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Mode Schuss

Par Claire Byache , le 09 janvier 2013

Avant que Karl ne mette son grain de gel, avant que Castelbajac ne joue des spatules, il y eut les pantalons bouffants et le drap de laine, le fuseau, la combi et, pire que les bonnets péruviens, les toques à pompons. Bon. Petite histoire de la mode et du ski. Pas triste, on vous dit.

Charlie Chaplin et Douglas Fairbanks en 1931. 

1930-1940: CIAO TINTIN, HELLO FUSEAU  

                   

1930 est une date majeure dans l’histoire du ski. Cette année-là, Armand Allard crée le fuseau. Antoine, son petit-fils aujourd’hui à la tête de l’illustre maison mégevane Aallard (www.aallard.com), raconte : « Les skieurs portaient des pantalons type culotte de golf, larges, bouffants. Avec la chaussette tirée dessus, l’allure générale était plus Tintin que dandy. » Émile Allais, pas encore superstar, commande alors à son ami d’enfance Armand un pantalon qui ne prendrait pas le vent, n’accrocherait pas la neige, ne s’alourdirait pas au fil des descentes, et même, protégerait du froid. Monsieur Allard, génie inspiré, imagine alors le fuseau. Les premiers exemplaires sont en drap de Bonneval. C’est chaud. C’est beau. La taille est haute, et le skieur prend des allures d’aviateur. Il crâne, sans doute. Il clame aussi, on l’entend d’ici, que vraiment, cet élastique sous la voûte plantaire change tout. Qu’avec la chaussette sèche, le ski s’adoucit. Pendant ce temps, Émile, lui, gagne le titre de champion du monde et n’oublie pas de remercier son fuseau. 1937, un mythe est né.

La collection Bogner de 1969.

1950-1960 : LA SILHOUETTE, C'EST CHOUETTE 

 

L’aérodynamisme et la technicité sont officiellement entrés dans les mécanismes de conception des vêtements de ski. L’affaire est presque devenue une science, et les défis ne manquent pas. Comment évacuer l’humidité dans un sens et, en même temps, l’empêcher de pénétrer dans l’autre ? On veut des tissus intelligents, des étoffes qui respirent et jouent le rôle de human fourrure. Alors on fouille, on cafouille peut-être un peu, mais n’empêche : les textiles se perfectionnent, le stretch apparaît, issu des amours de la gabardine et de l’élastys. On pense imperméabilité, confort, durabilité. Impertinent, le fuseau, lui, fanfaronne. Et s’offre le luxe de snober les pistes de ski pour filer se dévergonder sur le parquet des dancings. En station, personne ne lui en veut. Au contraire. Plus que jamais, on aime son élastique et sa façon d’élancer les silhouettes. Les filles raffolent de ses manières un brin canaille. Il moule les cuisses, sait twister une paire de fesses. Les garçons, l’air de rien, apprécient, et prient probablement pour que jamais cet allié de choix ne sombre dans l’oubli. 

La collection Bogner de 1970.

1970-1980 : EVERYBODY WANTS A COMBI 

 

1970. C’est là qu’on rigole. Maintenant que le ski est devenu une chose qui passionne, il s’agit d’épater la galerie. Manque de bol, c’est à cette époque qu’apparaissent les doublures synthétiques et la technique du matelassage. « Pour conserver la chaleur au plus près de la peau, il faut, entre autres, créer une couche d’air entre le corps et l’extérieur » explique Antoine Allard. « Parce que le corps chauffe l’air et que cet air tient chaud. Avec la combinaison de ski, cela devient possible : on parvient à intégrer une couche d’air dans le vêtement. » D’où l’immense succès de la bête. Pire, au lieu d’affoler, son côté « intégral » rassure. Le skieur, ravi, ne craint plus les entrées intempestives de neige par le bas des reins. Dès lors, tout est permis. Et le stick à lèvres bien blanc de contraster avec le jaune poussin de la combi. Et les moniteurs de frimer du bâton dans leur ensemble rouge très moulant. Et, en 1979, l’ensemble orange du très Bronzé Michel Blanc de traumatiser à jamais les esprits. Tant pis.

Collection Look hiver 2012-2013.

1990-2000 : JAMAIS SANS MON LOOK

 

Qui a tué la combi ? « Le confort », affirme Antoine Allard. On opine. On se souvient en effet des manches nouées à la taille les jours de mars, des galères lors de la pause déjeuner. Du jour où l’on s’est mis au snowboard et de la minute qui a suivi, celle où l’on a choisi une tenue pantalon-veste coordonnée. « 1990-2000, c’est l’ère du look et des couleurs » confirme Antoine Allard. De la couture qui s’invite sur les pistes, des créateurs qui signent des pièces collector. « Le marché s’approche alors de la maturité au niveau de la technicité, du coup, on se concentre sur l’allure. » Certains osent le jean, les guêtres et la toque. Mauvaise pioche. D’autres jouent la carte du chic et comprennent que l’essentiel reste les matières nobles, le style et l’extrême qualité des matériaux. Voir, pour preuve, le succès constant de la maison allemande Bogner, qui fête ses 80 ans cette année (www.bogner.com). À l’aube de 2013, on veut du super customisé. Bonne nouvelle, Aallard l’a compris. Dès janvier, la maison va proposer une pièce « Couture Sport ». Créée sur mesure pour chaque client et personnalisée dans les moindres détails. Une veste ? Une salopette ? Non. Un fuseau. Et oui, les amis ! Ne faites pas trop les malins. On vous le dit : il se pourrait que la combi, aussi, revienne un jour dans la partie. Et là...

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