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Les Seigneurs : la dream team se met au foot

Les Seigneurs : la dream team se met au foot

Le 05 septembre 2012

José Garcia, Omar Sy, Franck Dubosc, Gad Elmaleh, Ramzy Bédia. Ils sont à l'affiche du prochain film d'Olivier Dahan, « Les Seigneurs ». Une comédie où il est question de football, d'amitié et de grands sentiments. La romancière Eliette Abécassis raconte...

Enfin un « feel good movie », comme disent les Américains. Un film qui donne envie d’être heureux, qui redonne la foi. Dans le groupe, l’amitié, le sport, l’être humain et les choses simples de la vie.
Les Seigneurs
d’Olivier Dahan est un pur moment d’humour, à mi-chemin entre la comédie sans prétention qui fait un tabac et le grand film, avec casting de rêve et plans inédits au cinéma.
Les premières images du film – José Garcia qui sort d’un stade en délire après avoir gagné un match – resteront dans les consciences (et l’inconscient). Tout y est presque dit : cette étrange alchimie entre la foule et l’individu, et le pouvoir surhumain du collectif qui transcende les hommes et les vies.
L’argument est d’une rare simplicité : pour sauver un petit village breton, une équipe d’anciens footballeurs de génie doit se reformer, alors que, pour la plupart, le foot fait partie du passé. Le problème, c’est que chacun des membres de l’équipe, après le succès, a dérivé et sombré dans l’alcool, la drogue, la dépression douce ou la folie pure. En jouant ensemble dans cette île bretonne où ils se redécouvrent, les membres de cette équipe d’anciens (seigneurs) vont tenter de sauver le village – et de se sauver par la même occasion.
Tout est né du désir du producteur Isaac Sharry, lui-même acteur, qui a notamment produit Neuilly sa mère, et qui voulait absolument voir jouer ensemble les grands de la comédie française d’aujourd’hui : José Garcia, Omar Sy, Ramzy Bédia, Franck Dubosc, Gad Elmaleh, Joey Starr et Jean-Pierre Marielle, excellent chef de village breton. On ne boude pas son plaisir devant ce film qui montre que l’enjeu du sport dépasse la simple compétition physique, puisqu’il s’agit pour chacun d’un défi existentiel, vital, qui touche au plus profond de l’être humain : cette capacité que l’on a de sortir du néant.
Les voilà donc réunis pour un entretien qui donne une bonne idée de l’atmosphère qui devait régner pendant le tournage : les vannes fusent, la complicité est évidente, l’énergie positive – et sous le torrent de blagues, il est très difficile d’obtenir une réponse à une question. Les compères rivalisent en impertinence. Je demande si c’est dur de jouer entre « Seigneurs », si l’un d’entre eux a pris l’ascendant, s’ils pratiquaient le foot avant le tournage, s’ils ont subi un entraînement pour le film. En guise de réponses, des réparties cinglantes ou drôles, des calembours et de fausses envolées lyriques. Pour José Garcia, « c’est Jean-Pierre Marielle qui a pris l’ascendant ». Franck Dubosc : « Une fois qu’on est en short, on est tous pareils. » Intervention de Joey Starr : « Pardon, c’est quoi ton prénom ? »
– Jean, dit Dubosc.
– Ah ok ! Excuse-moi.
– Non, non, t’inquiète pas. Deux Oscars, un Bafta...

Éclat de rire général. L’ambiance du tournage ? « Disciplinée, rigoureuse » répond José Garcia. On imagine à quel point. Au sujet de la problématique footballistique, José Garcia soutient qu’il « avait le foot en aversion, et qu’après le film, c’était pareil ». Ce à quoi Franck Dubosc répond qu’en fait, lui, c’était le foot qui l’avait en aversion. « Ce que j’adore, c’est entrer dans le stade », dit José Garcia, « et allumer le feu ! » Les acteurs, pas du tout footeux pour la plupart d’entre eux, ont découvert la sensation inouïe de se trouver dans un grand stade et de ressentir l’émotion du joueur qui s’avance vers les tribunes, face à la foule qui crie son nom. Joey Starr est peut-être le seul de la bande à avoir vraiment joué. « J’avais une certaine condition physique qui me permettait de crâner devant tout le monde, mais ça faisait longtemps que je n’avais pas touché un ballon. J’avais deux pieds carrés. » Ramzy se réveille : « Pourquoi tu parles de condition physique ? À quoi, à qui tu fais allusion ? » Silence.
Ils l’avouent aujourd’hui sans honte, le foot des Seigneurs, c’était vraiment du cinéma : il fallait donner l’impression de jouer. Ramzy, encore : « L’important, c’est d’aller dans la même direction. »
Pour Omar Sy, « l’essentiel, dans le foot, c’est d’être ensemble ». Lui qui a joué dans les cours de récré (« Tout ça pour dire qu’il est allé à l’école », ponctue Dubosc), aime le foot, continue de le pratiquer, aime aussi regarder les matchs à la télé. « Pendant le tournage, on s’organisait des matchs de foot le soir, comme ça, pour rigoler. » Et Franck Dubosc de conclure sentencieusement, d’une réflexion définitive : « Le foot, c’est comme la vie : il y en a qui courent devant et d’autres derrière ».

