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« Le sport a toujours été une composante importante de ma vie »
Matthew Perry

« Le sport a toujours été une composante importante de ma vie »

Par Frank Rousseau , le 25 janvier 2013

Ex-pilier de la série « Friends », Matthew Perry endosse un nouveau rôle taillé sur mesure pour sa personnalité déjantée. En attendant que « Go On » soit diffusé sur une chaîne française, échange (très) sportif à Los Angeles.

Chandler Bing, vous remettez ? Mais si, l’informaticien qui se réfugiait derrière ses vannes dans Friends. Et bien, dans la vraie vie, son interprète Matthew Perry ne manque pas d’humour. Plus frappé qu’un Jerry Lewis monté sur piles atomiques, et plus gesticulant qu’un Jim Carrey sous Guronsan, il revient aujourd’hui en haut de l’affiche dans un rôle taillé sur mesure. Celui d’un commentateur sportif qui vient de perdre sa femme. Rien de drôle, à un détail près. Pour surmonter sa tristesse, notre veuf va suivre une thérapie de groupe pour le moins déconcertante. Bien accueillie outre-Atlantique, Go On – c’est le titre de cette série diffusée depuis cet été aux États-Unis – devrait arriver dare-dare sur les chaînes françaises. Pour l’heure, c’est au Beverly Hilton de Beverly Hills qu’il reçoit Sport & Style.

Aux États-Unis, vous incarnez en ce moment dans la série Go On, Ryan King, un commentateur sportif un tantinet perturbé depuis la mort accidentelle de sa femme. Rappelons que cette dernière est décédée au volant de sa voiture alors qu’elle envoyait un SMS de la plus haute importance: «Peux-tu, s’il te plaît, acheter un paquet de café?»…
Yep ! C’est idiot, non ?

Dans la vraie vie, vous êtes du genre à pratiquer une activité physique ou à manger un bol de chips en regardant la chaîne sportive ESPN ?
Le sport a toujours été une composante importante de ma vie. Je regarde effectivement des chaines comme ESPN, parfois en mangeant des chips et en buvant une bière. Mais je peux aussi très bien faire deux heures de footing au milieu de la nuit si je sens que ma masse adipeuse est en train de prendre le dessus sur ma masse musculaire. En tant que fondu de sport, Go On me permet de joindre l’utile à l’agréable. Au-delà de l’aspect comique, le concept de la série est d’inviter de vrais athlètes. Des grosses pointures que j’ai le plaisir d’interviewer comme Terrell Owens, un célèbre joueur de football américain, le hockeyeur Jeremy Roenick ou bien encore Chris Bosh, un basketteur du Miami Heat. Ces noms ne diront rien à vos compatriotes, mais c’est un peu comme si vous demandiez à Zidane de participer à une série télé. Je vous laisse imaginer l’impact...

Au départ, je rêvais de devenir tennisman professionnel. Au Canada, j’avais même atteint un très bon niveau.

Vous connaissez Zidane
Pas personnellement, mais je sais ce qu’il est capable de faire avec ses pieds. Et surtout avec sa tête ! (rires)

Comment vous êtes-vous préparé pour ce rôle visiblement taillé sur mesure?
Franchement, je n’ai pas eu le sentiment d’avoir eu à bosser. Quand je ne tourne pas, j’écoute des émissions sportives à la radio, les analyses des matchs du jour. C’est une passion. Chez moi, je passe des heures dans mon canapé à regarder des matchs de tennis, de basket, de baseball ou de football américain. L’autre soir, je me suis même surpris à suivre un tournoi de golf miniature. C’est dire à quel point je suis frappé ! J’ai même aménagé un espace média qui me permet de suivre plusieurs rencontres en même temps. On se croirait chez les bookmakers à Las Vegas ! Je peux regarder un match de basket tout en applaudissant une rencontre de hockey sans aucun problème. Mon cerveau arrive à compartimenter. Autrement dit, je ne vois pas le hockeyeur mettre des paniers ! Ou le basketteur en short sur la glace ! Je possède également une console et des jeux vidéo sportifs qui rendraient dingues de jalousie les ados du monde entier !

Loin de nous l’idée de remuer le couteau dans la plaie, mais avec le recul, pouvez-vous nous dire combien de temps il vous a fallu pour vous remettre de la fin de cette série mythique qui s’est arrêtée en 2004?
La fin de Friends a été une vraie déchirure car nous étions aussi amis en dehors des studios. Après dix ans de quasi-vie commune, je peux vous assurer que le déconneur patenté que je suis n’en menait pas large le jour où les caméras se sont éteintes. Oui, j’ai versé quelques larmes et oui, j’ai eu ce jour-là le sentiment d’avoir pris un terrible coup de vieux. Mais bon, il faut voir aussi les choses du bon côté. Dix ans pour une série, c’est le Pérou !

