X
En poursuivant votre navigation sur Sport&Style.fr, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et des publicités ciblées en fonction de vos centres d'intérêts, pour mesurer la fréquentation de notre site, et vous permettre de partager vos lectures sur les réseaux sociaux. Pour en savoir plus ou paramétrer les cookies, rendez-vous sur cette page. En savoir plus.
Le foot dans le sang
Colin Farrell

Le foot dans le sang

Le 18 septembre 2012

Colin Farrell et le sport, c'est une longue histoire. Dans le remake du légendaire film de Paul Verhoeven « Total Recall », l'acteur irlandais rappelle qu'il reste un sacré athlète et un authentique compétiteur. Le foot, la boxe et l'esprit d'équipe... Magnéto, ça tourne.

Souriant, courtois, légèrement hâlé, Colin Farrell possède la séduction de la maturité qui vient. Confortablement installé dans un fauteuil en velours rouge, à l’hôtel Costes, l’acteur irlandais – qu’on a rarement vu aussi en forme – boit des litres d’eau plate et accueille ses visiteurs avec une politesse non feinte. Poignet de force en cuir (pour le côté « I’m still a bad boy »), jeans, boots et T-shirt gris largement échancré sur une longue chaîne en argent à laquelle se balance un saint Christophe, la star de Total Recall plante ses yeux dans les vôtres, sonde vaguement votre détermination et attend votre première question. Autant ne pas la rater, donc. 

Vous êtes-vous beaucoup entraîné pour le rôle ?
Colin Farrell : Oui, pas mal. D’autant que je savais que ça allait être un tournage long, cinq ou six mois, que le rôle était physique et que c’était même sa caractéristique principale en dehors de quelques nuances psychologiques qu’il a fallu aussi respecter.

Physiquement, ça donnait quoi ?
Je me préparais bien. Je courais plus de deux heures par jour, j’étais affûté (sourire).

On a souvent lu ici et là que vous n’aimiez pas trop l’exercice et vous entraîner.
Oui, c’est vrai que dans le passé, j’avais un peu de mal avec ça (rires). C’est même un revirement complet. Disons que j’y ai pris goût ! J’ai appris à utiliser mon corps différemment. Auparavant, je m’attachais à apporter des choses à mon corps, alors qu’aujourd’hui, je fais le contraire, je cherche à faire « sortir » des choses de mon corps. Il y a un an, je me suis mis au yoga, ce que je n’aurais pu imaginer il y a quelques années. Et c’est vraiment surprenant.

Avez-vous arrêté de fumer ?
Oui, ça fait deux ans. Même si, de temps à autre, je m’autorise quelques taffes.

En 2003, vous faisiez une drôle d’apparition dans le film Veronica Guerin de Joel Schumacher, où vous jouiez un SDF fan de Manchester United et d’Éric Cantona. Qui a eu l’idée ?
C’est Joel, sauf en ce qui concerne Éric Cantona qu’il ne connaissait pas (Joel Schumacher est américain – ndlr). Honnêtement, du reste et des circonstances, je ne m’en souviens pas. On picolait pas mal à l’époque (rires) ! Je ne pouvais pas imaginer Joel réaliser un film à Dublin sans que j’y fasse au moins une apparition ! Ce type a eu une telle importance dans ma carrière, il m’a fait faire les deux films qui m’ont révélé (Phone Game et Tigerland – ndlr). J’aurais même fait la bouffe pour en être ! Ce n’était même pas un rôle d’ailleurs, c’était plus une manière de personnifier Dublin à ma façon. Le personnage que je joue est l’un de ces types avec qui j’ai grandi, avec qui je passais mon temps à picoler en dehors du terrain de foot.

Vous intéressez-vous toujours au football ?
En terme de jeu, oui. Si un match passe à la TV, je m’arrête pour le regarder sans hésiter. Aujourd’hui je vis à Los Angeles, qui n’est pas une ville de football. Et je ne suis pas assidûment les matchs des équipes que je soutiens habituellement comme Shamrock Rovers à Dublin et West Bromwich Albion en Angleterre. Lorsque je rentre à Dublin pour quelque temps, je renoue alors avec mon cercle d’amis. Et automatiquement, je me retrouve dans le bain du football, sans que je m’en rende compte. Parce que j’ai un peu ça dans le sang. De 6 ans à 15 ans, le football faisait partie intégrante de ma vie. À un point que les gens n’imaginent pas.

 

J’ai grandi avec cette exigence du sport de haut niveau. Comme j’étais assez doué et que j’aimais bien jouer, vers 13 ou 14 ans, j’ai vraiment songé à une carrière de footballeur

Sur les tournages, pendant les moments d’attente, faites-vous du sport ?
Non, ce n’est pas mon truc. J’écoute de la musique et j’ai un sac plein de bouquins.

Venons-en à ce qu’aurait pu être votre carrière de sportif.
Elle a duré peu de temps (rires) !

Un peu flemmard ?
Oui, et pas qu’un peu ! J’avais un problème avec l’effort en tant que tel. Mais c’est vrai qu’à un moment, vers 13 ou 14 ans, j’ai vraiment songé à une carrière de footballeur. Mon père Eamon et mon oncle Tommy ont été tous les deux professionnels au Shamrock Rovers, le club de Dublin. Ils ont eu pas mal de succès et un joli palmarès lorsqu’ils étaient jeunes. J’ai donc grandi dans cette ambiance et avec cette exigence du sport de haut niveau. Comme j’étais assez doué et que j’aimais bien jouer, je me suis persuadé quelque temps que je voulais être footballeur professionnel. Mais, pour cela, il fallait que je bosse beaucoup. Il me manquait l’envie de me battre. Mon père me l’a d’ailleurs dit assez tôt : « Tu n’as pas assez faim sur un terrain ! » Je comprenais bien le jeu, j’avais l’instinct et l’intelligence du jeu. Je sentais le foot, c’était en moi. Ça me venait de mon père qui commentait sans arrêt le jeu, les actions. Il décryptait tout en permanence. Du coup, j’avais intégré tout ça très jeune. À 10 ans, je n’avais pas mon pareil pour expliquer le système du « football total » et le jeu à la hollandaise ! Vous savez, le gardien qui passe à l’arrière latéral, l’arrière latéral qui passe au demi central, qui passe à l’attaquant et qui marque. J’ai grandi avec cette musique dans la tête.

