remporter le Jules Verne, Banque Populaire V devra dans tous les cas impérativement accoster au plus tard le lundi 9 janvier à 17h15. D’ici là, Loïck Peyron et sa fière équipée ont les yeux rivés sur le chrono. La course contre la montre dans laquelle ces derniers sont embarqués les oblige à tout minuter. Interview, en mer, d’un skipper hors du commun.

L'heure  dans la tête

L'heure dans la tête

Loïck Peyron : « Tous les membres d’équipage ont un petit chronomètre qui tourne dans un coin de leur tête. Le temps, c’est ce qui ponctue chaque journée, c’est ce qui régit l’organisation du bateau. Sur notre trimaran, les tâches sont réparties entre l’équipage selon un système de quarts. Toutes les quatre heures, on change d’activité. La plupart d’entre nous a donc une montre mais surtout, on garde tous un œil sur une des deux horloges qui équipent le bateau. Il y en a une dans la cuisine, l’endroit où l’on cause, et il y en a une autre dans le cockpit. »

Le système  des quarts

Le système des quarts


Loïck Peyron : « Il y a un quart pour le pont, un quart pour la veille et un quart pour le repos. Chacun s’organise au sein des quatre heures de quart pour s’atteler aux tâches qui lui sont dédiées. Ceux qui sont sur le pont font naviguer le bateau – il y a des tours de barre d’une heure ou de quarante-cinq minutes –, les quatre qui sont en veille préparent les repas ou nettoient l’intérieur et les quatre derniers dorment. »

Les chronos  de référence

Les chronos de référence

Loïck Peyron : « Toutes les heures, nous recevons notre position en temps réel ainsi que celle de référence, c’est-à-dire celle du bateau Groupama qui détient le record du monde depuis deux ans. On fait toujours attention à cette position de référence pour se situer, pour savoir quelle manœuvre adopter. En ce moment, nous avons de l’avance sur Groupama, on est donc évidemment moins sensible à sa position. À la même période, il y a deux ans, ce bateau était plus lent que le nôtre aujourd’hui. En revanche, on serait plus soucieux si d’aventure on était en retard sur le record ou à égalité. »

La vitesse

La vitesse

Loïck Peyron : « La vitesse du bateau dépend de la force du vent, de sa direction et des vagues. On modifie en permanence notre allure : dès que le vent mollit, on accélère, mais quand il y a trop de vent et que l’on se met à rebondir sur les vagues, on ralentit. On est toujours en train de nous ajuster. En ce moment, on a des conditions exceptionnelles. La mer est plate, le vent vient en travers du bateau, on va à 25-30 nœuds, c’est une vitesse idéale. Mais généralement, la consigne reste de préserver le bateau, plus que de prendre des risques. On n’attaque jamais vraiment comme des malades. »

La prise  de risque

La prise de risque

Loïck Peyron : « Il y a finalement très peu de cas où l’on prend des risques. Par contre, on ne s’interdit pas d’appuyer sur le champignon. Dans le cas de conditions idéales, on peut utiliser 100 % du potentiel du bateau sans se gêner. On le fait parce que l’on sait que l’on ne fait pas mal au bateau. Dans ce cas-là, il y a peu de mouvements sur l’eau, pas d’accélération dynamique du vent, très peu de vagues. »

Le décalage  horaire

Le décalage horaire

Loïck Peyron : « Quand on navigue en longitude, par exemple de l’océan Indien à l’océan Pacifique, les créneaux horaires changent tout le temps. Dans ce cas, il faut réorganiser sans arrêt les quarts. Il y quelques semaines, juste avant de passer le Cap Horn, on est descendu au sud, pas loin du solstice d’hiver, là où les jours sont les plus longs. À ce moment, on voyait à peine le soleil se coucher, on était complètement désorientés. Au final, on se détachait du temps tout en continuant à s’y accrocher. C’est stimulant comme situation. »

Le pont

Le pont

Loïck Peyron : « Il y a toujours des gens sur le pont, un tiers de l’équipage minimum, soit quatre équipiers. Un est à la barre et trois autres sont au réglage des écoutes. Et quatre autres, en veille, sont prêts à bondir sur le pont. Juan Vila, le navigateur, et moi-même sommes hors quart, on peut être sur le pont à tout moment, à chaque seconde. On vient en appui de ceux qui sont dehors et ceux qui sont en veille. À huit, ces derniers sont trop peu nombreux pour faire une manœuvre un peu compliquée. À dix sur le pont, on peut vraiment travailler et ça permet de préserver les quatre derniers équipiers qui ont leur quart de repos. »

 

Les repas

Les repas

Loïck Peyron : « Ils sont organisés par l’un des quarts de veille qui vient de se réveiller et qui n’est pas encore sur le pont. Sur le bateau, il y a deux repas par jour. Je parle ici de nourriture lyophilisée cuisinée avec de l’eau bouillante et distribuée dans des petites gamelles isothermes. On mange au moment où on en a envie, quand on redescend du pont ou au moment de remonter dessus. Au final, les quatorze membres d’équipage ne se retrouvent jamais tous ensemble pour partager un repas. Il faut dire que le boyau central du bateau, l’endroit où l’on peut se mettre à l’abri, est quand même étroit pour accueillir quatorze personnes ensemble ! On finit donc tous par manger sur le pouce. Mais bon, il y a tellement de choses à faire sur le bateau. »

 

 

lire le magazine

IMAGE LAFC STORY

© L'équipe 24/24 2016 - Tous droits réservés

contacts - C.G.U.