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« L’élégance, c’est aussi la victoire »
Novak Djokovic

« L’élégance, c’est aussi la victoire »

Par Paul Miquel , le 30 mai 2013

Le numéro un mondial parle comme il joue au tennis, avec la sincérité de ceux qui savent où ils vont. Mode, marketing, style, Novak Djokovic s’est confié à Sport & Style. Magnéto.

Êtes-vous obsédé par Roland-Garros ? C’est le seul tournoi du Grand Chelem que vous n’avez jamais remporté. Cela doit un peu vous agacer, non ?
Obsédé par Roland Garros ? Non, pas du tout. Rien ne m’obsède, même pas le tennis alors que c’est mon métier ! Je n’aime pas le mot obsession. Je le trouve négatif. Je préfère parler d’excitation ou de fascination, mais pas d’obsession. En même temps, je vais être honnête, c’est vrai que j’y pense un peu tous les jours à cette victoire, mais ce n’est pas une obsession.

Très récemment, s’il devait être comparé à un joueur d’aujourd’hui, Andre Agassi a déclaré qu’il se réincarnerait en Novak Djokovic. Vous êtes d’accord avec lui ?
Il a vraiment dit ça ?

Oui...
Je suis très heureux de l’apprendre. Et même honoré. Car Andre Agassi fait partie de ces joueurs qui ont changé le jeu, et pas seulement sur le plan sportif. La façon très originale qu’il avait de s’habiller et sa personnalité unique ont apporté beaucoup de choses au tennis. Son style était incomparable.

Et vous, dans la peau de quelle star du tennis aimeriez-vous vous réincarner ?
Quand j’étais enfant, mon idole s’appelait Pete Sampras. Après, chaque être humain est unique. Je n’essaie donc pas de me comparer à quelqu’un d’autre.

Zinédine Zidane a l’habitude de dire qu’un geste technique efficace est aussi un geste technique élégant. En France, on appelle ça « la beauté du geste ». Êtes-vous aussi de cet avis ?
(Rires) C’est une réflexion intéressante. Je n’avais jamais pensé en ces termes, mais je crois qu’il a raison. Quand on joue bien, on joue « beau ». Et vice-versa. Et, de toutes les façons, quand vous êtes efficace sur un court, vous marquez des points, vous gagnez et finalement c’est ce qui compte à la fin. L’élégance, c’est aussi la victoire.

Comment définiriez-vous votre style sur les courts et en dehors ?
Je crois que c’est un mélange d’élégance et... (il réfléchit longuement) de créativité dynamique. Je suis jeune et j’aime m’habiller de manière élégante sur les courts et en dehors. C’est vraiment important pour moi, même si j’aime bien être en décalage avec la mode. Maintenant, tout le monde veut être dans la tendance. Et tout est fait pour anéantir les différences. Vous entrez dans un magasin, vous achetez un pantalon et une veste à la mode, et tout le monde porte la même chose. Je n’aime pas être esclave de la mode. J’ai besoin de conserver ma liberté de choix.

Vous êtes habillé par Uniqlo, qui a fait une entrée fracassante dans le sport l’an dernier grâce à vous...
Depuis que je collabore avec Uniqlo, je n’ai jamais été déçu en termes de style et de design. J’ai participé de A à Z à la conception des tenues que je porte sur les courts et ça, c’est vraiment appréciable. Naoki Takizawa, le directeur de la création d’Uniqlo, a toujours su prendre en compte mes remarques et mes envies.

Justement, quelles étaient vos envies ?
Mes envies vestimentaires changent en fonction des lieux où je joue. Cela dépend donc de beaucoup de choses : la couleur des tribunes, la surface des courts, la météo, la période de l’année à laquelle a lieu tel ou tel tournoi. Toutes ces données doivent être intégrées et ajustées pour créer une collection. C’est du moins de cette manière que j’envisage les choses. Par exemple, l’an dernier, pour Roland-Garros, nous avons choisi trois couleurs : le bleu, le blanc et le rouge car ce sont aussi celles du drapeau serbe. Et je les aime bien. Du coup, nous avons joué sur ce côté tricolore en tentant de rester simple. Et, bien sûr, nous avons énormément travaillé sur la qualité des tissus. Je voulais quelque chose de smart mais de technique. Des vêtements qui absorbent la transpiration et l’évacuent. Pour ne jamais se sentir mal et rester concentré sur le jeu.

Cette année, à Roland-Garros, vous avez choisi une couleur très particulière.
Oui, c’est un vert très léger, comme mentholé. C’est peut-être parce que j’aime le thé à la menthe ! Non, plus sérieusement, j’adore cette couleur. Je trouve ça doux, agréable à l’œil, très tendance aussi. Mais j’aurai aussi un polo blanc. C’est un must-have, un incontournable dans le tennis. Quand il fait très chaud, il faut jouer en blanc.

Vous êtes ambassadeur d’Uniqlo, une marque très grand public, mais aussi d’Audemars Piguet, une manufacture horlogère très élitiste. Un peu paradoxal, non ?
Oui et non. Pendant longtemps, dans ma carrière, je n’ai été en contact qu’avec des marques très sportives comme Adidas, Lotto ou Sergio Tacchini, ce qui était somme toute assez normal puisque je suis avant tout un tennisman. Avec Uniqlo, comme avec Audemars Piguet, je voulais sortir de ce schéma-là, aller au-delà du premier degré. Uniqlo est une marque du groupe Fast Retailing, un poids lourd de la mode (Uniqlo, Comptoir des Cotonniers, Princesse Tam-Tam, Gu, Helmut Lang, J Brand, Theory – ndlr). Et je veux aussi être un poids lourd du tennis. Ils sont créatifs, jeunes et ils veulent être les premiers. Comme moi. Quand j’ai signé avec eux il y a un peu plus d’un an, j’avais bien sûr un petit truc derrière la tête. Les gens d’Uniqlo ont tout pour faire de grandes choses dans le sport. Je ne serais pas étonné si, dans quelques années, ils devenaient les premiers concurrents de Nike.

Devenir ambassadeur d’Uniqlo était aussi une question d’argent...
Bien sûr, les conditions financières étaient importantes dans ce deal. Mais ce contrat présente surtout une facette très tactique de ma stratégie d’image que j’entends bien contrôler à 100 %. Sur les courts et en dehors. 

 

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