N’avez-vous jamais eu d’autres tentations sportives ? Le rugby, peut-être ?
J’aime beaucoup le rugby et je tire mon chapeau à ceux qui le pratiquent, c’est un sport dur et exigeant, mais ça ne m’a jamais attiré. J’aime pas mal d’autres sports et je suis capable d’en regarder des heures à la télé. Il faut simplement qu’il y ait une compétition à la clé. J’aime énormément la boxe, par exemple.

Justement, on ne vous a jamais proposé de rôle de boxeur ? Vous en avez pourtant le physique et probablement l’envie, non ?
J’adorerais qu’on me propose un rôle de boxeur. Principalement à cause de la discipline qu’il faut acquérir. En tant qu’acteur, la boxe est fascinante. Ça demande des mois de travail et des structures physiques et mentales hors du commun. J’ai un respect sans limite pour les boxeurs, pour la rigueur dont ils font preuve et les sacrifices qu’ils consentent. Explorer toutes ces variations autour de la boxe me plairait vraiment.

Avez-vous un tempérament plutôt collectif ou, au contraire, un penchant solitaire ?
Je crois que je suis comme beaucoup de gens, un solitaire qui a soudainement besoin d’avoir un peu de compagnie autour de lui en deuxième mi-temps (rires) !

Et ce fameux « fighting spirit » irlandais. C’est du flan ou ça existe vraiment ?
C’est quelque chose de résolument positif pour ceux qui le possèdent. Je ne sais pas si j’ai ce truc-là. C’est ce qui a permis aux gens de ce pays de traverser les épreuves. J’adore les Irlandais et j’adore l’Irlande, ils me manquent souvent.

Le sport révèle la nature humaine et ce qu’il y a de meilleur dans l’individu

Les gens vous décrivent souvent comme quelqu’un de généreux, quelles autres qualités détectez-vous chez vous ?
Chez moi ? Oh mon Dieu ! On va dire que cela va rester entre moi et... moi (rires) ! Si vous voulez en savoir plus, il va falloir aller sur match.com (site de rencontres, équivalent anglo-saxon de Meetic – ndlr) ! Je n’en sais rien... Je suis un type curieux, et ce depuis l’enfance. Le monde est pour moi une source infinie d’interrogations et de fascination.Le sport révèle la nature humaine et ce qu’il y a de meilleur dans l’individu

Il y a deux aspects chez vous : d’un côté le type un peu flemmard, de l’autre le type capable de travailler comme une brute pour parvenir à un résultat...
Exactement (rires) ! Et tout mon boulot consiste à continuer de m’adresser à ces deux aspects de ma personnalité. Vous savez, à l’école, j’étais nul. Je ne suis même pas parvenu à obtenir le diplôme qui indique que j’ai terminé ma scolarité ! En fait, j’étais très flemmard. Je pouvais être très actif et super investi quand quelque chose me plaisait, comme le football par exemple. Balle au pied, sur un terrain, c’est comme si je ne doutais plus et que j’avais retrouvé l’énergie nécessaire. J’ai toujours eu cette ambivalence en moi.

Qu’avez-vous appris du sport ?
La plupart du temps, le sport révèle la nature humaine et ce qu’il y a de meilleur dans l’individu, une espèce d’alliance du corps, de l’esprit et de l’âme. Le sport, c’est ça pour moi, l’expression humaine du vent qui souffle dans les branches, du courant qui parcourt la rivière ou alors du tsunami qui frappe un rivage. Parce que c’est aussi ça le sport, le bon et le mauvais, la brutalité. Heureusement, dans la majorité des cas, le sport reste un moyen positif et privilégié pour la plupart des gens d’apprivoiser leurs peurs, calmer leurs angoisses tout en se dépassant. Bref, il faut que je m’y remette.

Dans Total Recall, quelle est votre ambition en vous mettant dans les pas de Schwarzenegger ?
D’abord, faire un film divertissant. Ensuite, apporter de l’émotion, une vraie réflexion et une part de vérité grâce à un scénario incroyable. J’aime bien faire des films avec de l’action, de la couleur et des explosions, mais il faut toujours qu’il y ait selon moi une mise en abîme émotionnelle pour le spectateur, qu’il y trouve autre chose. C’est ce qu’on a essayé avec ce Total Recall.

Total Recall de Len Wiseman, avec Colin Farrell, Bryan Cranston et Jessica Biel, en salles depuis le 15 août

BIO EXPRESS
1976 Naissance à Castleknock, près de Dublin.
1993 Mannequin à Sydney, en Australie.
1997 Repéré par Kevin Spacey à Londres.
2000 Tigerland, de Joel Schumacher.
2002 Minority Report, de Steven Spielberg.
2003 SWAT, Unité d’élite, de Clark Johnson.
2006 Miami Vice, de Michael Mann.
2007 Le Rêve de Cassandre, de Woody Allen.
2012 Total Recall, de Len Wiseman.

 

lire le magazine

© L'équipe 24/24 2016 - Tous droits réservés

contacts - C.G.U.