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Enfant de la boxe
Olivier Martinez

Enfant de la boxe

Par Jérôme Lechevalier, le 05 avril 2014

Vieilles bécanes, gants de boxe et stade de foot. Le comédien Olivier Martinez, visage des parfums Yves Saint Laurent, vibre toujours pour ses rêves de gamin.

Au nord, la Vallée de la Mort, au sud, la Cité des Anges. À l’horizon, les montagnes de la Sierra Nevada. Une moto noire file, pourchassée par un hélicoptère équipé pour les prises de vue. Ce jour-là, l’aéroport d’Inyokern, en plein désert Mojave, est réquisitionné pour un tournage hollywoodien. Clément Gallet, réalisateur du collectif Megaforce, dirige le nouveau spot pour le parfum L’homme Sport d’Yves Saint Laurent avec Olivier Martinez. Entre deux prises, le comédien français qui vit à Los Angeles nous reçoit dans son camion loge.

 

Ce film pour Yves Saint Laurent semble écrit sur mesure...

Ben oui, le désert, la moto, on est bien quoi ! C’est plus marrant que de tourner en studio. Et la moto, c’est moi qui l’ai choisie.

 

Comment avez-vous choisi cette fabuleuse Egli Vincent ?

Je voulais un engin qui pète, avec un style intemporel. Vincent est une marque mythique, celle de la Black Shadow. Bon, celle-ci n’est pas une vraie Vincent, c’est une Egli Vincent, mais il reste quelque chose. C’est une moto moderne, on peut tourner, on reste raisonnable. On ne nous emmène pas sur une Norton Manx, comme je le voulais à un moment, parce que là s’il y a une flaque d’huile, c’est fini.


Vous êtes doublé par un cascadeur ?

Oui, j’ai été raisonnable, je suis papa depuis peu. Mais il y a un très beau plan que je n’étais pas censé faire où la moto passe dans l’eau. J’ai pensé que ce serait quand même pas mal qu’on voie ma tête. En fait ce n’était pas dangereux, juste très impressionnant à l’écran. Si je suis là avec marqué « fragile » et que je ne fais que la pose à la fin, c’est moins marrant. J’aime bien amener un peu de réalité.

 

Les vêtements, c’est du Saint Laurent ?

Bien sûr ! Une paire de bottine, un jean, un T-shirt blanc et un caban. C’est une tenue dans laquelle je ne me sens pas costumé. C’est important, surtout pour un acteur. Pour ce tournage, je joue comme pour un film, même si c’est un boulot de modèle. Que je sois acteur, c’est un plus.

 

Parlons sport, vous venez d’une famille de boxeurs...

Mon père, Robert Martinez, était boxeur professionnel et Marcel Cerdan était très proche de mon grand-père. Ils étaient espagnols et du même quartier au Maroc. Mon grand-père lui avait offert un vélo pour qu’il aille s’entraîner. La famille Cerdan et la famille Martinez ont toujours été proches. On ne dirait pas comme ça quand on me voit sur les photos Yves Saint Laurent, mais c’est de là que je viens : d’une famille immigrée espagnole d’Afrique du Nord qui a grandi dans la boxe.

 

Votre père a arrêté sa carrière pro en 1964, deux ans avant votre naissance...

Oui, mais quand Carlos Monzon est venu à Paris pour disputer le championnat du monde contre Jean-Claude Bouttier, mon père était l’un de ses sparring-partners. J’ai même une photo dédicacée de Monzon, je devais avoir 4 ans.

 

Si je devais jouer un boxeur, même si c’est un peu tard maintenant, je serais plus crédible que la plupart des acteurs. Parce que boxeur, c’est un peu comme danseur classique, on sait ou on ne sait pas.

Ce match, c’est déjà le monde du cinéma, avec Alain Delon comme promoteur du combat.

Je connais très bien Alain, mais ça n’avait encore rien à voir avec le cinéma. C’est pour vous dire que j’ai grandi dans les salles de boxe quand j’étais gamin. À l’époque, les Carlos Monzon, Bennie Briscoe, Rodrigo Valdez et compagnie, c’était des sérieux les mecs. Remarquez, aujourd’hui, il en reste quelques-uns. Mais en France, la boxe a pris un coup dans la gueule, je me suis arrêté aux frères Tiozzo.

 

Enfant, vous avez mis les gants ?

Quand vous grandissez avec un père pianiste, il y a un piano dans le salon et vous saurez jouer du piano. C’est vrai que si je devais jouer un boxeur, même si c’est un peu tard maintenant, je serais plus crédible que la plupart des acteurs. Parce que boxeur, c’est un peu comme danseur classique, on sait ou on ne sait pas. Quand je regarde Raging Bull, ce n’est pas un film sur la boxe, c’est un film sur la jalousie. Mais j’adore ce film.

 

Il y a un boxeur qui vous impressionne plus que d’autres ?

C’était et c’est toujours Muhammad Ali ! D’ailleurs, je l’ai rencontré une fois à Las Vegas lors d’un match de Tyson. Incroyable, c’est Jack Nicholson qui me l’a présenté ! Personne ne m’impressionne, mais cette fois-là c’était quand même quelque chose. Quand Ali est entré, toute la salle s’est mise debout pour scander son nom. Même les boxeurs sur le ring se sont un peu calmés.

 

À part la boxe, quel sport appréciez-vous ?

Je regarde surtout le foot. Gamin, courir derrière un ballon était tout ce qui m’intéressait.

 

Quelle équipe supportez-vous ?

Paris ! Je suis Parisien, j’ai grandi au Parc des Princes. C’est un très beau stade et j’espère qu’ils ne vont pas trop le changer. Nasser, s’il te plaît... Mais je suis aussi le championnat d’Espagne. (Olivier nous présente une photo sur son smartphone – ndlr) Regardez, c’est moi avec Florentino Perez et Emilio Butragueño au stade Santiago Bernabéu. J’ai été voir le Real Madrid contre Dortmunt et j’ai aussi passé une journée au centre d’entraînement avec les dirigeants. J’adore parler foot avec les gens qui s’y connaissent.

 

Vous supportez aussi l’équipe de France ?

Quand la France s’est qualifiée pour le Mondial contre l’Ukraine, j’étais chez moi et il y avait des Américaines à la maison. Premier but, j’étais content, deuxième but, je commençais à faire du bruit, et au troisième, j’ai hurlé. Elles ont cru que je m’étais coincé les doigts dans la porte. Pas un film ne m’a fait autant de sensations que la tête de Zidane lors du match contre le Brésil en 1998.

 

Vous jouez encore au football ?

Si je vois un ballon, il faut que je le touche. Je me rappelle du tournage du Hussard sur le toit : je jouais au ballon avec les bottes du hussard, la costumière piquait une crise. Je ne m’en rendais même pas compte, c’était naturel. C’est ludique, il y a la madeleine de Proust, moi, c’est le ballon de foot.

 

Et le sport made in USA, vous appréciez ?

Ça m’intéresse moins parce que la publicité coupe tout le temps le match, je décroche. À Chicago, j’ai vu les Bulls contre les Knicks, à l’époque de Michael Jordan, Scottie Pippen et Dennis Rodman. Aujourd’hui, j’aime bien ce que fait Nanterre, je les félicite. Mais ce n’est pas mon sport, normalement, on ne touche pas le ballon avec les mains !

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