Vous avez toujours voulu être acteur?
Au départ, je rêvais de devenir tennisman professionnel. Au Canada, où je résidais, j’avais même atteint un très bon niveau. Jusqu’à ce que mon père – qui venait juste de se remarier – me propose de vivre avec lui et sa nouvelle femme en Californie. J’ai tout de suite accepté car je savais que la bannière étoilée était une terre de champions. Un eldorado plein de promesses pour le sportif que j’étais. Bref, une fois sur place, je me suis mesuré à la crème des tennismen. Et là, j’ai déchanté !

Pourquoi?
À Ottawa, j’étais un dieu sur les courts. A Los Angeles, je n’étais qu’un sombre naze. Je me suis fait dérouiller pendant six mois d’affilée. C’est bien simple, je ne voyais pas les balles qu’on me renvoyait ! Je tirais la langue à chaque fin de match, alors je me suis dit : « Mec, il va falloir que tu redescendes sur terre. Le tennis pro, ce n’est pas pour toi ! Tu n’as ni la carrure, ni le souffle ».

Le plus grand de tous, c’est Jimmy Connors. Ce gars-là est une légende. Au-delà de son revers ravageur et de son endurance, Jimbo était un prince sur les courts.

Avez-vous fait le deuil de votre carrière de tennisman?
Non ! Quand vous êtes accro à un sport, vous avez du mal à lui tourner le dos. Je joue encore au tennis. Mais quand je tape dans la balle, ce n’est plus en poussant des cris de bûcheron ou en me rendant malade si je perds un set ! J’ai découvert un autre sport récemment, qui m’a réellement emballé. C’est le tennis de table ! Cela n’a pas l’air comme ça, mais c’est l’une des disciplines les plus exigeantes qui soit. J’aime tellement faire des smashs avec ma raquette et ma petite balle blanche que je me suis inscrit dans un cours pour me perfectionner.

Où situez-vous votre niveau pongistique?
Honnêtement, je ne suis pas mauvais ! Si ça vous dit ensuite, on se fait une petite partie.

Quel est votre athlète préféré?
Difficile de ne pas être admiratif des performances de Usain Bolt. Mais pour moi, le plus grand de tous, c’est Jimmy Connors. Pour la plupart des tennismen de ma génération, ce gars-là est une légende. Au-delà de son revers ravageur et de son endurance, Jimbo était un prince sur les courts. Un gentleman qui respectait ses adversaires et les juges.

Avez-vous pu taper quelques balles avec lui?
Figurez-vous que lorsque j’ai joué dans Mr Sunshine, nous avons offert à Jimmy la possibilité d’incarner un petit rôle. Comme il avait répondu favorablement, j’en ai profité pour faire quelques échanges avec lui. Le rêve devenait réalité. Je ne vous donnerais pas le résultat de cette rencontre parce que j’ai toujours du mal à le digérer ! (rires)

Et le hockey, vous y jouiez quand vous étiez gamin
Je suis canadien ! Le hockey est inscrit dans mon patrimoine génétique au même titre que le sirop d’érable ! (rires) J’ai arrêté d’y jouer il y a dix ans parce que je sentais que mes articulations commençaient à souffrir. Dans Go On, il y a un épisode où mon personnage joue au hockey. Cela m’a fait tout drôle de me retrouver sur la glace après tout ce temps. Au début, je manquais un peu d’assurance, j’avais les jambes qui tremblotaient, mais très vite, j’ai retrouvé mes bons vieux réflexes.

On parle beaucoup de dopage dans le sport. Dernier en date, Lance Armstrong. Vous avez, vous-même, été sous l’influence de substances illicites...
Sauf que dans mon cas, il ne s’agissait pas de produits stupéfiants prohibés. Mon cauchemar a commencé lorsque j’ai commencé à prendre du Vicodin, un antidouleur qui entre dans la catégorie des anabolisants. Le problème, c’est que j’ai très vite pris goût au traitement. Jusqu’à ne plus pouvoir m’en passer. Quand mes parents et mes amis ont vu que je fondais comme neige au soleil (Matthew avait perdu 18 kilos – ndlr), ils m’ont repris en main. Je me suis retrouvé dans une clinique de désintoxication et grâce à une volonté de fer, j’ai réussi à chasser mes vieux démons. 

 

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