Mode Sylvester Stallone
© DR Par Frank Rousseau, le 24 janvier 2013

Sylvester Stallone « Par pure vanité, j’aime assurer les cascades moi-même »

Rencontre dans un palace romain avec Rocky Rambo Sly Stallone. Une légende qui n’impressionne pas que la pellicule.

A 66 ans, Sylvester Stallone, tout étriqué dans son costume gris clair, n’a rien perdu de son humour, ni de sa poigne. Après m’avoir serré la main, j’ai dû recompter mes phalanges !

Dans Du Plomb dans la tête (en février sur les écrans français), vous démontrez que vous êtes toujours capable de repousser vos capacités physiques. Pas trop de bobos à déplorer?
La machine a perdu quelques boulons. Depuis Expendables, j’ai dû subir deux opérations du dos. Mon cou est bloqué. Au niveau des épaules, ce n’est pas mieux. Ne parlons pas de ma jambe droite qui a nécessité soixante-dix points de sutures. Et il y a aussi mon talon d’Achille qui a explosé. Je suis une sorte de robot. J’ai l’impression parfois d’être constitué de pièces détachées (rires) ! 

Vous n’avez jamais eu recours à une doublure?
Par pure vanité, j’aime assurer les cascades moi-même. Mais quand mon personnage doit s’accrocher à un hélicoptère par exemple, comme c’est le cas dans The Tomb, je laisse cette pirouette aux pros ! Je m’étais explosé le biceps en restant pendu dans le vide. Quand le docteur m’a demandé si je voulais être opéré, je lui ai répondu : « Non, sur le bras, j’ai le portrait de ma femme tatoué ! Je ne veux pas le défigurer avec une cicatrice ». Aujourd’hui, j’ai une douleur lancinante mais j’ai sauvé le tatouage !

Je déteste courir. Mes jambes ont tellement douillé que ça me fait un mal de chien. Courir, c’est bon pour les jeunes ou les braqueurs de banque ! 

Ce qui est impressionnant en vous regardant, c’est la puissance qui se dégage de vous. C’est quoi le régime du «Sly»?
Quand je tourne un film, je mange la même chose tous les soirs : poulet, pâtes et deux morceaux de pain. Et pour accompagner tout ça, un petit verre de vin ! Je suis scrupuleusement ce régime pendant trois mois. Quand j’étais plus jeune, je pouvais avaler dix beignets, une pizza, trois steaks accompagnés de frites et tout éliminer en faisant deux heures de pompes. Aujourd’hui, je dois faire deux fois plus d’exercices pour brûler les calories. C’est vrai que je n’ai plus la pêche d’un boxeur de 20 ans. Lorsque je me baisse trop vite, mes rhumatismes me font souffrir. J’ai l’âge de mes artères ! J’ai même du cholestérol ! Cela ne m’empêche pas de soulever des poids et haltères, en moyenne quatre heures par jour.

Dans l’une des scènes mythiques de Rocky, on voyait l’étalon italien faire un footing dans les rues de Philadelphie. Le jogging, c’est vraiment votre truc?
Non, je déteste courir. Mes jambes ont tellement douillé que ça me fait un mal de chien. Courir, c’est bon pour les jeunes ou les braqueurs de banque !

Qu’est-ce qui peut effrayer Sylvester Stallone?
Les avocats, plus précisément ceux spécialisés dans les divorces ! Mais physiquement, je ne crains rien. Gamin, j’avais peur de me faire botter les fesses par ma mère à cause de mes mauvaises notes.

On chuchote que vous auriez été dans une école d’esthéticienne durant vos jeunes années?
Non, de coiffure ! Mon père était coiffeur. Il n’arrêtait pas de me répéter : « Coiffeur, c’est un métier d’avenir, tu ne seras jamais au chômage ! » J’avais fait les quatre cents coups à l’école et été viré de plusieurs établissements. Personne ne voulait de moi. Jusqu’au jour où mon paternel a trouvé un bahut en Suisse, pas très regardant du moment que les parents payaient. Le directeur aurait même pris le fils de Frankenstein !

L’étiquette d’action man patenté du cinéma yankee ne vous lasse pas à la longue?
Rocky n’a jamais été un action movie. Il y a des combats, mais pas d’action. 4’30” de castagne pour être précis. À l’apogée de Rambo, j’avais du muscle à revendre, mais j’avais oublié que le muscle qu’il faut le plus entretenir chez l’homme, c’est la cervelle ! 

J'ai déjà affronté Joe Fraser. Ce dernier m’avait tellement massacré la face que je me suis retrouvé à l’hôpital.

Est-il vrai que pour le premier Rocky, un studio vous avait proposé une misère?
Vrai ! 100 000 dollars pour mon scénario. À l’époque, j’avais 106 dollars sur mon compte. J’étais tellement fauché que j’ai même failli vendre mon chien ! J’ai pu garder ma bête en obtenant 360 000 dollars pour mon histoire.

On raconte que vous pourriez remettre vos gants de boxe pour bourriner Robert de Niro. Une sorte de Rocky vs Raging Bull?
Je confirme. Dans Grudge Match, Bob et moi incarnons deux retraités de la boxe qui n’ont jamais pu se piffrer et qui décident de régler leur compte dans un ultime combat. Je n’y aurai pas un physique poids lourd à la Rocky, je serai beaucoup plus léger. J’ai vraiment hâte de me mesurer à Bob.

Vous est-il déjà arrivé d’affronter de vrais boxeurs?
Oui, des balaises comme Robert Duran ou Joe Fraser. Ce dernier m’avait tellement massacré la face que je me suis retrouvé à l’hôpital. J’avais la tête qui ressemblait à un compteur à gaz. Quatre points de sutures à la mâchoire et le nez en forme de patate. Le combat n’a duré que neuf secondes. Pas une de plus. Boom. Au tapis direct.

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