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Le temps singulier

Le temps singulier

Par Paul Miquel , le 13 septembre 2014

Lorsque l’ultime raffinement est à la création de son propre temps, l’oublier devient un jeu d’enfant.

Maison à part dans l’univers du luxe, Hermès l’est aussi dans celui de l’horlogerie. Ainsi, à la fin des années 70, Hermès conçoit des montres davantage par jeu stylistique que par défi technique. Puis, les choses changent et le regard de la maison du 24 Faubourg sur la mécanique du temps s’affûte. Avec, en point de mire, une obsession : la volonté de créer une « temporalité maison » grâce à des montres différentes pouvant induire un rapport au temps exclusif. Et c’est Pierre-Alexis Dumas, le directeur artistique général d’Hermès, qui en parle probablement le mieux. «Nous vivons dans une société de l’urgence qui nous empêche de jouir du temps présent. Chez Hermès, nous avons voulu imaginer un autre rapport au temps qui ne soit pas quantitatif mais qualitatif. Pas combien, mais comment.» Cette notion de qualité du temps – un brin révolutionnaire, il faut l’avouer, sur la planète calviniste de l’horlogerie suisse – s’est traduite par la création de plusieurs pièces incroyablement décalées.

Complication philosophique.
On se souvient notamment du modèle Arceau Le temps suspendu, une montre techniquement très complexe présentée en 2011 et permettant de « suspendre le temps » (en ramenant les deux aiguilles à midi) par une simple pression sur un bouton-poussoir. Bis repetita cette année avec le lancement de la montre Dressage L’heure masquée et son aiguille des heures se cachant facétieusement sous celle des minutes selon les envies (ou les caprices) de son propriétaire. Bref, cette montre à « complication philosophique » parle plus du temps que de l’heure. Là encore, la somme importante de savoir-faire technique déployé au service d’une simple fonction symbolique, voire ludique, peut paraître démesurée. Mais le jeu en vaut la chandelle : porter L’heure masquée, c’est afficher aux yeux de tous – et pas seulement à ceux des initiés – une forme de détachement face au temps qui passe. Chez Hermès, l’heure se veut donc malléable.

Chez Van Cleef & Arpels, elle est poétique. Et pas uniquement pour les femmes. Avec son cadran épuré, la nouvelle montre Pierre Arpels Heure d’ici & Heure d’ailleurs joue sur une esthétique du temps irrévérencieuse avec sa double heure sautante et son mécanisme d’affichage des minutes par aiguille rétrograde. La poésie se lit au premier regard. Enfin, dans nos vies où la précision et la vitesse sont érigées en vertus cardinales, le temps n’a plus le droit d’être approximatif. Et pourtant. C’est ce que se permet la Jaquet Droz Grande Heure Onyx qui n’affiche qu’une seule aiguille, celle des heures, faisant le tour d’un cadran d’un noir sobre en 24 heures et non en 12 comme de coutume. Ici, les minutes disparaissent. Le vrai luxe s’incarne alors dans le choix de ceux qui ne sont pas à une seconde près. La liberté, la vraie.

 

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