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La course contre le temps

La course contre le temps

Par Paul Miquel , le 06 juin 2014

A Lausanne, le Musée Olympique propose une course singulière contre la montre en découpant le temps tel qu’il est perçu dans le sport. Et ce, à tous les niveaux : technologique, sociétal, psychologique et artistique. Sans mentir, une expo passionnante.

Pourquoi les courses sont-elles chronométrées ? L’ont-elles toujours été ? Quelle est la signification des records ? Et pourquoi leur accorde-t-on autant d’importance ? Les champions vivent-ils le temps de la même manière en compétition et dans leur vie de tous les jours ? Dans le monde du sport, le temps – perçu comme une notion – a souvent été analysé par le prisme réducteur de la technique et commenté sous l’angle du simple chronométrage. Le temps du sport, pourtant, est bien plus que cela. Il s’aborde et se comprend de mille façons. C’est à partir de cette idée que la Britannique Kath Woodward, professeur de sociologie et commissaire de l’exposition « Courir après le temps » présentée au Musée Olympique de Lausanne, a voulu bâtir sa scénographie. Sans temps mort.
Car le temps a changé au cours de l’histoire. Il fut d’abord cyclique. C’était en effet le calendrier lunaire qui déterminait la date du début des Jeux de l’Antiquité pendant lesquels les courses n’étaient pas chronométrées : seule la première place comptait. Le temps fut ensuite linéaire avec le développement, depuis le milieu du XIXème siècle, d’appareils de mesure de plus en plus sophistiqués. Aujourd’hui encore, le calcul du temps s’étalonne d’ailleurs de façon linéaire sur l’échelle de la performance : c’est ce que Kate Woodward appelle « le temps des horloges ». Enfin, le temps peut aussi devenir sportif. Les records, les compétitions et les entraînements se jaugent systématiquement à l’aune de différentes unités temporelles. Car, contrairement aux spectateurs, l’athlète vit le temps – « son » temps – différemment. Il peut l’absorber, le dompter, l’apprivoiser, le combattre ou parfois s’effacer devant lui.
Illustrer ce long voyage dans le temps nécessitait d’en avoir un peu. Il fallait aussi mêler la technique à l’artistique, le psychologique au sentimental. Mission accomplie. On passe des chronographes des JO de 1932 à des chronophotographies de Jules-Etienne Marey, de brillantes œuvres vidéo réalisées par des étudiants de l’ECAL (Ecole Cantonale d’Art de Lausanne) comme « Le Temps sans fin » de Nicolas Rohrer… à des carnets d’entraînement d’athlètes de haut niveau (Vincent Defrasne) millimétrés à la seconde près. On passe de Roger Bannister à Usain Bolt, d’une étude vidéo sur l’attente avant le départ (Céline Dondenaz) à un bronze de Michelangelo Pistoletto. C’est riche, étonnant et mis en scène de manière suffisamment intelligente pour intéresser tout le monde. Bref, ça vaut le coup. Y aller ne sera pas une perte de temps…

Exposition « Courir après le temps », Musée Olympique, Lausanne, Suisse. Jusqu’au 18 janvier 2015. www.olympic.org/musee

 

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