Mode
Dwyane Wade
©Milan Vukmirovic pour Sport & Style

Dwyane Wade "J'adore la mode"

Par Paul Miquel, le 10 mars 2014

Dingue de mode et grand fan d’horlogerie, Dwyane Wade est au Miami Heat ce que Paolo Maldini était au Milan AC : l’apôtre anachronique d’une certaine forme de fidélité sportive. Rencontre à Miami.

Vous jouez au Heat depuis plus de 10 ans. C’est l’amour éternel du maillot ?

Oui, c’est un peu ça (rires) ! Cela fait maintenant 11 ans que je joue au Miami Heat. Et j’adorerais terminer ma carrière ici, où j’ai vécu tant de belles choses. Ce serait idéal.

 

Avec LeBron James et Chris Bosch, vous avez accepté il y a quelques années de baisser vos salaires pour pouvoir jouer ensemble. L’amitié, ça veut dire quelque chose en NBA ?

L’amitié est une valeur forte. Dans une équipe, on a des copains. Et on a aussi des amis. Il y a une nuance. C’est comme dans la vie. Avec LeBron et Chris, on se considère comme des frères. Notre amitié va très loin. Quand nous jouions dans des clubs différents, nous avions le sentiment que nous finirions par porter un jour le même maillot. Nous avons tout fait pour nous réunir. On n’allait pas tout faire capoter pour une histoire d’argent.
 

 

Vous êtes né à Chicago. En 1991, quand les Bulls remportaient leur premier titre, vous aviez 9 ans. Avez-vous été influencé par Michael Jordan ? Par le champion qu’il fut mais aussi par le style d’homme qu’il continue d’être ?

Oui, sans hésitation ! J’ai effectivement grandi à Chicago. Et je suis tombé raide dingue de basket en regardant les Chicago Bulls. Michael Jordan reste indiscutablement le plus grand joueur de l’histoire. Même en dehors du basket, il avait une façon de se comporter si différente, une façon de mettre une distance entre lui et la réalité. Je ne pouvais qu’accrocher à son jeu, sa personnalité, sa rage. Il était LE gars à suivre. Vous savez, quand vous grandissez dans une grande ville un peu dure comme Chicago, vous avez besoin d’exemples, de quelqu’un à qui vous identifier. Michael Jordan était pour moi cet exemple, mais aussi pour beaucoup d’autres. Quand on était gosses, on voulait tous être comme Mike.

 

Jay Z est maintenant dans la place en tant qu’agent sportif avec Roc Nation Sports. Une bonne chose pour le sport ?

Oui, je pense que c’est une très bonne chose. Jay Z fait partie de ces noms, de ces visages ultra célèbres dans le monde. Et il adore le sport. C’est un passionné, il a toujours été très impliqué avec les Nets à Brooklyn. Je trouve ça smart qu’il ait monté Roc Nation Sports (Kevin Durant est l'un de ses poulains, ndlr). J’ai toujours pensé que si quelqu’un avait une envie, une passion, il fallait qu’il trouve le moyen de la réaliser.

 

On vous dit grand fan de mode. Et bon connaisseur. Aujourd’hui, la mode est aussi un moyen d’exprimer sa personnalité et de jouer sur l’image que vous renvoyez aux autres. Alors, la mode pour D-Wade, c’est quoi ?

D’abord, oui, j’adore la mode. Et plus particulièrement les lignes classiques de créateurs comme Tom Ford, Versace, Ralph Lauren, Valentino ou encore DSquared2 que j’ai découvert récemment. J’adore DSquared2. Ensuite, j’aime dénicher des styles qui sortent des sentiers battus. Cela me permet de jongler entre les looks, de me sentir différent. Quand tu portes un vêtement, tu ne le fais jamais par hasard. Un costume peut changer une personnalité, vraiment.

 

Comment définiriez-vous votre style ?

Imprévisible. En tant que personne publique, je me dois – d’une certaine façon – d’être exemplaire. Les jeunes, les enfants, les fans me regardent. Ils voient ce que je fais. Je me dois d’être en adéquation avec qui je suis vraiment. Et je le suis.
 

Quand je m’habille, je veux montrer qui je suis. D’une certaine façon, je bâtis ma propre mode et j’espère être un jour capable d’avoir une ligne complète, et pourquoi pas ma propre marque.

 

Vous êtes sur le point de lancer une marque de cravates et de boutons de manchettes qui s’appellera The Gentleman. Vous avez aussi une ligne de chaussettes à votre nom, créée en collaboration avec la marque Stance qu’adore Jay Z. Pourquoi s’agiter pour ces petites choses ?

