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3 questions à Sebastian Copeland

3 questions à Sebastian Copeland

Par Antoine Fombonne , le 19 février 2013

Le photographe et aventurier Sebastian Copeland nous parle de ses exploits. Confidences sur le réchauffement climatique, la fonte des glaces et... ses orteils !

Sebastian Copeland est un homme hors du commun. Son regard est lumineux, et sa voix vibre de l’assurance de celui qui est allé au bout du monde, et en est revenu grandi. Explorateur et photographe de talent, cet ancien réalisateur de films publicitaires a décidé il y a quelques années de vouer son existence à la défense de l’environnement. Ses armes : les images d’une pureté incroyable qu’il parvient à en tirer pour sensibiliser l’opinion publique au réchauffement de la planète. Son terrain de jeu favori : les pôles, car le changement climatique touche en priorité les zones glaciaires. Groenland, Arctique, Antarctique. En ski et tiré par un kite, il parcourt d’immenses distances en autonomie totale, dans une quête photographique, humaine, sportive et spirituelle. Entretien avec un homme qui n’a pas froid aux yeux.

Sebastian, vous semblez affronter bon nombre d’épreuves au cours de vos périples. Qu’est-ce qui est le plus dur dans une telle expédition ?
Il faut savoir à l’avance que les douleurs font partie intégrante de l’aventure. Voytek Kurtyka, grand alpiniste polonais, a dit que l’alpinisme était l’art de souffrir. L’environnement est très rude, les efforts physiques journaliers. Quand on a des engelures, on se demande si on va pouvoir finir le voyage en conservant tous ses orteils. Au-delà de la douleur, c’est surtout l’aspect psychologique qui est le plus dur à affronter. Savoir jusqu’où on est prêt à aller pour atteindre son objectif, ce qu’on est prêt à sacrifier. L’orteil n’est qu’un symbole du pouvoir et de l’emprise de l’environnement polaire. Dans mes expéditions, il est toujours possible de demander une évacuation sanitaire et de mettre un terme à la mission. Mais je suis prêt à sacrifier quelques orteils pour aller jusqu’au bout ! Si vous arrivez à vous adapter et à tenir la distance, vous vous retrouverez plongé dans un univers qui n’est plus le vôtre, comme si vous atterrissiez sur une autre planète. Cet endroit est d’une pureté et d’une puissance incomparable. Depuis que je sais que ces immensités existent, elles agissent sur moi comme un aimant. Je ne peux pas en détourner mon regard. C’est cet appel qui me pousse à m’y confronter. Spirituellement, l’aventure est aussi très forte. Loin de tout et au milieu de cette terre de glace, on est enfin face à soi-même.

Ressentez-vous le froid, ou est-ce que vous en êtes intégralement protégé grâce à votre équipement ?
Le froid est en fait un concept. En Antarctique il fait de toute façon toujours froid, mais on s’y fait. Dans l’effort, il est impératif de ne surtout pas transpirer- ce qui paraît presque mission impossible dans un tel périple - car la moindre présence d’eau sur la peau refroidit dangereusement l’organisme et peut entraîner une hypothermie. De façon surprenante, j’ai donc très peu de vêtements sur moi. Je porte des sous-vêtements techniques en nylon qui éloignent rapidement toute transpiration potentielle de la peau. Par-dessus, une laine Mérinos naturellement antibactérienne, et enfin une couche protectrice extérieure en Cordura sans aucun duvet, utilisé comme simple coupe-vent. La tête est évidemment couverte intégralement, pour ne laisser aucune partie de la peau exposée au vent.

Comment en êtes-vous venu à choisir de vous battre pour la défense de l’environnement ?
Ma passion pour la montagne m’a amené à m’intéresser peu à peu à l’écologie et à la préservation des écosystèmes. Les glaciers sont un formidable révélateur de l’évolution physique et climatique de notre environnement. C’est ma mission que de témoigner de ce que je vois sur la glace, de sensibiliser les gens, même si ça a un prix. C’est le simple fait de sortir mon appareil du traineau et d’enlever mes gants pour prendre des photos qui m’a causé des engelures aux doigts. Mais c’est mon devoir de photographe. C’est ce qui permet au monde de se rendre compte de la dégradation de la calotte glaciaire. Les images ont selon moi une force de conviction bien plus impactante que les mots. L’idée finale, c’est que la race humaine arrive à un nouveau stade de maturité, qui l’amènerait à s’intégrer de façon homogène et respectueuse au sein de son environnement. 

 

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