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«Chaque photo est une scène de film»
Elisa Sednaoui

«Chaque photo est une scène de film»

Le 12 décembre 2012

Elisa Sednaoui, mannequin et actrice italienne, a posé pour le calendrier Pirelli 2013. Elle nous reçoit à Rio, lieu du shooting du Cal.

Vous êtes une habituée des plateaux de tournage. Que diriez-vous de la façon dont a travaillé Steve McCurry sur ce shooting ? Avez-vous été surprise par son approche ?
Elisa Sednaoui : Il a un côté brut, sauvage, non dompté. Il ne cherche pas à se conformer à l'idée de ce qu'une photo de mode doit être. Ce qu'il cherche c'est le caractère, la force, même les imperfections chez ses modèles. De toute façon, les canons de beauté traditionnels sont dépassés car on sait maintenant qu'on ne peut pas s'y identifier. Pourquoi ? Parce qu’ils n'existent pas avec leur surdosage de beauté plastique et de retouches. Avec Steve, on est allés plus loin et paradoxalement plus près de la réalité.

Déstabilisant ?
Non, ça me fait un peu penser à mon travail d'actrice. Chaque réalisateur vous dirige de façon différente. Ma première expérience ciné, je l'ai eue avec un réalisateur lituanien, il me laissait dans mon pétrin. J'ai appris qu'il fallait s'adapter mais cela ne me fait pas peur, surtout avec un photographe d'une telle expérience. J'ai compris très vite qu'il allait de toute façon obtenir ce qu'il voulait. Avec ou malgré moi, il allait réussir, donc j'étais tranquille.

La beauté, vous l'avez partagée avec la ville de Rio…
Absolument, c'est une composante fondamentale du Cal. D'ailleurs, la façon dont Steve McCurry a photographié la ville est une exaltation, un plus, quelque chose de magique par rapport à la vision déjà forte que l'on peut avoir de Rio. Sous la pluie, la séance photo a duré plus de trois heures. C'était la nuit, dans le quartier populaire de Rio, Lapa. À un moment, j'ai lâché prise, je suis partie très loin dans ma tête et je crois que c'est ce que recherchait Steve. Le résultat final est tout sauf décevant. Chaque photo dans sa composition est une scène de film.

J'ai fait un calendrier où j'étais nue avec Karl Lagerfeld. Mais sincèrement, je préfère être habillée

Et le fait de ne pas être nue ? Ce n'est plus vraiment le Cal !
C'est le Calendrier Pirelli mais version 2013 ! (Rires). J'en ai fait un où j'étais nue avec Karl Lagerfeld (l'édition 2011). Mais sincèrement, je préfère être habillée (rires). Je vais faire partie du Cal « habillé », une édition collector en quelque sorte. 

En quoi cette édition représente 2013 ?
Peut-être du fait que chacun des modèles est engagé dans une cause qui lui tient à cœur (l'environnement, la pauvreté, l'enfance, la démocratie, etc). Finalement la beauté de l'image existe parce que derrière il y a du contenu. Et peut-être que cette prise de conscience est le bon côté de la globalisation. C'est bien que l'on puisse tous s'aider, s'interconnecter, apprendre ce qu'il se passe ailleurs, être touché par quelque chose qui ne nous regarde pas directement.

Et vous, votre engagement ?
Après le Printemps Arabe et tout son cortège de clichés et de spéculation autour de l'Islam, mon projet était de raconter, au travers ma perception de l'Egypte, comment les habitants d'un village près de Louxor envisageaient leur liberté, aujourd'hui, en évoquant des thèmes comme le mariage, l'éducation ou le handicap. On est très critiques en Occident sur la situation là-bas, mais la démocratie ne se fait pas en deux minutes. Regardez avec la Révolution française, tout le long cheminement chaotique parcouru pour pouvoir parler de vraie démocratie. En tournant mon documentaire, je suis tombée sur des volontaires qui donnaient de cours de rattrapage en été, à des enfants en difficulté. C'est comme cela que j'ai découvert l’association française ASMAE créée par sœur Emmanuelle, qui œuvre dans le domaine de l'éducation, dans l'avenir du pays.

Finalement que retenez-vous de cette expérience, de cette édition du calendrier?
Je trouve que c'est un très beau projet. Un projet inattendu. Cela fait du bien de sortir du cliché de la mannequin écervelée qui ne pense qu'à elle. Quand je vois le résultat, je me dis que Steve a vraiment ce talent pour photographier les lieux et les gens tels qu'ils sont. Steve Mc Curry a une générosité à la hauteur de Rio, la ville qu'il a photographiée.

 

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