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110 jours au Pôle Sud
Ben Saunders

110 jours au Pôle Sud

Par Thibaud Assante , le 18 novembre 2013

À 35 ans, l’explorateur anglais Ben Saunders arpente la banquise du pôle Sud, sur les traces de l’expédition « Terra Nova » de 1913. Quatre mois en duo avec Tarka L’Herpinière pour boucler la boucle de l’aventure qui a coûté la vie à l’équipe du Capitaine Scott, il y a 100 ans.

Comment devient-on explorateur ?
Petit, tous mes héros étaient des navigateurs ou des explorateurs. Ma première expédition a été le pôle Nord en 2001, j’avais 23 ans et j’en ai depuis fait mon métier. Je me sens très chanceux de faire ce que je fais. Même si c’est dur ! J’ai toujours aimé voyager, et me lancer des défis sur le plan physique. En réalité, je me vois plus comme un athlète que comme un explorateur dans le sens classique du terme. Aujourd’hui, tout le monde sait où se trouve le pôle Sud, je ne vais pas découvrir de nouveaux sommets ou dessiner de nouvelles cartes. Pour moi, la véritable exploration se trouve dans les limites humaines. La « Scott Expedition » a mis environ dix ans à voir le jour. Dix ans à trouver des fonds, à planifier, à préparer.
 

Racontez nous ce qui va se passer durant votre « Scott Expedition » ?

Fin octobre nous avons embarqué 200 kilos de bagages, principalement de la nourriture déshydratée. Nous avalerons 6000 calories par jour et malgré cela, nous allons perdre environ un kilo par semaine. J’ai prévu de revenir avec 12 kilos de moins… Bon, c’est un régime efficace mais un peu cher (rires) ! La température au pôle Sud varie entre zéro et -45°C. Nous marcherons environ 9 heures par jour quand le temps nous le permettra, à travers les plus grands glaciers du monde sur les traces du Capitaine Scott il y a 100 ans. Nous suivrons exactement sa route, en y ajoutant un retour « complet », qui n’a jamais pu être effectué par le célèbre explorateur et qui n’a jamais été retenté depuis. On dit que tout a été fait en Antarctique mais la « Terra Nova » est un expédition mythique qui n’a jamais été entreprise depuis. Scott et ses hommes prenaient chaque jour des données physiques très simples comme la température, la pression atmosphérique, la force du vent, c’est l’occasion pour nous de reprendre ces mêmes mesures exactement 100 ans après, jour pour jour, puisque notre expédition colle aux mêmes dates que la première. Être explorateur peut sonner un peu désuet au XXIe siècle mais mon métier est plus proche des voyages spatiaux que des explorations d’il y a un siècle.


Le voyage n’a pas changé, même s’il est beaucoup moins dangereux aujourd’hui. S’il y a une urgence nous pouvons faire venir un avion, et nous avons un téléphone satellite.

Que signifie cette expédition pour vous ?

« Terra Nova » était une expédition très renommée et tout le monde sait qu’elle n’a pas eu une fin heureuse (Scott et ses quatre coéquipiers sont morts sur le chemin du retour vers la côte), alors effectivement, je ne vous cache pas qu’il y a une certaine pression à être les premiers à refaire ce trajet. Un des petits-fils de Scott est l’un de nos mécènes, et avoir le soutien de la famille est très important pour nous. C’est le plus grand projet de ma carrière et il représente énormément pour moi. Et le retour entre le pôle et la côte sera la partie la plus importante de notre expédition. Tout le monde nous parle de rejoindre le pôle mais je sais que je n’aurai qu’une seule envie, c’est faire demi-tour et revenir le plus vite possible sur la côte. Robert Falcon Scott, Roald Amundsen, Ernest Shackleton… tous les aventuriers du siècle dernier utilisaient les meilleures technologies de leur époque, c’est pareil pour nous. Le fait que personne ne soit allé plus loin après la mort du Capitaine Scott – alors qu’il avait parcouru une énorme distance – m’a toujours interloqué. Ce sera notre challenge. Le voyage n’a pas changé, même s’il est beaucoup moins dangereux aujourd’hui. S’il y a une urgence nous pouvons faire venir un avion, et nous avons un téléphone satellite.

 

Faut-il être un peu fou pour faire ça ?

Ça m’est arrivé une fois : durant mon expédition en solo au pôle Nord, j’étais seul durant 10 semaines. Et un jour où tout se passait vraiment mal, j’ai commencé à penser que ma luge était quelqu’un et qu’elle m’en voulait. Mais je me suis vite repris…

 

Vous êtes un ambassadeur Land Rover depuis 2008. Comment cela se passe ?

En 2001, pour ma première grande expédition, j’avais naïvement fait une liste de sponsors idéale et Land Rover arrivait en premier, talonné par Virgin. Land Rover est une marque anglaise et son terrain de jeu a toujours été le monde de l’aventure, ça m’a paru assez naturel. Adolescent, ma première leçon de conduite était au volant d’un vieux Land Rover dans la campagne anglaise. Et même si on n’avait pas de partenariat, c’est une voiture que j’achèterais. Nous avons utilisé des voitures pour notre entraînement, dans les Alpes, en Ecosse, en Islande et au Groënland.

 

Quels sont vos projets avec l’expédition Scott ?

Durant les 110 jours où je serai coincé sous une tente, j’aurai largement le temps de réfléchir à mes nouveaux projets. J’aimerais écrire un livre. Nous allons filmer l’expédition. Il y a plein de projets à venir…

 

www.bensaunders.com

www.scottexpedition.com

Twitter : @polarben @scottexpedition

 

 

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