C’est le genre de trucs que j’aime bien faire. J’adore les chaussettes, c’est comme ça. J’aime l’idée d’apporter à ma tenue mes propres créations. Quand je m’habille, je veux montrer qui je suis. D’une certaine façon, je bâtis ma propre mode et j’espère être un jour capable d’avoir une ligne complète, et pourquoi pas ma propre marque. L’inspiration me vient presque naturellement. J’ai aussi une équipe de designers géniale autour de moi, mais j’aime également écouter mes propres idées. Par exemple, le design d’une de mes paires de chaussettes a été inspiré par l’amour que je porte à la culture africaine.

 

Vous aimez les montres. Tout le monde le sait et vous ne vous en cachez pas. LeBron James est un ambassadeur Audemars Piguet. Vous êtes un ambassadeur Hublot. Qui porte les plus belles tocantes au final ?

Les designers d’Audemars Piguet font des montres incroyables. J’en portais une avant d’être un ambassadeur Hublot. Ces deux maisons horlogères sont, selon moi, des marques de « première
classe ». Et je pèse mes mots.

 

Vous avez quand même une montre Hublot à votre nom...

Oui, je me sens surtout très proche des modèles de chez Hublot. Et je vais signer une deuxième création qui sortira en septembre prochain. Ce que j’aime à propos des montres, c’est qu’elles complètent, elles finissent une silhouette. La couleur et le style sont très importants. Il se dégage tellement d’une montre. Beaucoup d’amour, de travail, d’investissement, d’attention.

 

Contrairement à d’autres joueurs de NBA, vous n’arborez pas de tatouages. Vous n’êtes pas un adepte du trash-talking. Jamais de provocation chez vous. À la place de ces idées reçues, des costumes sur mesure, un sens aigu de la politesse et une image de gendre idéal. C’est pas un peu too much ?

(Rires) À chacun sa personnalité. Je fais les choses qui me ressemblent. Mais je ne suis pas parfait. Je fais des erreurs comme tout le monde. Mais voilà, rester moi-même est la chose la plus simple que je puisse faire.

 

Comme Barack Obama, vous venez de Chicago...

Nous avons déjà discuté ensemble. Nous nous sommes retrouvés souvent invités aux mêmes endroits. Et j’ai eu l’occasion de jouer au basket avec lui. Sincèrement, il n’est pas mauvais sous un panier. Il est même plutôt doué. C’est un mec cool. Il est le reflet d’où il vient, d’où il a grandi.

 

À vous entendre, on se dit que vous feriez un bon politique.

Oh non, absolument pas ! Être président des États-Unis est clairement le job le plus difficile de l’univers. Personne ne peut satisfaire tout le monde. En 6 ans, Barack Obama a entrepris beaucoup de changements, même s’il reste encore d’énormes chantiers. Disons que, lorsqu’il a pris la présidence, c’était tellement le bordel, qu’il s’est mis au boulot immédiatement. Il a fait le ménage pour son successeur.

 

Une série TV intitulée Three the Hard Way est basée sur votre livre autobiographique, A Father First. Votre vie personnelle se scénarise à l’infini...

Oui, j’ai écrit un livre sur ma vie de papa solo, de papa star, qui élève ses deux petits garçons. Ça s’est transformé en sitcom. Mais j’ai voulu garder le côté comédie, un peu à la façon d’un show, à la fois amusant mais avec une leçon d’humanité au final.

 

Vous avez grandi dans le quartier le plus pauvre de Chicago, à Englewood. Votre mère, qui venait de divorcer, vendait de la drogue. Lorsque vous aviez 6 ans, votre sœur a décidé de vous confier à votre père. Et vous avez eu une autre vie. Si vous étiez resté à Englewood...

Je ne sais pas. J’imagine que ma vie aurait été différente. J’aime à penser que je ne serais pas devenu moi-même dealer de drogue, mais personne ne peut vraiment savoir. Je suis heureux que Dieu ait eu d’autres projets pour moi.

 

On vous imagine en créateur de mode dans 10 ans, ça vous va ?

J’espère vraiment que Dieu vous entendra. Comme je l’ai dit, mon but est d’avoir bientôt ma propre ligne de prêt-à-porter. Ça, ça serait vraiment cool.

 

D-Wade, le nouveau Ralph Lauren ?

Le nouveau preppy ? Ok, ça me va bien...

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