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Laird Hamilton Surf spirit

Laird Hamilton Surf spirit

Le 30 juin 2011

En rencontrant l'icône du surf sur la plage de Malibu, on ne s'attendait pas à parler de marijuana et d'Einstein, d'esthétisme et de qualité du savon. Plus quelques-unes des raisons pour lesquelles Laird Hamilton, 48 ans, est le plus grand surfeur au monde.

« Laird ne fait pas que rider des grosses vagues, il est lui-même un tsunami », dit de lui son vieil ami Eddie Vedder, chanteur de Pearl Jam. Côté surf, Laird Hamilton n’a plus rien à prouver. Il est passé dans la catégorie légende, surfant les plus grosses vagues au monde, inventant des figures que personne n’a jamais osé faire sur l’eau (comme un saut à 360° avec sa planche), dans des conditions extrêmes.

Aujourd’hui Laird Hamilton – plus qu’une icône – est une véritable marque. L’esprit du surf, le sens du business. Les pieds dans l’eau, la tête dans mille projets. Marié à la volleyeuse pro et top model du Swimsuit Issue de Sports Illustrated Gabrielle Reece, il vit avec ses trois filles Izabella, Reese et Brody entre Malibu et Hawaï. On le croise dans une soirée Chanel à Montauk, aux côtés de Bruce Weber, Richard Gere, Julian Schnabel et Ahn Duong ou prenant la parole pour demander à Barack Obama de réglementer le forage du pétrole en mer.

Au-delà de la communauté surf, son nom résonne dans les cercles huppés de la côte Ouest où il fait partie du très sélect « Malibu Mob », avec John McEnroe, Tony Danza et John Cusack. Les Beckham du surf, en quelque sorte. Le bling en moins, le naturel en plus. Héros du film culte Riding Giants, Laird transforme tout ce qu’il touche en or. Il en fait des livres, des DVDs, des lignes dérivées, des émissions télévisées, des projets insensés... De doublure pour James Bond, il est devenu le héros de ses nouvelles aventures, maître d’une vie tellement bluffante que sa liste de détracteurs est aussi longue que celle de ses courtisans. Lui s’en fout, il continue d’avancer. Et de dire mahalo à la vie (merci, en langue hawaïenne). Life is good.

Les filles, ma femme, une bonne journée de surf à Hawaï, porter des cailloux, couper du bois, tout ça fait mon équilibre aujourd’hui.

Comment êtes-vous devenu ambassadeur de la montre J12 Marine de Chanel ?
C’est un ami à New York qui nous a mis en contact. Avant de dire oui, l’important pour moi était de pouvoir essayer la montre. Je ne pouvais pas représenter un produit sans être persuadé de sa performance. Je connaissais évidemment Chanel et je savais que leurs produits sont un must, mais ma question était : est-ce une montre fashion ou vais-je pouvoir la porter ? C’est-à-dire surfer avec, la cogner contre un arbre, tomber de ma planche, tenir sous l’eau, etc. J’ai essayé la montre pendant six mois. En surf, notre plus grand problème, ce sont les fermoirs. La plupart des montres en ont et on les casse systématiquement. Ma J12 a tenu bon. En plus, je la trouve très masculine. Chanel est plutôt connu pour ses parfums et ses lignes féminines, mais cette montre est une belle réussite de leur transition vers l’univers masculin.

Quelle est votre notion du temps sur l’eau ?
Sur l’eau, le temps est une notion totalement invisible. Ma montre me sert à savoir combien de temps dure une session de surf ou une apnée, l’heure des marées, etc. Je m’en sers aussi pour chronométrer mes performances sous l’eau durant l’entraînement. Les aiguilles luminescentes sont un outil utile pour moi, et j’aime la simplicité d’un beau cadran. En fait, je ne mesurais pas l’importance d’une bonne montre jusqu’à ce que j’en porte une (rires). Avant, je passais mon temps à demander l’heure aux autres.

Et vous surfez avec une montre désormais ?
Toutes les montres que j’ai eues dans le passé, je les ai perdues en mer. Toutes. Soit je cassais le fermoir, soit le bracelet velcro s’arrachait, ou elle était inconfortable. Je n’aime pas le digital, ce qui élimine 90 % des montres « surf » sur le marché. Parfois, je me disais que ce serait bien d’avoir une belle montre et puis je concluais que je n’en avais pas besoin. Il n’y avait pas vraiment de montres qui me plaisaient. C’est comme les lunettes de soleil, je n’en porte pas, je n’aime pas ça. Pour moi, la mode est surtout une question de fonction. Et bizarrement, les objets fonctionnels sont souvent beaux. Je ne porte pas grand-chose sur moi, alors ce que je porte doit être confortable. Comme c’est une très belle montre, parfois je me sens coupable de la porter tout le temps... En tant que surfeur, je suis très sensible à ce qui est en contact avec ma peau. Comme le savon, je ne peux pas utiliser n’importe lequel car certains laissent un film sur l’épiderme et je n’aime pas ça. Je suis ultra sensible, contrairement à ce que vous pensez...

Ah non, je trouve ça très intéressant les hommes sensibles...
Je suis même plus sensible que la moyenne car je surfe pratiquement nu. Je suis très sensible au toucher, aux matières, j’aime les matières légères – parce que j’ai le sang chaud de toute façon – ou très douces, lavées ou déjà portées. Le confort est essentiel. La plupart des gens passent leur vie à porter des choses inconfortables parce que c’est beau. Pour moi, la fonction, c’est le plus important.

Comment définiriez-vous votre style ?
Mon style, mon surf, en fait tout ce qui m’attire tourne autour de la beauté, de la simplicité. En général, on crée de la complication pour masquer une imperfection. Et on n’a pas besoin de ça. Une pièce classique, parfaite, parle d’elle-même. Il n’y a rien à ajouter. Ma philosophie du style est celle de mon surf, je n’ai pas besoin de faire de gestes superflus, des tricks qui ne servent à rien. C’est ma philosophie de vie dans tout ce que je fais : mes vêtements, la façon dont je me nourris, les choses qui m’attirent, le lifestyle de ma famille. Je suis à l’opposé du bling. J’aime les couleurs presque nues. Le truc le plus dingue que je possède est un short de surf psychédélique, c’est dire.

Votre lifestyle est aussi devenu un label. Vous avez créé votre propre marque, Blame Laird, d’après une campagne d’affichage destinée à vous faire du tort, au départ...
Oui, quelqu’un avait stické des affiches « Blame Laird » (« La faute à Laird », en référence à la popularité contestée dans le milieu du surf du stand up paddle – ndlr) contre moi et j’en ai fait une ligne de vêtements et d’accessoires.

Vous avez dû définitivement l’énerver alors...
Oui, je crois. Mais c’est tout ce que mérite une personne qui dépense autant d’énergie négative. Pour moi, c’est du génie, ce slogan. Du coup, j’ai transformé le « Blame Laird » de manière positive, avec mes valeurs : la santé, le fun, le sport. Même avec des millions, je ne suis pas sûr qu’une agence de pub aurait trouvé un slogan aussi efficace.

Être dans un environnement où tout est calme, où l’océan est plat, sans vent, me rend anxieux. J’ai besoin de sentir les éléments déchaînés, c’est comme ça que je me sens en vie.

 

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