Pour Olivier Dahan, ce casting était une aubaine. Pour sa première comédie, il a eu la chance et l’opportunité de faire un stage avec les meilleurs. C’est la raison pour laquelle il refusait de les frustrer, tout en les encadrant dans l’improvisation.

Comment le réalisateur Olivier Dahan a-t-il réussi à s’imposer face à cette équipe de choc ? « Ils me faisaient confiance », répond-il. Il a dû faire des efforts, mais ils avaient envie d’être là, ensemble. Parfois, il demandait le silence mais il aimait leurs délires. Chacun a apporté sa part, ses idées, en allant plus loin que ce que l’on demandait : « Ils sont tous des auteurs, des gens qui savent écrire, et qui ont une vraie expertise de la comédie ». Pour Olivier Dahan, c’était une aubaine. Pour sa première comédie, il a eu la chance et l’opportunité de faire un stage avec les meilleurs. Raison pour laquelle il refusait de les frustrer tout en les encadrant dans l’improvisation.

Et puis des questions fusent, comme ça. Est-ce qu’ils trouvent que les footballeurs gagnent trop d’argent ? Omar ne comprend pas ce débat. Pour lui, « le foot génère beaucoup d’argent, c’est bien que les footballeurs en gagnent ». « Je ne suis pas d’accord, tu défends trop les footballeurs », note Ramzy. Et Joey Starr, intraitable : « Plus les gens sont payés, plus ils payent d’impôts ». Attaque latérale d’Omar Sy : « Ce n’est pas une question d’argent. Ce sont des gens qui ont été soudés à une époque, qui n’hésitent pas à se suivre et à s’aider... »

Quelle est leur vision du film, après coup ? Pour José Garcia, c’est l’histoire d’un mec qui est un grand champion, qui a sombré dans l’alcool, et qui va arriver à rassembler d’autres gars cabossés. Pour Dahan, le film raconte l’histoire d’individus inadaptés qui arrivent à s’adapter ensemble à une situation, et c’est par le groupe qu’ils parviennent à se sauver. Ils ont tous des problèmes psychologiques. Et ils arrivent pourtant à créer quelque chose, parce qu’ils sont ensemble.
Tous les personnages sont en effet dramatiquement désaxés. Alcooliques, égocentriques, psychotiques... Ce qui donne naissance à des situations et des gestes proches du burlesque. Pour Dahan, c’est la magie d’un groupe quel qu’il soit, de transcender les problèmes de chacun pour former un tout. C’est la raison pour laquelle il aime faire du cinéma. Pourquoi s’est-il intéressé à la comédie, considérée comme un art mineur, alors qu’il prépare actuellement le tournage d’un biopic sur Grace Kelly ? « C’est très exigeant une comédie », dit Dahan. « Et ça m’a donné l’envie de recommencer. » Son objectif ? Faire du cinéma tout en faisant une comédie. Qu’est-ce que faire du cinéma ? Je ne résiste pas au désir de poser la question au maestro. « Faire du cinéma, ce n’est pas juste faire des plans. C’est se raconter soi-même quel que soit le sujet, quel que soit le genre. Si tu ne te racontes pas quand tu fais un film, tu ne fais pas du cinéma. Tu auras juste fait un film... 

« Les Seigneurs », d’Olivier Dahan, avec José Garcia, Omar Sy, Ramzy, Franck Dubosc, Gad Elmaleh, Joey Starr et Jean-Pierre Marielle, en salles le 26 septembre


 

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