X
En poursuivant votre navigation sur Sport&Style.fr, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et des publicités ciblées en fonction de vos centres d'intérêts, pour mesurer la fréquentation de notre site, et vous permettre de partager vos lectures sur les réseaux sociaux. Pour en savoir plus ou paramétrer les cookies, rendez-vous sur cette page. En savoir plus.
Étoiles  de mer

Étoiles de mer

Le 01 juillet 2011

Au sud de Gênes, sur la côte ligure, les champions d'Europe de water-polo (Stefano, Niccolo, Tamas et Maurizio) jouent aux top modèles.

En Italie, les histoires débutent souvent à la trattoria. Sur la Riviera du Levant, à l’est de Gênes l’orgueilleuse, Maurizio Felugo est attablé sous les arcades de l’osteria Luchin, une main dans le plâtre, l’autre occupée à rassembler les derniers ravioli alla genovese qu’il a commandés. On comprend alors que le water-polo est un sport violent. Bienvenue à Recco, petite ville ligure et capitale autoproclamée du water-polo italien.
Depuis sa création en 1913, la Pro Recco – l’équipe de water-polo locale – a remporté 24 championnats d’Italie, 6 coupes européennes des champions, 4 super coupes européennes et 7 coupes d’Italie. Ici, le « polo » est une religion. « En Ligurie, le water-polo est une vieille tradition », confirme Eraldo Pizzo, dit le Caïman, légende locale de la discipline. « Dans les années 50, quand j’ai commencé, on ne jouait pas en piscine, mais en mer. La Ligurie est composée de petites baies, de petits ports, d’embarcadères et de criques abritées du vent et des vagues. Dans le temps, chaque petit village avait sa propre équipe. Les jeunes jouaient au water-polo dans la mer l’été et au football sur la terre l’hiver. » À 74 ans, le Caïman est un membre actif de la direction de la Pro Recco. Et un joueur entré dans l’histoire : champion olympique aux Jeux de Rome en 1960 et 16 fois champion d’Italie, une sorte de Pelé du water-polo.

BRITISH STYLE

L’entraîneur de la Pro Recco est Giuseppe Porzio. On l’appelle Mister, c’est souvent ainsi que les coaches sont nommés dans la région, en souvenir des Britanniques qui introduisirent de nombreux sports comme le football avec le Genoa Cricket and Football Club, fondé en 1893, le plus ancien club de foot de la péninsule. Comparé au calcio, théâtre de la commedia dell’arte sans égal, le water-polo est un vrai sport d’hommes. Il faut sans cesse pédaler pour rester en surface – les joueurs n’ont pas pied dans la piscine – et les contacts sont consubstantiels à la discipline, comme au rugby, avec des plaquages sous-marins et des exclusions temporaires. Beau joueur, mister Porzio reconnaît que le water-polo est un jeu viril : « Les joueurs se retrouvent parfois en situation brutale dans l’eau. Un peu comme au rugby, il y a de nombreux contacts physiques. Mais cette violence est due à un changement de réglementation ces dernières années, favorisant ce type de comportements au détriment d’un jeu plus technique et de meilleure qualité. »

Ce soir, la Pro Recco affronte le Havk Mladost, le club de Zagreb, pour l’ultime match d’Euroligue. Ironie du sort, elle a beau être l’une des meilleures équipes du monde, la Pro Recco ne possède pas de stade nautique. C’est donc dans la ville voisine, Sori, qu’elle reçoit ses adversaires. Et comme dans tous les stades italiens, les tifosi de Recco entament les chants d’encouragement depuis les tribunes. De toutes les façons, malgré les noyades des uns et des autres, à l'issue des quatre périodes de huit minutes de jeu effectif, la Pro Recco gagne encore la partie.

POLO PARADISO

Eraldo Pizzo, le Caïman, est soulagé pour son équipe. Mais il se prend parfois à regretter le temps où le jeu se faisait encore dans la mer : « Dans la mer, c’est un plaisir de jouer, c’est beaucoup plus facile, on flotte. Une partie de water-polo en mer est un spectacle bien plus intéressant qu’en piscine. L’été, dans la mer, il y a encore des tournois amateurs avec d’anciens athlètes à Zoagli ou encore à Sestri Levante. » Sestri Levante se trouve un peu plus loin sur la Riviera du Levant et elle possède deux baies. C’est dans la plus petite, l’une des plus belles de toute l’Italie, la Baia del Silenzio, que se jouent ces parties, au milieu des barques colorées des pêcheurs.

À la sortie de la piscine, Maurizio, victorieux, retrouve sa fiancée Sara pour dîner à l’osteria Luchin, la trattoria familiale de son ami Andrea, ancien champion et partenaire de water-polo. Sur les murs du restaurant, les photos rappellent les souvenirs des championnats et des Jeux olympiques qu’ils ont disputés ensemble. Ce soir, Maurizio dégustera un plat de moules farcies des deux mains, l’adversaire ne lui a pas tordu le poignet sous l’eau. Sara sourit : « Quand il rentre à la maison, il est couvert de griffures sur le torse et le dos et a parfois même des morsures dans le cou. Mais je ne m’inquiète plus, je sais qu’il revient d’un match ! »

 

lire le magazine

IMAGE LAFC STORY

© L'équipe 24/24 2016 - Tous droits réservés

contacts - C.G.U.