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Roschdy Zem Joueur né

Roschdy Zem Joueur né

Le 01 juillet 2011

45 ans, 60 films, et un jeu d'acteur d'une diversité détonante. Beau joueur en interview, le réalisateur s'éclate sur le terrain sportif. Golf, boxe, foot, barre au sol : le vrai-faux ténébreux Roshdy Zem affiche sa face ludique. Faites vos jeux !

Roschdy Zem se coule dans un canapé profond et justifie le choix du fait-divers pour son deuxième film en tant que réalisateur : « C’est parce qu’un sujet est casse-gueule qu’il est intéressant ! » D’une profonde justesse, son Omar m’a tuer évite le pamphlet démonstratif mais vibre d’un engagement casse-cou. D’un flegme furieusement british, le jeune réalisateur se révèle un sportif doué et intuitif. Assumant désormais sa passion pour le golf, il donne dans des disciplines plus musclées, voire carrément féminines. Prochainement agent du Mossad aux côtés de Bruce Willis et Sigourney Weaver dans The Cold light of day, il joue franc-jeu.

Peut-on comparer un acteur passant à la réalisation à un joueur devenu entraineur ?
Absolument ! La différence, c'est qu’un entraîneur ne joue plus alors que moi, j’espère encore avoir des rôles (rires).

En tant que réalisateur, êtes-vous plutôt directif ou coulant ?
Tout dépend des « joueurs ». Certains ont besoin d’être rassurés. D’autres sont des petits génies qui font exactement ce qu’ils veulent.

Dans ce cas-là, les laissez-vous en roue libre ?
Sur Omar m’a tuer, avec un virtuose, un premier violon comme Podalydès par exemple, j’agissais plus en chef d’orchestre qu’en directeur d’acteur. Comme avec un champion : tu ne lui apprends pas à jouer, tu dois juste savoir le placer au bon endroit.

C’est important d’être élégant sur un parcours de golf. Si vous ne l’êtes pas, vous faites tache. Un truc très british, à la différence de la boxe et du foot. Pendant longtemps, le golf a été bourgeois, difficle d’accès. Il se démocratise, mais il faut conserver l’élégance.

Pour être au top de la performance artistique, avez-vous une recette sportive ?
Pour être un bon interprète, il faut être en forme physiquement. Donc ça passe par le sommeil, des étirements, un peu de musculation... Quand mon corps a livré sa part de dépense, mon cerveau est plus disponible.


Que faites-vous en salle de muscu ?

Des poids très légers pour gagner en réveil musculaire et non en masse. Récemment, j’ai d’ailleurs découvert la barre au sol.

Et alors ?
J’adore ! Je suis le mauvais élève de la classe face à une gente féminine confirmée. Cette discipline fait travailler la souplesse et découvrir des parties de son corps dont on ignorait l’existence. Comme le diaphragme. C’est quoi ? C’est où ? (toucher taquin du torse à l’appui).

Vous pratiquez toujours la natation ?
Je suis pathétique. J’ai appris à nager à la naissance de ma fille. Je patauge toujours alors que je vois les autres tracer. Mon ego en prend un sacré coup ! Aujourd’hui, je pratique des sports nouveaux et j’ai totalement abandonné ceux auxquels je consacrais ma vie : le foot, la boxe... Avant je faisais des sports de prolo et maintenant, des sports de bobo.

Pourquoi avez-vous quitté le ring ?
J’avais un défaut incompatible avec le genre : je ne savais pas encaisser les coups. Une petite droite et j’avais mal au crâne pendant 4 jours. Mais quel plaisir de voir certains boxeurs qui dansent tels des artistes.

Quel est le sport le plus cinégénique ?
La boxe ! Avec Raging Bull en grand film de référence. J’aime bien aussi la trilogie des Rocky, même si le 3 commence à partir en sucette. Et Marqué par la haine avec Paul Newman, mon tout premier film de boxe. Mais le sportif le plus cinégénique reste Muhammad Ali. Vous préférez peut-être que je dise Cassius Clay ? Je vous charrie. Il avait le physique, le talent, l’intelligence et une démarche politique. Il a été le premier sportif à utiliser les médias au service d’une cause.

Je fête mes 20 ans d’abonnement au PSG. Et toujours dans la même tribune, pas celle des VIP.

Étant aussi fan de Bruce Lee et Jacky Chan, n’avez-vous jamais été tenté par les arts martiaux ?
Je préfère Bruce Lee. Il y avait des cours de kung-fu et de karaté à côté de ma salle de boxe... Ce qui est mis en avant dans ces sports ? Ne pas toucher l’adversaire. Pour un gosse de 13/14 ans, c’est trop studieux. Dans la boxe, il y a ce côté bagarre, tactile, ludique.

Comment un petit gars né à Gennevilliers et qui a grandi à Drancy découvre-t-il le golf ?
En 1990, je suis tombé amoureux d’une femme qui était la fille d’un propriétaire de parcours en Suisse et en Floride. J’ai rencontré la perle rare à l’ANPE (sourire doux). J’ai passé 3 ans avec elle. On s’est séparé, j’ai posé les clubs. En 1996, j’ai tourné Fred puis Ma petite entreprise avec Pierre Jolivet qui est golfeur. Et j’ai rejoué.

En total monomaniaque ?
Oh oui ! Sauf que depuis quelque temps, je suis handicapé par une blessure. Et très affecté moralement (sourire goguenard). Mon hernie discale explique donc la barre au sol. Mais je n’ai pas dit mon dernier mot. J’ai compris que je devais faire un break pour revenir encore plus fort (voix de Rocky). Le golf, c’est le plus grand des sports ! C’est aussi le sport qui demande le plus d’humilité.

C’est-à-dire ?
Quoi de plus prétentieux que de prendre une petite balle pour la mettre dans un trou à 400 mètres ? En 24 heures, j’ai pu passer de joueur remarquable à joueur pitoyable. Il faut rester humble…

Interview intégrale à lire dans Sport & Style n°27 – juin 2011.

Omar m’a tuer de Roschdy Zem, avec Sami Bouajila et Denis Podalydès. Sortie le 22 juin.

 

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