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« L’Apple Watch donne l’heure mais pas l’émotion d’une Panerai. »

« L’Apple Watch donne l’heure mais pas l’émotion d’une Panerai. »

Par Paul Miquel , le 12 septembre 2014

De passage à Paris pour inaugurer l’ouverture de la seconde boutique Panerai de la capitale au 5 rue du Faubourg Saint-Honoré, Angelo Bonati s’est confié à Sport & Style. Analyste avisé du marché horloger, le CEO de Panerai n’a éludé aucune question. Interview.

Une nouvelle boutique à Paris, à New York, une autre à Miami, un flagship en construction à Hong Kong, celui de Florence totalement repensé et bientôt une vente aux enchères de modèles vintage chez Artcurial à Paris... C’est une rentrée dynamique pour Panerai !
Nous avons toujours misé sur la créativité chez Panerai. Nous avons toujours des projets dans les cartons. Nous investissons énormément. Depuis janvier 2014, nous avons une manufacture de 10 000 m2 à Neuchâtel où travaillent trois cents personnes. C’est une volonté de verticalisation pour l’acquisition d’un savoir-faire que nous n’avions pas auparavant. C’est une vraie manufacture horlogère destinée à développer de nouvelles montres. Des montres qu’il faut ensuite vendre, bien sûr. C’est pour cela que nous avons augmenté notre potentiel de boutiques à Paris, New York, Miami, Hong Kong ou encore Florence avec un nouveau concept de décoration développé par la designer espagnole Patricia Urquiola.

Après une décennie en or, le marché mondial de l’horlogerie semble se ralentir. Comment Panerai traverse cette période ?
Quand on est entrepreneur, il faut prévoir, anticiper. Le luxe n’a pas été aussi affecté par la crise que les autres secteurs de l’économie. Construire une vraie manufacture était ainsi une obligation pour Panerai. C’était la condition sine qua non pour rester dans le haut du panier, au premier rang. Sinon, nous aurions pu glisser au second rang. C’est comme dans la mode. Soit vous êtes au niveau et vous pouvez vous payer une boutique dans les deux rues qui comptent, soit vous glissez en Ligue 2. Panerai est clairement en Ligue 1.

Que répondez-vous à ceux qui estiment que toutes les montres Panerai se ressemblent ?
Nous avons décidé de rester fidèles à la tradition de la marque au niveau de nos boîtiers et de nos cadrans, qui sont immédiatement reconnaissables. Toutes les variations se trouvent dans les contenus techniques. Le mouvement d’un chronographe de régate comporte plus de 300 composants alors qu’une simple « trois aiguilles » beaucoup moins. Les autres grandes marques horlogères ont aussi bâti leur succès sur ce concept de mono-boîtier : Rolex avec l’Oyster, Audemars Piguet avec la Royal Oak, Jaeger-LeCoultre avec la Reverso...

Comment définiriez-vous une montre de sport ?
C’est une montre qui possède d’abord des fonctionnalités associées au sport ou, plus largement, à une vie active : une fonction GMT pour l’indication de l’heure dans un deuxième fuseau horaire, l’affichage de la réserve de marche ou encore un chronographe. Ensuite, il y a le matériau. Pour moi, une montre de sport est forcément en acier. Panerai est une marque éminemment sportive qui propose néanmoins des modèles sophistiqués pour d’autres moments de la vie. En même temps, Panerai ne fera jamais de montres dites « classiques » comme des modèles de soirée ultraplats. Ça, pour ne citer qu’une seule maison, c’est le domaine de Vacheron Constantin...

Panerai est une marque très masculine. Développerez-vous un jour un modèle 100 % féminin ?
Une montre pour dame est un accessoire. Une montre pour homme est un instrument. La différence n’est pas mince. Chez Panerai, nous fabriquons des instruments, pas des accessoires de mode. Donc, la réponse est non. Pour autant, je ne sais pas ce que développeront les horlogers de Panerai dans 50 ans.

Apple vient de présenter sa montre, l’Apple Watch. Les horlogers traditionnels doivent-ils craindre cette innovation ?
Vous souvenez-vous de l’arrivée de Swatch au début des années 80 ? L’industrie horlogère suisse traditionnelle était au plus bas. Et paradoxalement, c’est une petite montre à quartz et en plastique qui a tout relancé. Ce que je veux dire, c’est que la nouveauté et l’innovation sont souvent positives. Je pense d’ailleurs que l’Apple Watch va permettre de réveiller un marché menacé d’atonie. Après, il faut être très clair : l’Apple Watch donne l’heure et une quantité de données personnelles, mais pas l’émotion d’une Patek ou d’une Panerai. C’est la raison pour laquelle je ne pense pas que l’Apple Watch représente une menace réelle pour les grandes maisons horlogères comme la nôtre. Au contraire, je suis plutôt confiant : le côté fashion et high-tech de l’Apple Watch risque de donner encore plus de valeur aux montres ancrées dans la tradition comme Panerai.

 

 

 

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