Mode Tony Parker
Par Isabelle Vatan, le 25 septembre 2013

Tony Parker « Je me reposerai quand je serai à la retraite »

Champion d’Europe et élu meilleur joueur de l’Euro de basket, Tony Parker est aussi l’ambassadeur du Koleos Renault. On a déjeuné avec lui hier à l’Atelier Renault et parlé basket, of course, mais aussi grosses voitures et bons crus.

Comment ça se passe depuis la victoire ?
C’est impressionnant. À l’aéroport, à l’hôtel, c’était de la folie tout ce monde et ces caméras partout (rires). Je n’ai jamais vécu ça en France. Ce titre est pour tout le monde.

Comment récupérez-vous ?
J’ai joué 115 matchs cette année. Je fais très attention à mon corps. J’ai aussi un coach très compréhensif si je suis fatigué et si je dois lever le pied. Il adore le basket européen et il ne m’a jamais empêché de jouer. J’en ai bavé pour en arriver là, mais je ne changerais rien à l’histoire. Avec Boris Diaw, quand on a gagné le championnat d’Europe junior en 2000, on s’était promis qu’on le remporterait en sénior. La boucle est bouclée !

Comment a réagi votre coach américain après cette victoire ?
C’était l’un des premiers à m’appeler, il criait de joie au téléphone !

Lors de la demi-finale contre l’Espagne, qu’avez-vous dit à vos coéquipiers dans le vestiaire ?
J’ai crié sur tout le monde car j’avais l’impression qu’on avait peur. Je leur ai dit : « Vous avez peur de quoi ? Faut qu’on se lâche ! ». Une demi-finale ou une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne. J’étais un peu grossier mais je voulais les piquer au vif pour qu’ils utilisent ça contre l’Espagne. Pour moi, c’est le plus beau match de l’histoire du basket français.

Que souhaite-t-on après une telle victoire ?
Continuer ! Une fois que tu es au top, tu veux y rester. Il va y avoir les championnats du monde et les JO 2016 au Brésil. Concernant ma participation au Mondial 2014, je réfléchis encore, je verrai comment je me sens physiquement. Quant aux JO, je rêve d’aller en finale et d’accrocher les USA, même s’ils sont intouchables. Il faut rêver, c’est le sport.

 

C’est un honneur d’être cité dans la même phrase que Zizou, il a tellement marqué le sport français.

Où trouvez-vous la motivation ?
Le basket demande beaucoup de sacrifices, mais j’ai la chance d’avoir une famille et des amis qui me suivent et me soutiennent quoi qu’il arrive. Ils étaient à tous les matchs de l’Euro, et le jour de la victoire tout le monde pleurait. Dans 10 ans, on en parlera encore. Il n’y a pas beaucoup de sports qui permettent de vivre ça, ça vaut le coup.

Vous aimez d’autres sports ?
J’aime beaucoup le foot. J’ai commencé en jouant au football mais le jour où j’ai vu Michael Jordan à la télé, j’ai dit à mon père que ce serait le basket. J’étais avant-centre en attaque. Je suis fan du PSG, d’ailleurs je vais voir le match au Parc des Princes samedi.

Depuis la victoire, on vous compare à Zidane et Platini.
Ça fait chaud au cœur, surtout qu’on se connaît. C’est un honneur d’être cité dans la même phrase que Zizou, il a tellement marqué le sport français. 1998 est l’année où tous les Français étaient les plus heureux du monde.

Vous comptez jouer jusqu’à quand ?
J’aimerais bien jouer jusqu’à 37, 38 ans. Je suis passionné, j’adore le basket et je me vois bien faire toute ma carrière avec les San Antonio Spurs. Ça fait déjà 13 ans que je joue avec eux, pourquoi aller ailleurs ? Après, je ne me vois pas entraîneur, je suis plutôt attiré par le management, le marketing, l’idée de développer un business.

Vous venez de remporter une victoire historique alors qu’il y a 3 mois vous avez perdu d’un cheveu face au Heat Miami lors d’une finale de la NBA...
C’était très dur. Le sport est parfois cruel. Ça restera la plus grosse défaite de toute ma carrière, j’étais vidé mentalement après. Et puis j’ai dû retrouver les ressources pour jouer trois mois après. Je me suis dit : « Tu sais quoi, on va gagner. S’il y a un dieu du basket, il ne peut pas te faire ça deux fois de suite ». Cette défaite m’a servi de motivation, d’ailleurs chaque défaite permet de progresser. Après les matchs, j’ai souvent remercié Pau Gasol de nous avoir poussé à devenir une meilleure équipe.

Vous allez prendre des vacances ?
Non, je repars aux États-Unis le 28 septembre et reprends avec la NBA le 30. Comme je le dis souvent à mon entourage, je me reposerai quand je serai à la retraite. Mais là c’est fini, je peux manger du foie gras et boire du vin !

Vous êtes amateur de vin ?
Oui, je dois avoir 1 500 bouteilles dans ma cave. Je les ouvre avec mes amis et ma famille, toujours.

Votre top 3 ?
Un Pétrus 1966 qu’on m’a offert pour mon anniversaire, un Cheval Blanc 1982 – l’année de ma naissance – et un Château Latour, de 1982 également.

Pourquoi avoir monté un partenariat avec Renault ?
Ma première voiture était une Scénic, c’est un très bon souvenir. Je suis content que Koleos soit une grosse voiture, du fait de ma double culture, ça me correspond bien. Renault et moi partageons un intérêt commun pour la Chine. Koleos est la voiture Renault la plus vendue en Chine et je suis assez connu là-bas (depuis janvier, son nouvel équipementier Peak est chinois, ndlr). Et Renault m’aide aussi avec mes fondations caritatives, c’est très important pour moi.

Vous avez quoi comme voiture ?
Que des Renault (rires) ! J’adore les voitures et j’ai une petite collection. Pour mes trente ans, je me suis offert une DeLorean, car je suis fan de Retour vers le futur. J’ai aussi trois Lamborghini – dont la LM002 4x4 et une LP640 de 1989 –, deux Ferrari – une 599GTB et une F430 – et une Cadillac Escalade. Et bientôt, une Renault Koleos noire ! Tout le monde se demandera ce que je conduis quand j’irai à l’entraînement ! J’aurai la seule Koleos des États-Unis (rires).