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La vérité sur les maillots de demain

La vérité sur les maillots de demain

Par Julien Neuville , le 08 avril 2016

L’Euro 2016 approche à grands pas. L’une après l’autre, les grandes marques de sport ont dévoilé leurs nouveaux maillots. Mais à quoi ressembleront les maillots de football dans dix ou vingt ans ? Que pourront-ils faire ? Le Big Four, comme il est approprié de l’appeler maintenant, a répondu à l’appel de Sport & Style.

COMME UNE SECONDE PEAU
SCOTT MUNSON, vice-président chez Nike Global Football
«Une chose est sûre, le jeu devient de plus en plus rapide. Les joueurs nous disent tout le temps qu’ils veulent que le maillot devienne une seconde peau en harmonie parfaite avec leur corps. Notre but est de donner l’impression aux joueurs qu’ils ne portent rien du tout. Dans cette direction, nous sommes particulièrement intéressés par le sur-mesure. Une équipe, ce sont vingt-trois joueurs aux corps différents. Il faut s’adapter aux besoins de chacun : leur corps, leurs muscles, comment ils transpirent. Dans le futur, nous allons devoir prendre ces paramètres en compte dès le tissage des fils, faire en sorte que le maillot soit élaboré pour une seule personne. Sans oublier évidemment qu’un maillot doit aussi apporter un avantage psychologique au joueur. Voilà la situation dans laquelle nous nous trouvons: créer un maillot que le joueur ne sent pas et qui, en même temps, donne force et confiance quand on le porte. »
 

DES COMBINAISONS INTÉGRALES
KEVIN HALEY, président produit et innovation de Under Armour
« Le sport est différent mais les besoins sont les mêmes. En rugby, notre maillot pour le Pays de Galles est fait de telle manière qu’on ne peut l’attraper, sa surface est glissante. On peut aller encore plus loin, mais je vais être honnête, la moitié des coachs de football est réticente. Oui, tirer le maillot est interdit, mais ça permet aussi aux équipes de bénéficier d’une faute. Et ça, personne ne veut s’en priver. Je suis persuadé qu’on arrivera à des combinaisons intégrales comme en athlétisme. Des pieds à la tête, les joueurs seront protégés, et pas un centimètre carré ne pourra être saisi par le monde extérieur. C’est le summum de l’aérodynamisme. Pour le moment, la culture n’est pas encore à ça mais on s’y dirige.

Nous avons inventé UA Coolswitch. C’est assez fantastique car tout se déroule sur la surface du textile, avec cet imprimé de « cristaux » qui s’activent littéralement pendant l’effort. Alors que la température du corps augmente, la texture rejette le chaud et l’éloigne de la peau, refroidit le mécanisme. Je crois que tous les maillots devraient être de la sorte.

Le troisième point sur lequel nous travaillons, ce sont les capteurs intégrés aux vêtements. Nous sommes capables depuis plusieurs années d’avoir des capteurs d’hydratation, de transpiration. Dans quelques années, le préparateur physique aura une tablette avec le niveau d’hydratation de ses joueurs en temps réel. Il saura quand tel joueur doit boire, la quantité d’électrolyte, s’il est en manque de sucre. On parle d’un sacré avantage pour les équipes qui suivront leurs joueurs avec précision pendant les matchs. »


DU SUR-MESURE
TORSTEN HOCHSTETTER, directeur créatif mondial Puma
« La question pour nous est : comment rendre nos joueurs plus rapides? C’est le slogan de la marque, « Forever Faster ». Ça passe évidemment par plus de légèreté dans nos tissus, mais aussi par un maillot toujours plus près du corps, difficile à saisir. Personnellement, je voudrais aller vers encore moins de coutures et de poids. Et inexorable- ment, on va arriver vers du sur-mesure. Nous travaillons déjà avec des scanners 3D, des avatars, pour fabriquer des maillots uniques aux corps des joueurs. Ça devient d’autant plus important pour nous avec notre technologie Puma ACTV Thermo R des maillots de l’Euro 2016. Prenez le maillot de l’Italie, vous voyez une bande au niveau de l’abdomen, juste au-dessous des pectoraux, et deux autres dans le dos. Si vous retournez le maillot, vous pouvez toucher et sentir la différence de matières, comme si ça agrippait. C’est inspiré des bandages kinésies qui main- tiennent et compressent les muscles les plus sollicités. Ces bandes ralentissent la fatigue musculaire des joueurs. Avec un scanner 3D et une connaissance parfaite du corps du joueur, je peux apposer ces bandes à des endroits stratégiques, en fonction des besoins et du style de jeu. L’individualité prendra encore plus d’importance avec les maillots du futur. »
 

UN SPRAY DE TISSU
JAMES CARNES, vice-président en charge de la stratégie globale d’adidas
« J’ai l’impression qu’on ne va pas encore assez loin dans la technicité et l’innovation des matières concernant les maillots. Nous avons développé des choses comme Adizero ou Climacool, mais on peut faire bien mieux en termes de contrôle de la température du corps. Pour 2018, nous travaillons à augmenter la performance physique. Un premier point d’évolution concerne la fabrication. Un maillot est fait de fils. C’est un tissu coupé puis cousu, sur lequel on appose logos, numéro, nom, etc. Finalement, sur un produit qui était « pur » à l’origine, se retrouvent plein de petits détails qui le dénaturent et parfois annulent ses propriétés techniques. Dans le futur, je crois qu’on va vers un maillot entièrement conçu d’une pièce. Tout sera intégré en une seule étape. Le joueur ira dans une salle spéciale, ses mesures seront prises, et en sortira le mail- lot parfait en un seul morceau de tissu. Selon les préférences, on allongera les manches, ouvrira le col, il y aura plus de place pour la personnalisation. On expérimente aussi un concept de spray de tissu : au lieu de revêtir un maillot, le joueur se le fait « peindre » sur le corps. En termes esthétiques, on va traverser une période où, tout étant intégré, les designs seront d’une sobriété extrême, le superflu disparaîtra. Puis on s’en fatiguera et on repartira vers de la création plus audacieuse. Le processus sera si facile et rapide que les clubs pourront imaginer leurs mail- lots tout seuls ou faire intervenir les fans. Les opportunités seront infinies. »

 

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